La sonde américaine Messenger, en route pour Mercure, vient de nous envoyer une étonnante image de notre planète et de son satellite naturel perdus au milieu des étoiles, obtenue à l'occasion d'une campagne de recherche d'éventuels vulcanoïdes.

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Lancée en 2004, la sonde Messenger (pour Mercury Surface, Space Environment, Geochemistry and Randing) a déjà effectué plusieurs survolssurvols de MercureMercure, la planète la plus proche du SoleilSoleil et la moins connue. Ces différents passages ont permis la réalisation d'une carte globale, prélude à la satellisation de la sonde autour de la planète au printemps 2011. La vitessevitesse de Mercure étant très rapide sur son orbiteorbite, cette satellisation, qui sera une première, demande de nombreuses manœuvres. La sonde s'appuie sur l'attraction gravitationnelle de la TerreTerre et de VénusVénus (déjà survolées plusieurs fois toutes les deux) pour prendre de la vitesse en vue de rattraper Mercure.

Les astronomesastronomes de la NasaNasa profitent des longs trajets de Messenger dans l'espace pour rechercher d'hypothétiques vulcanoïdes. Avant que la théorie de la relativité généralerelativité générale ne vienne expliquer certaines irrégularités dans la vitesse de Mercure sur son orbite, les astronomes avaient envisagé au 19e siècle l'existence d'une autre planète, Vulcain. Si on sait aujourd'hui que Vulcain n'existe pas, il y a peut-être des zones dynamiquement stables à l'intérieur de l'orbite de Mercure qui abritent des petits corps de quelques kilomètres.

Surnommés vulcanoïdes, ces cailloux pourraient expliquer la très forte cratérisation de la surface de Mercure. Les astronomes n'en ont encore jamais observés, mais ils continuent de les rechercher ; s'ils étaient découverts, ces corps seraient précieux pour mieux comprendre la formation des planètes.

La Terre vue depuis l'orbite lunaire par la sonde japonaise <em>Kaguya</em> en 2009. Crédit Jaxa/NHK

La Terre vue depuis l'orbite lunaire par la sonde japonaise Kaguya en 2009. Crédit Jaxa/NHK

Une image émouvante

Pour rechercher d'éventuels vulcanoïdes, la sonde Messenger profite de ses passages au périhéliepérihélie : un en 2008, un en 2009 et pas moins de quatre cette année. C'est au mois de mai dernier, alors qu'elle se trouvait à 183 millions de kilomètres de nous, que Messenger a pu saisir la Terre et la LuneLune, minuscules points brillants dans un champ d'étoilesétoiles.

Malgré les nombreux engins spatiaux qui se sont éloignés de notre planète depuis un demi-siècle, peu ont eu l'occasion de se "retourner" vers notre planète pour en réaliser le portrait. Une opération délicate, pas toujours compatible avec les possibilités techniques des sondes et leurs objectifs scientifiques. On se souvient d'un beau lever de Terre photographié depuis l'orbite lunaire en 1968 par les astronautesastronautes de la mission Apollo 8, une image reproduite presque à l'identique par la sonde japonaise Kaguya en 2009. Quelques mois plus tard, la sonde Rosetta immortalisait le croissant terrestre à 630.000 kilomètres de distance, avant de poursuivre sa route en direction de l'astéroïde Lutetia.

Pour Messenger, la vision de notre planète était toute autre : à une distance 300 fois supérieure à celle de Rosetta, la Terre est une petite bille lumineuse accompagnée de son satellite naturel. AristoteAristote disait : « Sans l'astronomie, l'homme ignore la place qu'il occupe ». Une place dérisoire, comme nous le rappelle cette image...