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La ''panne'' du transporteur mobile de l'ISS

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Pour la première fois depuis son installation, le transporteur mobile (MT) installé sur la poutre principale de la Station Spatiale Internationale en avril dernier par l'équipage de la navette Atlantis (mission STS-110), a été utilisé au cours d'une opération s'assemblage. Mais cela ne s'est pas effectué sans incident.

Sous la poutre, le MT (Mobile Transporter) est parfaitement visible. A droite, le Canadarm2. Document Nasa (30 novembre 2002).

Cet élément d'une masse de deux tonnes se déplace le long d'un rail et sert essentiellement à transporter le bras manipulateur Canadarm2, auquel il sert en quelque sorte de coude. L'ensemble est parfaitement assimilable à une grue montée sur un wagon de chemin de fer. Au cours de la troisième sortie des astronautes, le transporteur devait déplacer le bras le long de la poutre sur une longueur de 17 mètres, et se fixer en un point d'ancrage dénommé "point 7". Mais il s'est arrêté prématurément au bout de dix minutes et à trois mètres de son but, à la jonction entre deux éléments du rail, pour une cause alors inconnue.

De l'intérieur de la station, les astronautes ont bien tenté de le débloquer par télécommande et ordinateur interposé, mais en vain. A ce moment, Michael Lopez-Alegria et son collègue John Herrington se préparaient à effectuer leur troisième sortie, et ce dernier a été dépêché en priorité vers l'endroit de la panne afin d'en déterminer l'origine.

Celle-ci a alors paru évidente. Une antenne UHF installée sur la poutre, mais pas encore déployée, se trouvait sur la trajectoire du transporteur, et entravait son déplacement. John Herrington s'est alors adressé aux techniciens du centre de contrôle de la Nasa à Houston et leur a demandé s'il pouvait déployer manuellement l'antenne. Cela lui fut accordé au bout de quelques minutes, et le chariot mobile retrouvait enfin sa liberté et toutes ses capacités.

Une interrogation subsiste cependant, qui a justifié l'examen de la situation par une commission d'experts : on ne s'explique pas, actuellement, comment la présence de cette antenne non déployée n'a pas été prise en compte dans le planning extrêmement rigoureux des opérations, alors qu'elle était parfaitement prévisible.

Par Rama, Futura-Sciences Belgique

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