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STS-125 : ultime mission d'une navette vers Hubble

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La navette Atlantis doit décoller ce 11 mai 2009 à 18 h 01 TU depuis le pad 39A de Cap Canaveral pour une dernière mission d'entretien du télescope spatial Hubble. Objectif : donner les moyens au prestigieux instrument de tenir encore dix ans en attendant la relève par son successeur, le James Webb Space Telescope.

L’équipage de la mission STS-125. De gauche à droite : Michael J. Massimino, Michael T. Good, Gregory C. Johnson, Scott D. Altman, K. Megan McArthur, John M. Grunsfeld et Andrew J. Feustel. Crédit : Nasa

A l'issue de la mission STS-125, le télescope spatial Hubble volera sans filet. Une panne sérieuse d'un de ses organes essentiels mettrait fin à son existence, plus aucune opération de maintenance ne pouvant encore être prévue. Mais, dans l'immédiat, ce sont les sept astronautes de ce vol STS-125 qui voleront aussi sans filet, car l'équipage d'Atlantis ne pourra compter sur l'assistance de la Station Spatiale Internationale (ISS) en cas de problème.

En raison de la différence entre leurs orbites, l'ISS est hors de portée d'un équipage lancé à la poursuite du télescope spatial. Hubble, en effet, tourne à 563 kilomètres de la surface terrestre sur une orbite inclinée à 28° par rapport au plan équatorial. La Station spatiale, elle, ne se trouve qu'à 350 kilomètres du sol, sur une orbite inclinée à 51,6°. Aussi, la Nasa a-t-elle prévu la mise en batterie d'une seconde navette (Endeavour, mission STS-400) sur le pad 39B afin de porter secours à l'équipage d'Atlantis en cas de problème dès la mise en orbite. Une mesure qui ne garantit toutefois pas une totale sécurité, sachant que de trois à cinq jours de préparation sont nécessaires avant de procéder à un lancement.

Endeavour (mission de sauvetage STS-400) sur son aire de lancement. Crédit Nasa

Heureusement, la réussite de la mise en orbite sans dommage reste l'option la plus probable et l'équipage présente un éventail prestigieux de compétences pour cette mission, qui s'avère une des plus complexes de l'histoire de l'astronautique.

Un équipage de vétérans pour une mission complexe

L'équipe de la mission STS-125 est composé du commandant de bord Scott Altman (quatrième vol), du pilote Gregory C. Johnson (premier vol) et des spécialistes de mission Mike Massimino, Michaël Good, Megan Mc Arthur, John Grunsfeld et Andrew Feustel.

On relèvera que John Grunsfeld en est à son cinquième vol dans l'espace, dont trois à destination de Hubble dont il est devenu un véritable spécialiste. Gregory C. Johnson possède une des plus impressionnantes expériences du pilotage de l'armée américaine, avec plus de 9.000 heures de vol sur plus de 50 types d'appareils. Expérience partagée avec Michael Good, ancien pilote d'essais du B-2 à Edwards. L'équipage comprend aussi deux scientifiques de renom, en la personne de Megan Mc Arthur (seule femme de cette mission), docteur en océanographie, et Andrew Feustel, docteur en géophysique spécialisé en sismologie.

STS-125

Au cours de cette mission prévue pour durer 10 jours et 20 heures, pas moins de cinq sorties sont prévues. Après que le télescope spatial ait été saisi au moyen du bras robotique Canadarm commandé par Mc Arthur, Grunsfeld et Feustel sortiront les premiers afin d'installer la nouvelle caméra WFC-3. Celle-ci remplacera la WFC-2, moins performante.

Massimo et Gold sortiront le lendemain et remplaceront trois premières batteries ainsi que les gyroscopes. Puis ce sera à nouveau au tour de Grunsfeld et Feustel de rejoindre Hubble pour installer un nouveau spectrographe (Cosmic Origins Spectrographs, ou COS), et remplacer plusieurs circuits électroniques de la caméra ACS (Advanced Camera for Surveys).

Durant la quatrième sortie, Massimo et Good répareront l'instrument STIS (Space Telescope Imaging Spectrograph) et finalement, ce sont à nouveau Grunsfeld et Feustel qui procéderont au remplacement des trois autres batteries, de l'instrument FGS (capteur de pointage à haute précision) et remettront en place diverses protections thermiques. Ainsi paré, le télescope spatial devrait poursuivre ses observations jusqu'en 2013 au minimum, mais les techniciens n'excluent pas une nouvelle espérance de vie de dix années.

Le retour sur Terre et l'atterrissage d'Atlantis sont prévus pour le vendredi 22 mai 2009.

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