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Exoplanètes : est-ce la fin de la chasse pour Kepler ?

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L'heure n'est pas à l'optimisme concernant la poursuite de la chasse aux exoplanètes habitables avec Kepler. Tout indique qu'il vient probablement de perdre de façon irréversible une deuxième roue de réaction. Le télescope pourrait encore faire des pointages de précision en utilisant ses petits propulseurs, mais ses réserves de carburant ne sont pas illimitées...

Une vue d'artiste des exoplanètes découvertes grâce à Kepler. Il s'agit aussi bien de superterres que de géantes gazeuses. © Lynette Cook

La dernière fois que Kepler a fait parler de lui, c'était en avril dernier, à l'occasion de la découverte de nouvelles superterres dans la zone d'habitabilité, notamment autour de l'étoile baptisée Kepler-62. La chasse aux exoplanètes avec ce télescope en orbite a été particulièrement fructueuse pendant trois ans et demi, la durée de sa mission initiale. À tel point qu'une enveloppe budgétaire supplémentaire avait été accordée aux astrobiologistes aux commandes du satellite de la Nasa. Ils espéraient bien continuer à récolter des découvertes spectaculaires.

Malheureusement, les scientifiques ont constaté voilà quelques jours que Kepler avait changé de mode d'opération, en cessant ses observations scientifiques. Le satellite s'était même mis en mode de contrôle d'orientation sécurisé, non plus à l'aide de roues de réaction, mais en brûlant du carburant avec ses petits propulseurs.


Une vidéo de présentation de la mission Kepler. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle aux deux barres horizontales (en bas à droite). Les sous-titres en anglais devraient alors apparaître, si ce n'est pas déjà le cas. En passant simplement la souris sur le rectangle, vous devriez voir l'expression « traduire les sous-titres ». Cliquez pour faire apparaître le menu du choix de la langue, sélectionnez « français », puis cliquez sur « OK ». © Nasa Ames, YouTube

Le pointage de précision de Kepler compromis

Rappelons que les roues de réaction, comme celles utilisées par le télescope Kepler, sont des volants d'inertie utilisés dans les sondes et satellites afin de modifier leur moment angulaire, sans consommer de carburant. En d'autres termes, ce système permet de changer l'orientation d'un engin spatial afin de pointer adéquatement un astre, avec un télescope ou une antenne parabolique, par exemple.

Pour que ce système fonctionne, il est nécessaire de mettre en rotation au moins trois roues de réaction, au moyen de moteurs électriques. Cela permet de changer le moment cinétique propre à un satellite qui, par conservation du moment cinétique total, doit se mettre en rotation dans le sens opposé au sens de rotation du moteur et selon un nouvel axe.

Kepler est équipé de quatre roues de réaction, dont une n'était plus opérationnelle depuis quelque temps déjà. Cela ne gênait nullement la mission du satellite, puisque cette roue constituait un système auxiliaire de contrôle du pointage de l'instrument, utilisé pour détecter des exoplanètes par la méthode des transits. Mais il semble bien que Kepler a désormais perdu l'usage d'une deuxième roue.

Kepler a pour mission de repérer des exoplanètes dans la Voie lactée. Il utilise pour cela la méthode des transits planétaires. Le passage d'une planète (planet) devant son étoile (star) entraîne une diminution de la luminosité (brightness). © Nasa

Découvertes d'exoplanètes encore possibles

Une défaillance avait déjà été identifiée sur l'une des trois roues de réaction indispensables à Kepler, en janvier dernier. Les ingénieurs de la Nasa avaient réussi à restaurer son fonctionnement, car il s'agissait d'un problème de lubrification . Or, il semble qu'ils soient maintenant en présence d'une défaillance au niveau du palier à roulement, probablement une rupture mécanique, ce qui est beaucoup plus grave. Le satellite pourrait donc avoir perdu définitivement l'usage d'une deuxième roue de réaction.

Pour poursuivre sa mission initiale, Kepler doit être capable de réussir des pointages de précision, pour réaliser des mesures photométriques détaillées. Dans le meilleur des cas, il serait possible de combiner l'usage des deux roues restantes avec les petits propulseurs de Kepler, mais les chercheurs ne se montrent pas très optimistes.

Toutefois, en attendant que la mission Transiting Exoplanet Survey Satellite (Tess) prenne le relais, les découvertes d'exoplanètes grâce à Kepler ne sont peut-être pas finies. En effet, il reste encore à analyser une année de prises de données obtenues avec ses instruments.

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