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La Nasa veut s'appuyer sur le privé pour des missions suborbitales

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La Nasa, qui envisage sérieusement de s'appuyer sur le secteur privé pour accéder à l'espace, veut également s'offrir des services commerciaux pour ses activités suborbitales, à la frontière de l'espace. Elle apporte son soutien à deux firmes américaines, Armadillo Aerospace et Maesten Space System, qui développent chacune de leur côté un engin réutilisable.

Le programme CRuSR vise à encourager le secteur privé à investir dans le développement de systèmes de transport réutilisables capables d'évoluer entre 20 et 100 kilomètres d'altitude. L'objectif est d'obtenir un système opérationnel rapide à mettre en œuvre, personnalisable et à faible coût pour de petites charges utiles à récupérer intactes.

Prototype d'engin à décollage et atterrissage verticaux. Crédit Maeste Space Systems

Comme justification de cet investissement, on peut raisonnablement penser à un regain d'intérêt pour des expériences en microgravité plus simples à réaliser que celles effectuées à bord de la Station spatiale, qui nécessitent des interventions humaines. Enfin, on a tendance à l'oublier, la recherche aéronautique est un important domaine d'activité de la Nasa. Il n'est donc pas exclu que l'Agence réalise des démonstrateurs de technologies pour l'aviation du futur ou des composants pour l'industrie spatiale.

Les essais des deux engins sont prévus d'ici quelques mois. Le Super-Mod Vehicule d'Armadillo Aerospace réalisera ses vols au-dessus du Spaceport America, le port spatial de Virgin Galactique implanté au Nouveau-Mexique d'où décolleront les SpaceShipTwo pour des vols de tourisme spatial. Deux vols sont prévus à 15 et 40 kilomètres d'altitude. Quant au véhicule Xaero de Maesten Space Systems, il décollera du port spatial de Mojave en Californie pour une série de quatre vols d'essai à 5 et 29 kilomètres d'altitude.

Stratégie à long terme ou opportunisme ?

Les deux engins seront dotés d'un nouveau système de surveillance coopératif pour le contrôle du trafic aérien, l'ADS-B (Automatic dependent surveillance-broadcast). Un engin ainsi équipé détermine sa position par un système de positionnement par satellites et la transmet régulièrement (avec d'autres informations) au contrôle aérien mais aussi aux autres appareils équipés de l'ADS-B évoluant dans le voisinage. Chaque appareil en vol dispose ainsi, comme les contrôleurs, d'une excellente information sur la position (ainsi que la vitesse et la route suivie) de tous les autres.

Reste à savoir quel sera l'avenir de ces partenariats public-privé qui visent à pousser le secteur privé vers le transport spatial. Seront-ils durables ou bien s'agit-il pour la Nasa d'organiser une période transitoire durant laquelle l'agence ne pourra plus envoyer d'hommes dans l'espace après l'arrêt des navettes et l'abandon du programme Constellation ?

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