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IAC2004 : Hubble reste unique

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C'était un des conférenciers les plus attendus de la journée : Bruce Margon, le directeur associé du Space Telescope Science Institute (chargé de gérer les travaux scientifiques du télescope spatial Hubble).

Il faut reconnaître que Bruce Margon est doté d'un talent d'orateur certain, entraînant son public dans un voyage de plusieurs milliards d'années avec humour et entrain.

Outre le rappel des observations décisives d'Hubble pour l'étude des nébuleuses planétaires, de la formation des galaxies ou de l'accroissement de l'expansion de l'univers, l'astronome a souligné en quoi Hubble est unique et irremplaçable : il est dans l'espace !

Bruce Margon, directeur associé du Space Telescope Science Institute, à l'IAC 2004. © Espace Magazine

En effet, la taille du miroir d'Hubble n'est point remarquable avec 2,4 m de diamètre. De nombreux télescopes terrestres le dépassent largement (8 m pour chacun des 4 géants du VLT), mais seul Hubble est débarrassé de la turbulence atmosphérique, avantage qui lui donne une longueur d'avance en terme de résolution.

Si Bruce Margon reconnaît que les optiques adaptatives vont faire d'énormes progrès aux instruments sur Terre, il constate que l'atmosphère empêche la majeure partie du spectre observable d'atteindre le sol. Et avec humour, il rajoute que « au risque d'avoir l'air peu visionnaire, je ne vois pas comment un instrument pourrait percevoir l'information qui ne lui parvient pas » !

Télescope spatial Hubble © Nasa

Cette défense d'Hubble s'inscrit dans le cadre du débat sur l'annulation de la dernière mission de service du télescope par la navette. Après l'accident de Columbia, la NASA a décidé qu'un tel vol était trop risqué puisque les astronautes ne pourraient pas rejoindre l'ISS si leur navette s'avérait incapable de rentrer suite à une dégradation irréparable de sa protection thermique. L'ISS devant servir de « chaloupe de sauvetage » en attendant l'envoi d'une navette de secours.

Une mission robotisée est de toute façon envisagée afin de contrôler la future rentrée du télescope spatial dans l'atmosphère et choisir le point d'impact. En effet, certaines parties pourraient ne pas se consumer entièrement - le miroir notamment - et arriver au sol. La solution retenue est une sorte de module propulsif qui viendrait s'accrocher derrière le télescope.

Mais Bruce Margon espère surtout une mission plus ambitieuse, largement basée (c'est une des pistes étudiées) sur une version encore plus sophistiquée du bras robotisé de la navette et de l'ISS. Une technologie canadienne !

Hubble étant unique, le but ultime est d'éviter ou de minimiser autant que possible le laps de temps qu'il y aura entre la fin d'Hubble et la mise en service de son successeur : le James Webb Space Telescope qui sera également géré par le Space Telescope Science Institute.

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