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Un vaisseau spatial dans une piscine : l'ATV réussit son examen de passage

ActualitéClassé sous :Astronautique , atv , ISS

Le ravitailleur automatique européen (ATV) vient de démontrer qu'il était parfaitement capable d'effectuer un rendez-vous suivi d'un arrimage avec la Station Spatiale Internationale.

L'ATV en phase d'approche finale de la Station Spatiale Internationale

C'est à une mission insolite qu'a été utilisé le gigantesque bassin couvert de 600 mètres de long de la DGA (Délégation générale pour l'armement). Car dévolu habituellement aux essais des coques des futurs navires de guerre français, c'est un vaisseau spatial qui cette fois y a été immergé, effectuant des tests en grandeur nature.

L'opération consistait à reproduire en apesanteur, grâce à l'immersion, les 300 derniers mètres d'approche et l'amarrage en mode automatique de l'ATV à la Station Spatiale Internationale (ISS).

Pour cela, une gigantesque plate-forme de 120 tonnes a été aménagée au-dessus de l'eau, supportant une maquette grandeur nature du module russe Zvezda de l'ISS. Celle-ci glissait à une vitesse de 5 centimètres/seconde vers un support où étaient fixés quatre lasers de guidage. Afin d'obtenir une simulation parfaite, ce support était lui-même porté par un bras robotique commandé par ordinateur, qui recréait à la perfection les vibrations et soubresauts d'un vaisseau spatial. Cet ensemble constitue la pièce de jonction et est monté sur le nez de l'ATV.

Le test s'est parfaitement déroulé et aucun incident n'est venu ternir les essais. "Avoir mené à bien ce test de rendez-vous spatial est pour nous un important pas en avant, qui nous rend bien plus confiants", a déclaré John Ellwood, chef du projet ATV.

L'astronaute français de l'ESA Jean-François Clervoy souligne la difficulté et les problèmes qu'il a fallu résoudre pour mener à bien cette réalisation, sachant que les Américains effectuent tous leurs rendez-vous en mode manuel et que les vaisseaux russes comme les Progress ne sont que partiellement automatisés.

De la taille d'un bus londonien à impériale, l'ATV, d'une masse totale de 20 tonnes et dont le premier exemplaire sera baptisé Jules Verne, sera capable d'acheminer 7,5 tonnes de fret en direction de l'ISS, soit le triple d'un vaisseau de ravitaillement Progress. Il jouera aussi le rôle de remorqueur spatial, ses moteurs étant utilisés pour corriger l'orbite de la Station.

Accroché durant six mois à son module d'amarrage, il servira ensuite de conteneur à déchets et sera finalement détruit en retombant dans l'atmosphère, où il se consumera.

Jules Verne devrait être lancé vers l'ISS par une fusée Ariane 5 depuis la base européenne de Kourou au plus tard en juillet 2007. "Nous avons convenu avec Ariane d'un créneau de tir entre mai et la fin juillet. A l'heure actuelle, il nous semble que nous devrions pouvoir lancer dans ce créneau", précise M. Ellwood.

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