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Sur Mars, Opportunity s'offre un record de longévité

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Premier rover de la mission MER, Opportunity vient de battre la sonde Viking 1 pour le temps de fonctionnement sur la surface de Mars. L'occasion de rappeler les grands moments de cette mission scientifique exceptionnelle.

Opportunity (au premier plan) en route pour le cratère Endeavour qui pourrait nous en apprendre beaucoup sur l'histoire de l'eau. Crédit Nasa

Le 20 mai, le rover Opportunity de la mission MER de la Nasa a battu le record de longévité d'un engin en activité sur la planète Mars détenu depuis 1982 par la sonde Viking 1 qui a fonctionné pendant 6 ans et 116 jours (en années et jours terrestres). Spirit, le second rover de la mission, pourrait s'approprier ce record si la Nasa réussit à reprendre son contrôle, le rover semblant définitivement ensablé.

En orbite, le record de longévité est détenu par la sonde Mars Global Surveyor qui a fonctionné pendant plus de 9 ans après son arrivée en 1997. Mars Odyssey, qui tourne autour de la planète depuis 2001, devrait lui ravir ce titre à la fin de l'année.

Cette performance est d'autant plus remarquable que les deux rovers ont été conçus pour une mission de 90 jours. Depuis leur atterrissage sur la Planète rouge, Spirit a parcouru 7,73 kilomètres et Opportunity 20,67 kilomètres. Cette longévité s'explique en partie par la qualité des équipements qui résistent mieux que prévu aux contraintes du climat martien et par le soin que prennent les ingénieurs du JPL à tracer les routes des rovers mais aussi par les incessants dust devils. Ces tourbillons de sable survenant ici et là balaient les rovers, les débarrassant des poussières qui s'accumulent notamment sur les panneaux solaires.

Cependant, Spirit est ensablé depuis novembre 2009 vers la formation circulaire appelée Home Plate. La Nasa a bon espoir de le sortir de son hibernation forcée. En effet, l'ensoleillement des panneaux solaires devient de plus en plus favorable de sorte que les batteries pourraient se recharger suffisamment pour communiquer avec la Terre. Pour Opportunity, l'augmentation attendue de la puissance de ses panneaux solaires devrait lui permettre de traverser sans coup férir la plaine qui le sépare de son objectif, le cratère Endeavour. Un objectif qui pourrait faire avancer nos connaissances sur l'histoire de l’eau et des conditions climatiques et géologiques propres à l'époque de la formation de ce cratère. Des observations orbitales ont montré qu'il contient des minéraux argileux ne pouvant se former qu'en présence d'eau.

Que d’eau, que d'eau !

Spirit a été lancé le 30 mai 2003 et s'est posé sans encombre le 4 janvier 2004 à l'intérieur du cratère Gusev, à 15 degrés sud de l'équateur de Mars. D'un diamètre d'environ 165 km, ce cratère a probablement été formé il y a trois à quatre milliards d'années quand un astéroïde géant s'est écrasé au sud de l'équateur de Mars. Petite déception juste après l'atterrissage : Spirit ne rencontre que du basalte. Ce désappointement s'évapore rapidement quand des indices montrent que ce basalte a été altéré par de l'eau. Le rover a également analysé de nombreux affleurements rocheux. Un de ces affleurements porte des strates dont les pierres semblent arrondies, laissant supposer qu'elles ont été roulées par de l'eau ou dans du matériel boueux.

Quant à Opportunity, il a quitté la Terre le 25 juin 2003 et s'est posé le 25 janvier 2004 dans Meridiani Planum, près d'un affleurement rocheux, le cratère Concepcion. Cette plaine désertique au relief peu prononcé, située à 2 degrés sud de l'équateur, renferme une forte concentration d'oxyde de fer. Des études orbitales ont montré que ce site était riche en hématite, un minéral suggérant la présence d'eau liquide passée. Opportunity a découvert des strates obliques. Or ces stratifications ne peuvent se former que sous un courant d'eau... Mieux encore, le rover a découvert des milliers de petites billes, rapidement baptisées myrtilles en raison de leur couleur bleutée. Très riches en oxyde de fer, leurs équivalentes sur Terre sont dans 90% des cas d'origine bactérienne ! Mais ces concrétions ferreuses peuvent avoir aussi d'autres origines. A suivre donc.

Opportunity a également étudié des roches, qui, vues de dessus, présentent un réseau de fentes polygonales, comme une argile qui se rétracte. Sur Terre ces fentes de rétraction sont habiutellement formées par dessiccation. Dernier indice montrant que l'eau a bel et bien coulé dans cette région : l'existence de strates festonnées. Sur Terre, de tels festons, symétriques, indiquent que la boue s'est déposée dans de l'eau clapotant, sous une profondeur d'eau de quelques centimètres.

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