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Série noire pour les fusées Soyouz

ActualitéClassé sous :Astronautique , Roscosmos , agence spatiale russe

La Russie a de nouveau perdu un satellite après son lancement avorté par une fusée Soyouz. Analyse d'une situation qui préoccupe jusqu'aux États-Unis. Qu'arrive-t-il au lanceur aux 1.800 lancements, jusque-là réputé comme le plus fiable au monde ?

On peut se demander si les trois astronautes lancés quelques jours avant l'échec du satellite Meridian ont échappé au pire... © Esa/S. Corvaja

Quelques minutes après son lancement depuis le cosmodrome de Plesetsk, le 23 décembre, un satellite Meridian de télécommunications civiles et militaires est retombé sur Terre. Quant au lanceur, ses débris ont provoqué une belle traînée lumineuse qui a traversé plusieurs pays européens, dont la France et la Belgique.

L'accident est dû à la défaillance d'un des étages du lanceur, une fusée Soyouz 2.1B. C'est le second échec d'un lancement Soyouz cette année et le cinquième depuis décembre 2010. À chaque fois, c'est une version différente (étage ou moteur) qui est concernée, de sorte qu'il est difficile de trouver une cause commune à cette série noire.

Pour la Russie spatiale, l'année 2011 s'achève donc sur un bilan mitigé. De l'anniversaire du premier vol humain dans l'espace (Youri Gagarine, le 12 avril 1961) au retrait des navettes et au vol historique d'une fusée Soyouz depuis la Guyane, la Russie fait face à une série d'échecs sans précédent débutée en décembre 2010 avec la perte de trois satellites de la constellation Glonass.

Loi des séries ou mal plus profond ?

Un demi-siècle après le début de la conquête spatiale marquée par le vol historique de Youri Gagarine, l'industrie spatiale russe a bien du mal à remplacer une main-d'oeuvre vieillissante rompue aux systèmes qui datent des années 1960 par de jeunes ingénieurs et techniciens aux salaires si peu attrayants. « Ce qui s'est passé aujourd'hui confirme que le secteur spatial est en crise », a sobrement indiqué le Chef de l'agence spatiale russe Roscosmos, Vladimir Popovkine.

Aux États-Unis, cette série d'échecs préoccupe les dirigeants de la Nasa autant que les responsables politiques, inquiets de dépendre d'un système de transport spatial unique dont la fiabilité légendaire est mise à mal. Comme le souligne le journaliste spatial Doug Messier, « le programme des vols habités de la Nasa et ses 100 milliards de dollars d'investissement en 28 ans dans la Station spatiale repose sur un unique lanceur défaillant » !

Il ne faut pas y voir un lien de cause à effet mais le lancement d'une fusée  Proton d'ILS (International Launch Services), avec comme passager le satellite SES-4, a été reporté à janvier 2012. Quant aux prochains lancements d'un Soyouz, celui qui doit emporter six satellites Globalstar, prévu le 28 décembre, est toujours maintenu. En revanche, le lancement d'un cargo Progress à destination de l'ISS en janvier pourrait être reporté.

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