Concept de module habitable envisagé pour les premières missions habitées Artemis. © Nasa

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Nasa : comment va se dérouler l'installation des Hommes sur la Lune

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La Nasa rend publique une feuille de route de l'installation des États-Uns au pôle sud lunaire. Cette future base ouvrira la voie à une activité scientifique et économique inédite. Elle servira également à tester et à préparer la première mission humaine à destination de Mars prévue dans la décennie 2030.

Le programme Artemis, signant le retour de la Nasa sur la Lune, n'est qu'une étape. Alors que les Américains se préparent à envoyer un équipage dès 2024, la Nasa prépare également les étapes suivantes qui amèneront les États-Unis jusqu'à Mars. À la différence des missions Apollo, qui se sont contentées de courts séjours scientifiques et de démonstrations technologiques, Artemis s'inscrit dans une stratégie plus vaste qui consiste à étendre jusqu'à la Lune la sphère d'influence géostratégique et économique des États-Unis.

Sources de nouvelles avancées scientifiques sur l'histoire du Système solaire et de la Terre, n'oublions pas que la Lune est née de la collision entre la Terre et un objet de la taille de Mars, la Lune est une fenêtre sur le passé. Si le potentiel de découvertes et d'avancées scientifiques significatives est tout de même assez limité, vu l'état de nos connaissances, la Lune est néanmoins un terrain propice pour y faire de la science, surtout sur la face cachée particulièrement propice à l'écoute des ondes radio de l'Univers, à l'abri de la pollution radioélectrique de la Terre.

La Lune est aussi vue comme un relais de croissance économique qui pourrait devenir important. Aux traditionnelles retombées et transferts technologiques qui découleront de la réalisation des infrastructures et des systèmes lunaires pour vivre, travailler et se déplacer en sécurité sur la Lune, le secteur privé s'apprête à ouvrir de nouveaux marchés. Au delà des services précurseurs de livraison de fret, d'instruments scientifiques et de démonstrateurs de toutes sortes, réalisés dans le cadre du programme Commercial Lunar Payload Services (CLPS) de la Nasa, le secteur privé s'intéresse à la Lune pour y développer des services de transports de marchandises et de personnes au profit des agences spatiales, organiser des activités touristiques et exploiter commercialement les ressources in situ de la Lune.

Au pôle sud de la Lune, la Nasa étudie plusieurs sites pour implanter le camp de base des missions Artemis. © Nasa

Le camp base d'Artemis sera installé au pôle sud

Sans surprise, le camp de base Artemis sera installé au pôle sud, une région où l'on est certain de trouver à la fois les ressources pour s'installer durablement (eau, énergie) et des ressources à exploiter. Cette région présente également de très forts taux d'ensoleillement avec, à certains endroits, des périodes d'ensoleillement continu de 200 jours.

Cette feuille de route détaille les différentes étapes pour doter le camp de base Artemis, année après année, d'une importante infrastructure ; celle-ci a pour objectif de donner l'autonomie nécessaire à la présence humaine permanente et préparer l'étape martienne, et l'expansion dans l'espace lointain. Aujourd'hui, la Nasa n'est évidemment pas prête pour une mission habitée à destination de Mars. Elle compte sur la Lune pour s'y préparer : c'est le meilleur endroit pour tester différentes technologies nécessaires à des installations plus lointaines, comme sur Mars, telles que les systèmes spatiaux et les différentes opérations en prévision de la première mission humaine à destination de Mars.

La Nasa a identifié plusieurs besoins dont des rovers non pressurisés analogues au rover lunaire utilisé lors des dernières missions Apollo, des rovers pressurisés capables d'effectuer des expéditions d'une durée maximale de 45 jours et d'un module habitable pouvant accueillir quatre personnes. Quant à la future station lunaire internationale à proximité de la Lune, la Nasa envisage d'ajouter un module d'habitation à grand volume. Cette station et le camp de base Artemis seront utilisés pour simuler une expédition sur Mars. Dans ce scénario, un équipage de quatre personnes se rendrait à la passerelle et y resterait pendant plusieurs mois, imitant le voyage vers Mars. Deux astronautes séjourneront ensuite sur la Lune pour feindre une expédition martienne tandis que les deux autres resteront à bord de la station, en soutien. À la fin du séjour au sol, prévu pour durer de 30 à 45 jours, les deux astronautes retourneront à bord du Gateway et simuleront le voyage du retour vers la Terre.

Pour en savoir plus

La Nasa veut 35 milliards de dollars d'ici 2024 pour atterrir sur la Lune

Article de Rémy Decourt publié le 12/02/2020

Pour atteindre l'objectif du président Donald Trump de faire atterrir des astronautes sur la Lune dès 2024, puis sur Mars lors de la décennie suivante, le prochain budget de la Nasa est annoncé comme un des plus importants de ces dernières décennies. Mais, si ce budget doit conforter le leadership des États-Unis dans l'espace, notamment dans le domaine de l'exploration habitée et des sciences spatiales, il prévoit l'abandon de quelques missions. 

Comme chaque année, la proposition de budget de la Maison Blanche pour la Nasa est très attendue car elle reflète les priorités nationales en matière de politique spatiale. Et cette année, s'appuyant sur les estimations et besoins budgétaires de la Nasa, l'administration Trump a présenté un budget de 25,2 milliards de dollars pour l'année 2021, en hausse de plus de 2,5 milliards de dollars par rapport au budget précédent.

Ce budget est un des plus importants depuis l'ère Apollo. Il souligne la volonté de l'administration Trump d'atteindre la Lune et Mars dans les délais impartis. Or, comme l'a récemment déclaré James Morhard, l'administrateur adjoint de la Nasa nommé par Donald Trump en juillet 2018, il en coûterait quelque 35 milliards de dollars aux États-Unis pour retourner sur la Lune dès 2024, nécessitant des augmentations régulières sur cinq ans pour atteindre l'objectif du président américain de faire atterrir des astronautes sur la Lune dès 2024.

Sans surprise donc, le programme Artemis de retour sur la Lune est le grand bénéficiaire de ce budget et tous les projets entrants dans ce programme obtiennent les financements nécessaires. Cela comprend le développement d'un système d'atterrissage lunaire humain, les éléments initiaux de l'avant-poste lunaire LOP-G qui servira de point de départ pour l'exploration de la Lune puis de Mars et tous les équipements nécessaires pour vivre et travailler en sécurité sur la Lune qu'il serait trop long de détailler.

Le budget présidentiel fait également la part belle à l'exploration robotique et humaine de Mars en allouant près de 530 millions de dollars à de futures missions à destination de Mars telles que le retour d'échantillons martiens et une mission de cartographie des dépôts de glace d'eau à la surface de la planète qui pourraient être utilisés par de futures missions humaines.

Vue d'artiste de la future station spatiale lunaire Gateway. Cet avant-poste de l'exploration humaine est un projet international dirigé par la Nasa, dont le premier élément sera lancé d'ici quelques années avec comme objectif une mise en service partielle d'ici 2024-2025. © Nasa

Des missions annulées 

Dans le domaine des missions planétaires, ce budget confirme toutes les missions d'explorations robotiques à destination de la Lune, d'astéroïdes, de Titan et d'Europe (Jupiter) déjà engagées. Sont également confirmées les missions SphereX, pour explorer les origines de l'univers et de la vie, Gusto, qui prévoit d'étudier la matière présente dans le milieu interstellaire et IXPE l'étude des trous noirs. Quant à l'observatoire James-Webb, son lancement est toujours prévu en mars 2021. Mais, avec une ligne de crédit supplémentaire de 415 millions de dollars, le budget total de ce programme approche les 10 milliards de dollars !

Enfin, l'administration Trump souhaite annuler quelques programmes scientifiques et éducatifs, dont des missions d'observation de la Terre telles que CLARREO Pathfinder (spectromètre à rayonnement solaire sur l'ISS) et PACE Earth Science (étude du phytoplancton). Malgré le peu d'intérêt de Donald Trump pour l'observation de la Terre, il alloue tout de même un budget de 1,78 milliard de dollars au programme d'observation de la Terre et confirme tous les autres projets à un stade de développement avancé. On notera que la Maison Blanche demande une nouvelle fois l'abandon de WFIRST, qui doit succéder à James-Webb. L'observatoire aéroporté Sofia est lui aussi sur la sellette pour cause de retour scientifique jugé insuffisant.

Ce budget qui, rappelons-le, n'est en l'état qu'une « requête présidentielle » dans le jargon américain, va maintenant suivre un parcours législatif codifié avant qu'il ne soit définitivement adopté le 30 septembre 2020, après que le Congrès réuni en séance plénière (Chambre et Sénat) l'agrée. Entre-temps, la Chambre et le Sénat auront eu la possibilité de l'adapter ou le modifier si nécessaire. 


NASA : plus d'argent pour l'exploration spatiale

Article de France -science publié le 06/07/2005

C'est une approbation massive que vient de donner la Chambre des Représentants à la nouvelle politique spatiale américaine Vision for Space Exploration.

Toutes les demandes concernant le financement de la NASA et de l'exploration de la Lune et de Mars faites par le Président Bush ont reçu un feu vert. Le vote par 418 voix contre 7 du Science, State, Justice, Commerce, and Related Agencies Appropriations Act de 2006 attribue donc comme prévu à l'agence spatiale un budget en hausse de 2,4% par rapport à l'exercice précédent, soit 16,5 milliards de dollars en tout.

Les programmes d'exploration du système solaire et de la navette spatiale sont les mieux lotis avec respectivement 3,1 et 4,53 milliards de dollars. Les montants alloués à l'aéronautique et la recherche (hors exploration) restent inchangés, à hauteur de 906 millions de dollars et 5,51 milliards de dollars.

Quant aux autres institutions scientifiques, l'évolution de leurs budgets reste plus mitigée : + 0,5% pour les National Institutes of Health (NIH), - 0,4% pour le budget de la recherche du Department of Energy (DOE), + 2,3% pour les activités de recherche et développement (R&D) de la National Science Foundation (NSF) et + 1,3% pour la R&D du Department of Homeland Security (DHS).

Ce vote qui rejoint dans l'ensemble la proposition présidentielle reste maintenant à confirmer au Sénat.

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