Le site d'atterrissage du rover Curiosity de la Nasa. Après la Lune, et en attendant une nouvelle mission sur l’astre sélène, c’est au tour de l'Inde de viser la Planète rouge. Si rien ne contrarie ses plans, elle devrait lancer sa sonde martienne Maangalyaan à la fin du mois d'octobre. © Nasa, JPL-Caltech, University of Arizona

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Maangalyaan, la sonde martienne de l'Inde, sera lancée fin octobre

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L'Inde poursuit son apprentissage de l'exploration robotique. Après une sonde en orbite autour de la Lune, l'agence spatiale indienne va s'aventurer dans l'espace profond et lancer une sonde à destination de la Planète rouge. Décollage en octobre.

Les préparatifs du premier lancement d'une sonde indienne à destination de Mars vont bon train. L'Isro, l'agence spatiale indienne, a débuté l'assemblage du lanceur qui sera utilisé pour cette mission. Il s'agit de la version la plus puissante de la famille PSLV, dont ce sera la 25e utilisation. Ce lanceur, un PSLV-XL, a été utilisé à cinq reprises, notamment en octobre 2008 pour lancer la sonde lunaire Chandrayaan-1.

Le lancement de Maangalyaan, le nom de la mission martienne, est prévu à l'intérieur d'une fenêtre de tir qui s'ouvre le 31 octobre et se referme le 7 novembre. Si pour une raison ou une autre l'Inde rate cette fenêtre de tir, les opportunités de lancement suivantes auront lieu au premier trimestre 2016 et en avril et mai 2018, des fenêtres de tir qui seront également utilisées par l'Agence spatiale européenne pour lancer ses deux missions du programme ExoMars (ExoMars 2016 et ExoMars 2018).

L'atmosphère martienne, aujourd'hui ténue, a sans doute été plus épaisse dans le passé, à une époque où la planète était probablement plus accueillante pour la vie. Elle sera l'objet d'études par la première sonde indienne autour de la Planète rouge. © Kees Veenenbos

L'arrivée autour de la Planète rouge est prévue en septembre 2014. Maangalyaan se placera sur une orbite très elliptique autour de Mars, avec un périgée de 500 km et un apogée de 80.000 km. La sonde a pour objectif d'étudier l'atmosphère martienne à l'aide de cinq instruments scientifiques, assez classiques à l'exception d'un spectromètre infrarouge lointain. On compte également une caméra dans le visible, un analyseur de l'exosphère neutre, un détecteur de méthane et un photomètre Lyman-alpha.

Maangalyaan, une mission pour apprendre

En outre, Maangalyaan pourrait voisiner la sonde Maven de la Nasa, qui sera lancée en novembre 2013 et rejoindra la Planète rouge à l'automne 2014. Si elles apparaissent complémentaires dans leurs objectifs (elles vont toutes les deux étudier l'atmosphère martienne sous un angle différent), les similitudes s'arrêtent là. La mission indienne est très classique et fera des observations maintes fois réalisées. Maangalyaan répondra à des questions dont on connaît déjà les réponses, alors que Maven et ses instruments plus sophistiqués s'intéresseront à la perte de l’atmosphère martienne depuis une altitude de seulement 150 km, avec cinq incursions à très basse altitude (125 km).

Cependant, soyons indulgents. Si les objectifs indiens sont limités avec cette mission, c'est la première fois que cette puissance spatiale émergente se frotte à l'espace lointain. Et elle a tout à apprendre. L'escapade de Chandrayaan-1 autour de la Lune, à quelque 360.000 kilomètres de la Terre, n'est rien à côté d'une mission vers Mars de plusieurs dizaines de millions de kilomètres. Pour y parvenir, l'Inde devra maîtriser bon nombre de technologies nouvelles pour elle, et va vite découvrir les joies de la navigation interplanétaire et le stress de l'insertion en orbite autour de Mars.

Enfin, pour communiquer avec sa sonde, l'Inde pourra compter sur le soutien de la Nasa et son réseau d'antennes de l'espace profond, lorsqu'elle ne sera pas en mesure de le faire avec ses propres moyens.

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