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La navette du futur est (presque) née

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Après quelques hésitations et l'abandon de plusieurs concepts jugés trop ambitieux ou irréalisables dans l'état actuel de nos connaissances, la Nasa vient de sélectionner une série de 15 projets de navette spatiale, parmi lesquels figure le véhicule de l'espace de seconde génération.

Ce concept de Boeing présente un module de fret emmené en orbite par un véhicule piloté réutilisable. Crédit Boeing/Nasa.

"Nous ne concevons pas seulement un véhicule de lancement, mais le système tout entier", a déclaré Dennis Smith, directeur de la NASA pour le SLI (Initiative de lancement spatial).

Et en effet, les projets retenus ne se limitent pas à un véhicule de transport, mais comprennent toute l'infrastructure nécessaire au lancement, la mise en orbite et la récupération des divers éléments. Les firmes Boeing, Lockheed Martin, Orbital Sciences et Northrop Grumman, ces deux derniers étant associés au sein d'un projet commun, sont à l'origine de ces premières ébauches. Mais un seul projet verra le jour, dont l'exploitation devrait débuter en 2012.

Plusieurs de ces concepts ont été présentés mardi lors d'une conférence de presse à Washington. Certains sont à décollage vertical à l'instar de la navette actuelle, d'autres à décollage horizontal, et la plupart comportent plusieurs étages, dont souvent un module habitable pour l'équipage et un module de fret pour la charge utile.

Soucieuse de favoriser une future exploitation commerciale de l'Espace, la Nasa a aussi imposé certaines conditions pour le développement de la navette spatiale de nouvelle génération, dont un coût de revient n'excédant pas 1000 dollars par livre transportée (450 gr), contre 10.000 dollars aujourd'hui.

D'autres priorités y ont été ajoutées, dont la légèreté, une grande durée de vie de l'engin et de ses moteurs, des systèmes d'évacuation d'urgence pour l'équipage et une très grande sécurité. Pour cette dernière exigence, la Nasa entend abaisser le risque de perdre un équipage au lancement, qui est actuellement de 1 pour 250 à 500, à moins de 1 pour 10.000.

A ce jour, le choix n'a pas encore été effectué entre un décollage vertical ou horizontal. Ce dernier, bien que plus complexe, présenterait pourtant l'avantage de pouvoir utiliser à peu près n'importe quelle piste d'aéroport commercial suffisamment longue, ce qui entraînerait souplesse et économie.

En novembre prochain, une nouvelle commission d'experts devrait réduire le nombre de projets à seulement deux ou trois. Puis il restera une décennie pour concrétiser ce qui deviendra peut-être le symbole du troisième millénaire naissant.

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