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En vidéo : l’Ovni de Noël était une fusée russe

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Le bolide jaune orangé qui a traversé le ciel européen, et notamment la France, le soir du réveillon, était le dernier étage d'un lanceur russe Soyouz. Un autre débris, un satellite cette fois, est lui retombé en Sibérie, à cause de la panne d'un étage de la fusée. Juste avant, une mystérieuse boule métallique se posait dans le désert namibien et, sous peu, le 13 janvier paraît-il, Phobos-Grunt va s'écraser en Afghanistan.

Le 21 décembre 2011, une fusée Soyouz TMA 03M lançait dans l'espace une capsule Soyouz transportant trois astronautes vers la Station spatiale internationale. Le troisième étage, après avoir fait son office, deviendra le joli bolide de Noël. © Esa/S. Corvaja

Non, le ciel ne nous tombe pas sur la tête mais les débris spatiaux volent bas en cette saison. Pour le réveillon de Nöel, un bolide très lumineux a longuement rayé le ciel européen, provoquant une kyrielle de témoignages en France, aux Pays-Bas et en Allemagne. Comme d'habitude, certains observateurs, complaisamment relayés par les médias, n'hésitaient pas à indiquer la distance et la vitesse. Des paramètres qui, rappelons-le, sont impossibles à déterminer sur une observation unique. On ne peut pas déterminer la distance d'une tache lumineuse dans le ciel, un objet situé haut dans le ciel se voyant de très loin et pouvant sembler proche. Quant à la trajectoire, il faut, pour la déterminer, croiser plusieurs observations réalisées sous des angles différents. C'est ainsi que la « météorite de Bourges », en 2008, que plusieurs observateurs ont vu tomber près de cette ville, avait en fait explosé à 100 km au-dessus de Béziers.

Ce 24 décembre, l'objet a suivi une trajectoire ouest-est tout en se consumant dans les hautes couches de l'atmosphère avant de se volatiliser au-dessus de l'Allemagne. Selon l'Observatoire royal de Belgique, la nature de ce bolide est certaine : ce n'était pas un corps rocheux mais un débris spatial. Il s'agissait du dernier étage du lanceur russe Soyouz TMA-03M qui, après son décollage le 21 décembre du Kazakhstan, emportait vers l'ISS le Hollandais de l'Esa André Kuipers, l'Américain Don Pettit et le Russe Oleg Kononenko.


Un joli bolide filmé dans le ciel allemand le 24 décembre 2011. Ce n’était ni un Ovni ni le Père Noël mais un débris d’un lanceur russe Soyouz qui venait de propulser vers l’ISS une capsule spatiale avec trois astronautes. © viktoreske/YouTube

Que faites-vous le 13 janvier ?

Un autre débris nous est tombé du ciel. Russe lui aussi, il a, lui, atteint le sol, en Sibérie et aurait pu faire des dégâts. L'objet était un satellite de télécommunication militaire, Meridian, lancé vendredi à 13 h 08 en heure française. Selon l'agence de presse Rio Novosti, des débris ont été retrouvés dans quatre localités. La chute serait due à une panne du troisième étage du lanceur, selon un porte-parole militaire, cité par Rio Novosti.

Le 8 novembre dernier, une fusée russe échouait à expédier vers Mars la sonde Phobos-Grunt mais le lanceur était innocent : l'échec était dû à une panne du moteur de la sonde elle-même, qui ne s'est pas allumé au bon moment. La sonde, jusque-là en orbite terrestre, devrait tomber prochainement sur Terre. On croit savoir que la chute aura lieu le 13 janvier  au sud-ouest de l'Afghanistan, dans la province de Helmand.

En revanche, on ignore toujours l'origine exacte de la sphère métallique trouvée en Namibie le 21 décembre, au fond d'un cratère qu'elle avait creusé dans le sable. L'objet de 33 cm de diamètre, pesant 6 kg, provient probablement d'un engin spatial. Mais lequel ?

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