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Soyouz : probablement une défaillance technique

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Le 4 mai dernier, le vaisseau spatial russe Soyouz TM-1, de retour de la Station Spatiale Internationale, effectuait une rentrée atmosphérique particulièrement difficile et se posait à 440 km du point prévu. Ce type d'atterrissage était alors qualifié de "balistique" par Youri Koptev, numéro un de l'Agence spatiale russe.

Capsule Soyouz arrimée à l'ISS

"Balistique" est utilisé ici en opposition à une rentrée de type "contrôlée", où les moteurs du véhicule spatial entrent en action pour diriger la trajectoire de la capsule et l'amener dans la zone où les équipes de recherche sont chargées de la récupération de l'équipage.

En réalité, ce type de trajectoire n'est qu'une échappatoire en cas de dysfonctionnement des systèmes de contrôle, et si elle est possible, c'est grâce à la forme particulière du module de rentrée du Soyouz qui, comme toutes les capsules - aussi bien américaines, telles les Mercury, Gemini ou Apollo, que russes comme les Vostok, Voskhod ou Soyouz - possèdent la propriété de s'orienter naturellement au cours de leur rentrée atmosphérique sous le seul fait de leur centre de gravité, et de présenter leur bouclier thermique du bon côté. Il ne s'agit dans le cas présent que du deuxième incident du même type s'étant produit, le premier ayant été l'atterrissage de Voskod 2 le 19 mars 1965, retombé dans un marais à plusieurs centaines de kilomètres de l'endroit prévu.

A ce jour, les techniciens n'ont pas encore déterminé la cause exacte de l'incident. Mais ce mardi 13 mai, Nikolaï Zelenchtchikov, numéro deux de la société de construction spatiale RKK Energya, a déclaré qu'il s'agissait vraisemblablement d'une défaillance du matériel, et non d'une erreur de pilotage. "Pour l'instant, nous ne voyons pas d'erreur de l'équipage, nous nous posons des questions à propos d'un instrument du système qui assure l'atterrissage", affirme-t-il, en ajoutant que la commission d'enquête informera dans le courant de cette semaine la Nasa des premiers résultats de son travail. Elle devrait rendre ses conclusions définitives le 23 mai.

Sachant aussi qu'il s'agit du premier atterrissage d'un vaisseau Soyouz modernisé de type TMA, les techniciens doivent aussi décider du destin des autres véhicules de la série, dont un autre exemplaire est actuellement arrimé à la Station et un troisième doit être lancé en automne.

De son côté, Iouri Semionov, directeur de la société russe Energya qui élabore les vaisseaux Soyouz, avait déjà déclaré que même si la rentrée avait été particulièrement inconfortable en raison de la décélération subie, les astronautes à bord n'avaient jamais été mis en danger, car ce type de rentrée balistique est parfaitement sûr.

L'équipage était composé du Russe Nikolaï Boudarine et de ses coéquipiers américains Donald Pettit et Kenneth Bowersox, qui avaient séjourné six mois à bord de la Station Spatiale Internationale, soit deux mois de plus que prévu, suite de la catastrophe de la navette Columbia le 1er février dernier.

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