Carl Sagan fut l'un des promoteurs du programme Seti, de la plaque de la mission Pioneer et du fameux Golden Record de Voyager. Ce 9 novembre 2020, celui qui a marqué la vie de centaines de millions de personnes avec sa série Cosmos et ses livres aurait eu 86 ans. Au moment où les découvertes d’exoplanètes se multiplient, c’est l’occasion de se souvenir de lui.


Un tribut à l'esprit de Carl Sagan, une excellente entrée en matière pour se souvenir de lui. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle blanc en bas à droite. Les sous-titres en anglais devraient alors apparaître. Cliquez ensuite sur l'écrou à droite du rectangle, puis sur « Sous-titres » et enfin sur « Traduire automatiquement ». Choisissez « Français ». © Erik Wernquist

Carl Sagan est né le 9 novembre 1934 et sa vie prit fin le 20 décembre 1996 à la suite d'une pneumoniepneumonie, alors qu'il était en rémissionrémission d'un syndromesyndrome myélodysplasique. Probablement l'astronomeastronome le plus célèbre du monde, il devait sa popularité à la mythique série de 13 émissionsémissions : Cosmos.

Écrite en collaboration avec le grand amour de sa vie, Ann Dryan, la série a été diffusée et rediffusée dans au moins 60 pays à partir de 1980. Avec le livre qu'elle accompagnait, elle a représenté pour beaucoup une clé pour comprendre la beauté et la magie de l'aventure scientifique, philosophique et humaine que constituent l'astronomie, la cosmologiecosmologie, la biologie et l'astronautiqueastronautique et plus généralement la science elle-même. Le succès de la série tient certainement en partie aussi aux musiques qui l'accompagnent, composées par Vangelis. On ne peut oublier non plus les illustrations de Jon Lomberg dans l'ouvrage publié.


Le premier épisode de la série Cosmos. © Francis DRAPIER

Carl Sagan était l'un des symboles de la recherche des origines cosmiques de la vie et surtout de la recherche d'une communication avec une intelligenceintelligence extraterrestre.

Pionnier de l'exobiologie, il s'était beaucoup investi dans le programme Seti et avait participé aux missions Pioneer, Voyager et VikingViking. Avec Frank Drake, il fut ainsi à l'origine du célèbre message d'Arecibo, des plaques des sondes Pioneer 10 et 11 et enfin du non moins célèbre Golden Record des sondes Voyager 1 et 2, lancées en 1977.

La plaque équipant les sondes Pioneer montre un homme et une femme à l’échelle de la sonde, la position du Soleil par rapport à 14 pulsars et au centre de la galaxie. En bas, le Système solaire et la planète d’origine de la sonde sont montrés avec les distances relatives des planètes en numérotation binaire. © Nasa
La plaque équipant les sondes Pioneer montre un homme et une femme à l’échelle de la sonde, la position du Soleil par rapport à 14 pulsars et au centre de la galaxie. En bas, le Système solaire et la planète d’origine de la sonde sont montrés avec les distances relatives des planètes en numérotation binaire. © Nasa

Le Golden record était des disques contenant des sons et des images sélectionnés pour dresser un portrait de la diversité de la vie et de la culture sur TerreTerre, à destination d'éventuels êtres extraterrestres.

En réalité, étant donné l'immensité des distances entre les étoilesétoiles, ces « bouteilles à la mer interstellaires » sont surtout une manière symbolique de marquer la volonté de l'esprit humain de communiquer avec d'autres intelligences existant peut-être dans la galaxiegalaxie, et, tout comme la série Cosmos, de trouver des soutiens publics aux recherches en exobiologieexobiologie.

Le fameux <em>Golden Record</em> des sondes Voyager. <em>« Dans un milliard d’années, quand tout ne sera plus que poussière sur Terre, les enregistrements de Voyager parleront encore pour nous »</em> : Carl Sagan @ Nasa
Le fameux Golden Record des sondes Voyager. « Dans un milliard d’années, quand tout ne sera plus que poussière sur Terre, les enregistrements de Voyager parleront encore pour nous » : Carl Sagan @ Nasa

Les découvertes de Carl Sagan en planétologie

Carl Sagan fut l'un des fondateurs de The Planetary Society, dont il a été le premier président. Son but était et est toujours de montrer que le grand public pouvait jouer un rôle dans l'exploration spatiale. The Planetary Society aide à développer des technologies innovantes, comme des vaisseaux spatiaux à voile solairevoile solaire. Elle finance des astronomes pour détecter des astéroïdesastéroïdes dangereux et des exoplanètesexoplanètes et bien sûr, les recherches optiques et radiosradios de signes de vie extraterrestre. Enfin, elle tente d'influencer les décideurs pour assurer l'avenir de l'exploration spatiale.

Parmi ses contributions plus spécifiquement scientifiques, il a été l'un des premiers à comprendre que la surface de VénusVénus était très chaude, trop pour que la couverture nuageuse de cette dernière soit le signe indirect d'une planète luxuriante au climatclimat essentiellement tropical, comme certains l'imaginaient dans les années 1950. Très tôt également, il a pensé que la surface de Titan pouvait être couverte d'océans d'hydrocarbureshydrocarbures et qu'Europe, l'un des satellites de JupiterJupiter, pouvait posséder un océan d'eau liquideliquide sous sa banquisebanquise.

On peut le créditer d'avoir compris dès les années 1960 que les changements saisonniers de couleurscouleurs à la surface de Mars n'étaient très probablement pas dus à de la végétation, comme le croyaient beaucoup de ses collègues planétologues de l'époque, mais bel et bien à des tempêtestempêtes de poussières. Avec le grand astrophysicienastrophysicien nucléaire Edwin Salpeter, il a par contre spéculé sur de possibles formes de vie dans l'atmosphèreatmosphère de Jupiter.

On lui doit la découverte indirecte des solutions des équationséquations de la relativité généralerelativité générale décrivant des trous de vers traversables et permettant en théorie de voyager entre les étoiles. C'est en effet suite à sa demande d'information sur le sujet des trous de vers pour son roman Contact, porté depuis à l'écran, que Kip Thorne entreprit son célèbre travail dans les années 1980.

« Des affirmations extraordinaires nécessitent des preuves extraordinaires »

Sagan était un ardent propagateur du scepticisme scientifique et un pourfendeur des pseudosciences comme la parapsychologie. Bien que convaincu de l'existence de la vie et de l'intelligence extraterrestre, et ayant eu un certain intérêt pour le phénomène ovni, il n'a jamais considéré qu'il existait la moindre preuve d'une visite d'ET sur notre planète.

Sur ce sujet, il disait : « Dans l'immensité du cosmos, il doit exister d'autres civilisations, beaucoup plus âgées et beaucoup plus avancées que la nôtre. Alors ne devrions-nous pas avoir été visités ? Ne devrait-il pas y avoir à tout moment des vaisseaux étranges dans les cieux de la Terre ? Il n'y a là rien d'impossible, et nul ne serait plus heureux que moi si nous étions visités. Mais est-ce que ça s'est vraiment produit ? Ce qui compte, ce n'est pas ce qui semble plausible, pas plus que ce en quoi nous aimerions croire, pas plus que ce qu'un ou deux témoins proclament, mais seulement ce qui est soutenu par des preuves solidessolides, examinées avec rigueur et scepticisme. Des affirmations extraordinaires nécessitent des preuves extraordinaires. » (Cosmos-Épisode 12 : Encyclopaedia Galactica)

En décembre, cela fera 24 ans que Carl SaganCarl Sagan nous a quittés, il manque à beaucoup...


La légendaire musique de Vangelis accompagnant les images de la série Cosmos. © YouTube, SME (au nom de Sony BMG Music UK); EMI Music Publishing et 16 sociétés de gestion des droits musicaux