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En image : chasse aux Géminides dans les monts Karkas

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L'essaim d'étoiles filantes des Géminides a connu son maximum au cours du mois de décembre dernier. Le photographe Babak Tafreshi avait choisi les sommets enneigés de son pays, l'Iran, pour tenter de capturer la trace fugace de la combustion de ces poussières célestes.

Passage d'une Géminide dans le ciel étoilé des monts Karkas. © Babak Tafreshi/Dreamview.net
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L'essaim météoritique des Géminides est l'un des plus réguliers mais il est bien moins connu que celui des Perséides. Si le second attire les yeux de nombreux observateurs, c'est tout simplement parce qu'il a la bonne idée de se dérouler pendant les douces nuits du mois d'août. Le maximum des Géminides se produit la nuit du 13 au 14 décembre et les volontaires sont beaucoup moins nombreux à s'allonger dans l'herbe pour l'admirer ! Mais quand on aime, on ne compte pas. C'est sans doute ce que s'est dit l'astrophotographe iranien Babak Tafreshi, membre du collectif Twan (The World At Night) tout comme Tamas Ladany dont nous vous avons présenté dernièrement une étonnante image de l'analemme, la danse annuelle du Soleil.

Babak Tafreshi a donc choisi de grimper dans les monts Karkas au cœur de l'Iran, dont le plus haut sommet culmine à 3.900 mètres d'altitude. Si vous optez pour ce genre d'expédition polaire c'est que vous savez que les ciels les plus purs et les plus noirs seront au rendez-vous. Les pieds dans la neige, les doigts crispés sur le métal gelé du boîtier photographique, l'observateur transi n'a plus qu'à espérer qu'un brillant météore viendra ajouter sa trace rectiligne au milieu des myriades d'étoiles qu'il photographie.

Ciel de cristal

Sous les yeux de Babak Tafreshi c'est la célèbre constellation de la Grande Ourse qui se dresse avec ses 7 étoiles caractéristiques. Leur disposition évoque surtout l'un de ses autres surnoms moins poétiques, une grande casserole. Troisième constellation du ciel par la taille, la Grande Ourse est connue pour ne jamais se coucher quand on la regarde depuis une latitude supérieure à 41° nord ; on parle alors de constellation circumpolaire. Cet astérisme aux antipodes du centre galactique a régulièrement été choisi par les astronomes pour sonder l'univers en profondeur, comme ce fut le cas dernièrement pour le Legacy Survey Deep Field réalisé par le Canada-France-Hawaii-Telescope.

Babak Tafreshi n'a pas fait le déplacement pour rien. Une belle Géminide est arrivée à point pour enjoliver son image céleste. Comme ses congénères, cette petite poussière en train de se consumer dans la haute atmosphère provient de l'astéroïde 3200 Phaéton qui n'est peut-être qu'une comète provisoirement endormie, à l'instar de Scheila. Heureux, Babak Tafreshi s'en est retourné les yeux pleins de la douce clarté des étoiles comme on peut l'admirer loin de toute pollution lumineuse.

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