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Galilée découvreur de Neptune 234 ans avant Adams et Le Verrier ?

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Galilée a-t-il devancé de plusieurs siècles la découverte de Neptune par Adams, Le Verrier et Galle ? C'est ce que suggère un physicien australien à partir d'une lecture attentive d'un des carnets de notes laissé par le génial père de la physique.

Photographie d'une tempête sur Neptune 24 août 1989 envoyée par Voyageur 2. Crédit : Nasa

L'année 2009 a été déclarée  par l'Unesco Année Mondiale de l'Astronomie. On célèbre à cette occasion non pas la première utilisation d'une lunette pour une observation astronomique mais bien sa première utilisation par Galilée. C'est en effet après la diffusion dans toute l'Europe de la publication de ses travaux, dont ses observations astronomiques, que la révolution scientifique initiée par Copernic et Kepler va prendre toute son ampleur et conquérir les esprits éclairés.

En très peu de temps, Galilée découvrit grâce à sa lunette, qu'il avait conçue lui-même, les taches solaires et les phases de Vénus, mais aussi le fait que la Voie lactée est constituée d'étoiles et surtout que des lunes tournent autour de Jupiter, à la façon dont la Terre et Mars elles-mêmes tournent autour du Soleil.

S'appuyant sur l'œuvre de Descartes tout autant que sur celle de Galilée, Newton et Lagrange ne tardèrent pas à constituer la puissante discipline de la mécanique céleste dont Urbain Le Verrier et John Couch Adams firent usage pour prédire l'existence de la planète Neptune. Le 23 septembre 1846, celle-ci fut effectivement découverte par l'astronome allemand Johann Gottfried Galle.

Aujourd'hui David Jamieson, professeur à l'université de Melbourne en Australie, se demande très sérieusement si Galilée n'a pas été encore plus brillant et chanceux qu'on ne le pense.

Cliquer pour agrandir. Galilée en 1636, peint par Justus Sustermans

Une preuve quelque part dans les bibliothèques d'Europe ?

Dans ses carnets de notes, Galilée a consigné ses observations des lunes de Jupiter, Io, Europe, Ganymède et Callisto en 1612 et 1613. Or, dans la nuit du 28 janvier 1613, le savant note qu'une des étoiles proche de ces lunes à ce moment a bougé par rapport à certaines étoiles fixes. Or, nous savons aujourd'hui grâce aux éphémérides fournies par les équations de la mécanique céleste qu'il s'agissait de Neptune... Un dessin accompagne ces remarques et un point noir mystérieusement dépourvu d'annotation correspond très précisément à la position de Neptune sur la sphère céleste le 6 janvier 1613.

Cela suggère, mais ne prouve pas, que moins d'un mois après avoir observé une première fois la position de Neptune qu'il prenait initialement pour une étoile, Galilée a ajouté cette courte note en pensant qu'il avait peut-être découvert une nouvelle planète. A l'époque, même pour Galilée, les étoiles sont fixes et donc des astres se déplaçant sur la sphère céleste sont par définition des planètes, des astres errants selon la terminologie grecque à l'origine du mot planète.

Pour démontrer son hypothèse, il faudrait que David Jamieson découvre quelque part dans les écrits de Galilée une déclaration sans ambiguïté ou presque relatant la découverte d'une nouvelle planète. L'espoir est mince mais il existe. En effet, afin d'assurer sa priorité, Galilée envoyait parfois à ses collègues un anagramme. C'est ce qu'il a fait pour ses observations des phases de Vénus et des anneaux de Saturne. Il reste donc à chercher dans les bibliothèques européennes...

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