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La face poussièreuse de la conquête lunaire

ActualitéClassé sous :Astronomie , mission Apollo , sol lunaire

Le 9 octobre 2008 se tiendra aux Etats-Unis une conférence consacrée à la poussière lunaire. Bien que riche en fer et en oxygène utilisables pour l'établissement d'une base permanente, le sol lunaire posera de multiples problèmes, dont celui d'une toxicité, lors d'une colonisation de la Lune qui pourrait commencer à l'horizon 2020.

Par endroit, la poussière lunaire est assez épaisse. Crédit : Nasa

Il est probablement écrit que l'homme devra coloniser la Lune pour y extraire le précieux hélium 3, un isotope de l'hélium particulièrement précieux pour la fusion contrôlée. La Lune peut être un formidable laboratoire pour des recherches en astronomie, et même en physique des particules, tandis que le sol et les roches lunaires ont été proposés comme matériaux de base pour la construction des colonies spatiales de Gerard O’Neill. La conquête du système solaire, avec des missions en direction de Mars et des ressources de la ceinture d'astéroïdes, passent d'ailleurs probablement par la réalisation d'une base lunaire permanente.

Malheureusement, comme l'ont découvert les astronautes des missions Apollo, la poussière lunaire représente une complication particulièrement désagréable. Très fine et extrêmement collante, elle s'infiltre partout, colle aux combinaisons et pénètre facilement à l'intérieur des lieux de vie. Il ne s'agit pas que d'un désagrément. Cette poussière est puissamment abrasive et, en suspension dans l'air, elle pourrait facilement passer dans le sang et causer des intoxications. Le professeur Lawrence A. Taylor, directeur de l'Institut des géosciences planétaires de l'université du Tennessee, rappelle par exemple les mésaventures de la mission Apollo 17. La poussière lunaire avait percé trois couches de Kevlar dans les bottes du géologue Harrison Schmitt et s'était immiscée sournoisement dans les jointures de sa combinaison spatiale comme dans celle de son collègue Eugène Cernan, jusqu'à rendre les mouvements difficiles.

La combinaison lunaire d'un des astronautes d'Apollo apparaît s'est recouverte de poussière lunaire. Crédit : Nasa

Un danger permanent

Cette poussière est le résultat du bombardement incessant de la Lune par des micrométéorites qui pulvérisent les roches de surface, lentement mais inexorablement. De plus, lors de l'impact, de la chaleur est dégagée ce qui fait fondre l'extérieur de ces poussières en créant un revêtement vitreux à partir de la condensation des roches vaporisées. Se chargeant facilement d'électricité statique, les poussières collent aux lentilles des caméras ainsi qu'aux casques des combinaisons. Des tentatives pour s'en débarrasser par frottements ne font alors qu'augmenter la quantité de poussières qui s'y dépose.  

La poussière lunaire est facile à aimanter car riche en fer. Crédit : Nasa

Heureusement, comme l'a découvert Lawrence Taylor, la poussière est magnétique. Il serait donc possible de nettoyer l'extérieur des combinaisons lorsqu'un astronaute regagne l'intérieur d'une base lunaire grâce à des champs magnétiques. Ce chercheur a aussi découvert qu'elle fondait très facilement sous l'action des micro-ondes. Selon lui, on pourrait envisager de créer de véritables revêtements de route en soumettant le sol à une émission de micro-ondes. De plus, le processus dégage de l'oxygène respirable et l'on pourrait aussi s'en servir pour constituer du comburant pour des moteurs à hydrogène et oxygène liquides.

Les mêmes problèmes surgiront certainement avec la poussière martienne et les résoudre sur notre satellite est probablement un préalable indispensable pour l'envoi et le retour, d'une mission humaine sur Mars.

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