Un nouvel instrument vient d'être mis en service à l'Observatoire de l'Eso au Chili. Il s'agit d'un télescope de seulement 60 centimètres de diamètre qui traquera les exoplanètes et les comètes.
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La région chilienne du désertdésert d'Atacama offre sans aucun doute l'un des meilleurs ciels de la planète. L'Eso (European Southern Observatory) ne s'y est pas trompé en y installant ses plus gros instruments d'observation dont le VLTVLT (Very Large Telescope), et prévoit d'y ajouter dans quelques années l'E-ELT (European Extremely Large Telescope), un télescopetélescope géant de 42 mètres de diamètre. Cette course au gigantismegigantisme n'empêche pas la réalisation de projets beaucoup plus modestes. C'est le cas de Trappist (TRAnsiting Planets and PlanetesImals Small Telescope), un télescope de seulement 60 centimètres de diamètre, une taille d'instruments que l'on trouve déjà dans le monde de l'astronomie d'amateur.

Comme son nom l'indique, Trappist sera chargé de traquer les exoplanètesexoplanètes selon la méthode des transitstransits. Chaque fois qu'une planète passe devant l'étoileétoile autour de laquelle elle orbiteorbite, on peut observer une très faible baisse de luminositéluminosité de cette étoile. Trappist mesurera avec une grande précision cette baisse de luminosité pour caractériser l'exoplanète concernée. Ces mesures seront complétées par celles que fourniront deux spectrographesspectrographes à haute résolutionrésolution : Harps, déjà installé sur un télescope de 3,6 mètres de diamètre, et Coralie qui analyse la lumièrelumière derrière un télescope de 1,2 mètre de diamètre.

Le télescope de 60 centimètres du projet Trappist permettra la détection d'exoplanètes et l'étude des comètes. Crédit E.Jehin/Eso
Le télescope de 60 centimètres du projet Trappist permettra la détection d'exoplanètes et l'étude des comètes. Crédit E.Jehin/Eso

Des comètes au menu de Trappist

Pour ses concepteurs de l'Université de Liège en Belgique, Trappist va contribuer au développement de l'astrobiologieastrobiologie, un domaine qui étudie l'origine et la distribution de la vie dans l'UniversUnivers. C'est pourquoi les chercheurs belges ont souhaité utiliser également cet instrument pour étudier les comètescomètes en l'équipant de filtres spéciaux permettant d'isoler certaines moléculesmolécules rejetées par ces grandes voyageuses au cours de leur périple autour du SoleilSoleil. Comme le rappelle le chercheur Emmanël Jehin, « les comètes sont soupçonnées d'avoir joué un rôle important dans l'apparition et le développement de la vie sur notre planète ». La prochaine cible de Trappist pourrait d'ailleurs bien être C/2009 R1, une comète découverte par l'astronomeastronome Rob McNaught en septembre 2009 et qui traversera le ciel de l'hémisphère sudhémisphère sud après son passage au périhéliepérihélie le 2 juillet.

Mais ni Emmanël Jehin ni ses collègues ne mettront l'œilœil à l'oculaireoculaire de ce télescope. Il est en effet entièrement automatisé et effectuera son programme d'observations sans aucune présence humaine ; une station météométéo interrompra son travail et fermera sa coupole si nécessaire. Sa programmation et l'analyse de ses observations se feront à Liège, à 12.000 kilomètres des montagnes chiliennes.