La probabilité d'impact était déjà faible ; elle est désormais nulle. En 2046, l'astéroïde 2023 DW passera à environ 5 millions de kilomètres de la Terre. Par ailleurs, l'astéroïde 2023 DZ2 ne pose désormais aucune menace non plus pour 2026.


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    Plus tôt ce mois-ci (voir l'article ci-dessous), nous vous rapportions la découverte de 2023 DW, un astéroïde d'une cinquantaine de mètres de large qui avait une probabilité non nulle, quoique heureusement très faible, de percuter la Terre en 2046. De nouvelles observations ont désormais permis d'exclure tout risque d'impact.

    Après avoir atteint une valeur maximale d'environ 1/340 le 13 mars dernier, la probabilité d'impact a rapidement chuté pour atteindre seulement 1/3 300 le 16 mars, le jour où l'astéroïde a été rétrogradé au niveau 0 sur l'échelle de Turin. 2023 DW a finalement été retiré de la « liste des risques » de Sentry le 20 mars. Il est aujourd'hui estimé que 2023 DW passera au plus près de la Terre le 14 février 2046 à 13 h 15 TU (± 1 h 12, intervalle à 3 σ donc 99,7 % de probabilité) à environ 4,7 millions de kilomètres, c'est-à-dire 12 fois plus loin que la Lune (intervalle à 3 σ : entre 1,9 et 7,5 millions de kilomètres, c'est-à-dire 5 à 20 fois plus loin que la Lune).

    2023 DZ2 également retiré de la « liste de risques »

    Entre-temps, un autre astéroïde, 2023 DZ2, avait lui aussi été classé au niveau 1 sur l'échelle de Turin. Cet astéroïde de type Apollon (géocroiseur dont l'orbite est en majeure partie plus éloignée du Soleil que la Terre), un peu plus grand que 2023 DW, passera à 175 000 kilomètres de la Terre - environ 45 % de la distance Terre-Lune - samedi prochain, le 25 mars, à 19 h 51 TU. Ce petit corps, découvert par Euronear le 27 février dernier, ne posait aucun risque pour cette année, mais avait une probabilité non nulle de croiser notre Planète en 2026. Cependant, des observations remontant au 14 janvier ont rapidement été retrouvées, permettant d'exclure tout risque d'impact. Après avoir atteint une valeur maximale d'environ 1/430 le 18 mars, la probabilité d'impact a rapidement chuté pour atteindre seulement 1/71000 le 19 mars, le jour où l'astéroïde a été rétrogradé au niveau 0 sur l'échelle de Turin, puis un sur 38 millions le 20 mars. 2023 DZ2 a finalement été retiré de la « liste des risques » de Sentry le 21 mars. En 2026, l'astéroïde passera au plus près de la Terre autour du 3 avril (l'incertitude est d'un peu moins de deux jours) à 987 000 (± 142 000) kilomètres, c'est-à-dire environ 2,6 fois plus loin que la Lune.


    Faut-il s’inquiéter de cet astéroïde qui pourrait s’écraser sur la Terre en 2046 ?

    Découvert le 26 février dernier, l'astéroïde 2023 DW est depuis suivi avec attention par les astronomesastronomes. En effet, ce petit corps d'une cinquantaine de mètres de large a une probabilité non nulle, quoique heureusement très faible, de percuter la Terre en 2046. État des lieux de ce que nous savons sur lui à ce jour.

    Article d'Adrien CoffinetAdrien Coffinet paru le 10/03/2023

    Dans la nuit du 25 au 26 février dernier, l'équipe du projet MAP - Alain Maury, Georges Attard, Daniel Parrott et Florian Signoret - a découvert un nouveau petit corps dans le ciel du désertdésert d'Atacama. Dans les heures qui ont suivi, d'autres équipes au Chili, aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande, en France et en Angleterre ont observé le même objet. Ces observations ont permis de rapidement identifier que cet astéroïde peut passer très près de la Terre et qu'il a une probabilité non nulle de percuter notre Planète le 14 février 2046.

    Un géocroiseur de taille comparable à celui de l'événement de la Toungouska

    Dès l'après-midi du 27 février, le Centre des planètes mineures, l'organisme de l'Union astronomique internationale chargé de recueillir et de diffuser les observations des petits corps du Système solaireSystème solaire, a publié la découverte de 2023 DW. Il s'agit d'un astéroïde de type Aton, c'est-à-dire une planète mineure dont l'orbite croise celle de la Terre (géocroiseur) et en majeure partie plus proche du Soleil que la Terre. 2023 DW fait le tour du Soleil en 271 jours, à une distance comprise entre 74 et 171 millions de kilomètres (0,49 et 1,14 unité astronomiqueunité astronomique).

    Orbite de l'astéroïde 2023 DW (en blanc) et des planètes internes du Système solaire (Mercure en rose, Vénus en violet, la Terre en bleu et Mars en rouge). La position des objets correspond à celle du 9 mars 2023 à 0 heure UTC. © Small-Body Database, <em>Jet Propulsion Laboratory</em>
    Orbite de l'astéroïde 2023 DW (en blanc) et des planètes internes du Système solaire (Mercure en rose, Vénus en violet, la Terre en bleu et Mars en rouge). La position des objets correspond à celle du 9 mars 2023 à 0 heure UTC. © Small-Body Database, Jet Propulsion Laboratory

    Pour un albédoalbédo typique des astéroïdes rocheux (entre 0,05 et 0,25), 2023 DW mesurerait entre 36 et 83 mètres de large. Cette taille est comparable à celle de l'astéroïde que l'on pense être à l'origine de l'événement de la Toungouska, qui a frappé la Sibérie en 1908 (50 à 60 mètres). Un astéroïde de cette taille percute la Terre environ une fois par millénaire.

    Avec actuellement un arc d'observation de six jours (62 observations au total entre le 26 février et le 4 mars), l'incertitude est encore grande pour déterminer où passera l'astéroïde exactement en 2046. La Small-Body Database du Jet Propulsion LaboratoryJet Propulsion Laboratory indique ainsi que, avec 99,7 % de probabilité (intervalle à 3 σ), l'astéroïde passera au plus près de la Terre entre l'après-midi du 13 et la soirée du 15 février 2046 à une distance comprise entre 2 000 et 15 millions de kilomètres. Ces distances devant être comprises par rapport au centre de la Terre (6 371 kilomètres de rayon moyen), cela signifie un impact potentiel, bien qu'heureusement fort peu probable. La distance nominale est estimée à 1,8 million de kilomètres, presque cinq fois plus loin que la Lune.

    Un risque d'impact très faible qui ne justifie pas de s'inquiéter

    Avec ces données, le système automatisé Sentry estime la probabilité d'impact à 0,18 % (autrement dit, 1/560), ce qui signifie du même coup que l'astéroïde a 99,82 % de chance de passer à côté de notre Planète sans l'atteindre. L'Agence spatiale européenneAgence spatiale européenne donne une valeur comparable de 0,16 % (1/625). Il n'y a donc pas lieu de s'inquiéter à l'heure actuelle.

    Ce passage près de la Terre est actuellement placé au niveau 1 sur l'échelle de Turin (qui va de 0 à 10), ce qui n'est pas quelque chose de très courant, mais rien de bien exceptionnel non plus. Ce niveau 1 signifie qu'il s'agit d'« une découverte de routine dans laquelle un passage près de la Terre est prédit qui ne présente aucun niveau de danger inhabituel. Les calculs actuels montrent qu'une collision est extrêmement improbable, sans motif d'attention ou d'inquiétude du public. De nouvelles observations télescopiques conduiront très probablement à une réaffectation au niveau 0 ». Le niveau 0 signifie que « la probabilité d'une collision est nulle ou si faible qu'elle est effectivement nulle. S'applique également aux petits objets tels que les météoresmétéores et les corps qui brûlent dans l'atmosphèreatmosphère ainsi qu'aux chutes de météoritesmétéorites peu fréquentes qui causent rarement des dommages ». La probabilité d'impact a ainsi de très fortes chances de tomber à zéro dès que plus de données seront disponibles, dans les prochaines semaines.

    Avec une cote sur l'échelle de Palerme de -2,12, le risque d'impact est environ 132 fois inférieur au « niveau de danger d'arrière-plan ». Le « risque d'arrière-plan » est défini comme le risque moyen posé par des objets de même taille ou plus au fil des ans jusqu'à la date de l'impact potentiel. Dit autrement, cette valeur de -2,12 confirme que la probabilité d'impact est très faible.

    Si jamais l'impact devait finalement avoir lieu, les premières estimations de Piero Sicoli et de Steven M. Tilley montrent qu'il aurait de grandes chances de se produire au-dessus de l'océan Pacifique. La zone d'impact possible estimée s'étend en effet d'ouest en est du milieu de l'océan Indien à la côte Est des États-Unis. Rappelons cependant à nouveau que cela n'a qu'une très faible probabilité d'arriver.

    Carte représentant la distribution des lieux d'impact potentiels de 2023 DW en 2046, estimée à partir d'un arc d'observation de trois jours. © Piero Sicoli

    Carte de la distribution des lieux d'impact potentiels, issue d'une simulation Monte Carlo sur la base de 55 observations. © Steven M. Tilley