Le décollage de Vega pour le vol VV04 avec, à son bord, le démonstrateur de rentrée atmosphérique IXV, en février 2015. © Esa, S. Corvaja

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Le lanceur Vega fait son retour !

ActualitéClassé sous :Astronautique , accès à l'espace , Vega

Arianespace s'apprête à réaliser une mission inédite avec le lancement de 53 satellites d'un coup ! C'est le petit lanceur Vega qui s'en chargera et dont ce sera le retour après son vol raté en juillet 2019. Pour cela, il utilisera un dispenser conçu spécifiquement pour lancer des satellites en grand nombre. C'est aussi la réponse d'Arianespace aux nouveaux lanceurs low cost du « New Space » qui font du lancement des petits satellites leur cœur de métier. 

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Près d'un an après son échec en vol, le lanceur Vega d'Arianespace est de retour avec une mission inédite qui verra le lancement de 53 satellites pour le compte de 21 clients différents. Cinquième mission d'Arianespace en 2020, Vega doit décoller de Kourou en Guyane, dans la nuit de samedi à dimanche à 03 H 51 heure de Paris. Ce lancement est à suivre en direct sur le site Internet d'Arianespace.

Pour permettre le lancement d'un si grand nombre de satellite, l'Agence spatiale européenne a financé le développement de la structure SSMS, qui a été développée par Avio et fabriquée par la société tchèque, SAB Aerospace s.r.o. Ce lancement servira à valider ce nouveau service de lancement de petits satellites (SSMS) qu'Arianespace commercialise sur les marchés de lancement des petits et très petits satellites.

Cette structure porteuse, aussi appelée dispenser, permet de lancer en même temps plusieurs petits satellites, dont la masse varie entre 1 kg et 500 kg, afin de répartir les coûts du lancement entre les clients. Ce dispenser n'est pas une structure figée. Il est complètement reconfigurable pour s'adapter au nombre, à la taille, au volume et la masse des satellites à lancer. Ainsi, à l'occasion de ce vol, Vega transportera sept microsatellites (de 15 kg à 150 kg) logés dans la partie supérieure et 46 CubeSats, plus petits, sont installés dans l'Hexamodule de la partie inférieure.

Le dispenser SSMS de Vega qui peut emporter plusieurs dizaines de satellites de 1 à 500 kilogrammes. © ESA, M. Pedoussaut

Des centaines de petits satellites à lancer chaque année 

Pour Arianespace, dont la gamme de lanceurs est plutôt adaptée au lancement de gros satellites, ce dispenser est une nécessité. Il a été développé pour répondre aux besoins d'opérateurs de satellites qui -- avec leurs milliers de petits et micro-satellites attendus ces prochaines années -- sont à la recherche d'un accès rapide et bon marché à l'espace, lequel passe moins par des lanceurs réutilisables que par la possibilité de lancer davantage de satellites et de façon plus régulière.

Ce nouveau service inédit pour Arianespace permet de répartir les coûts du lancement entre les clients et le grand nombre de passagers contribue à faire baisser considérablement le coût au kilo. Ainsi, Arianespace sera en mesure de répondre à la demande du marché des constellations et des petits satellites dont les projections font état de 200 à 300 petits satellites à lancer chaque année au cours de la prochaine décennie. La version à deux boosters d'Ariane 6 dont le premier vol est prévu en 2021, utilisera également un dispenser lui permettant de lancer un grand nombre de satellites.

Cette mission est aussi un signal fort adressé aux lanceurs low cost du « New Space » qui ont fait du lancement de petits satellites de moins de 500 kilogrammes, leur cœur de métier.

Le lancement de cette cinquantaine de satellites est aussi une très bonne synthèse de ce qu'est l'économie du spatial. Un rapide coup d'œil sur les missions de ces satellites montre la très grande variété des secteurs d'activités concernés tels que l'observation de la Terre, les télécommunications, la recherche scientifique, le développement ainsi que la démonstration de nouvelles technologies et de nouveaux concepts, ou l'éducation, par exemple. Parmi tous ces satellites, citons Iris, le deuxième satellite de surveillance des émissions de méthane de GHGSat. Nous aurons bientôt l'occasion d'en reparler.

  • Vega pourra lancer jusqu'à 81 satellites lors d'un même vol.
  • Pour cela, le plus petit lanceur de la gamme d'Arianespace utilisera un dispenseur spécifiquement développé pour lui. 
  • Ce sera la première fois qu'Arianespace pourra déployer, avec un lanceur européen, un nombre très important de petits et nanosatellites.
  • Ariane 6 aura également une capacité similaire, mais à l'horizon 2021.
Pour en savoir plus

Le lanceur Vega pourra envoyer 80 satellites en même temps

Article de Rémy Decourt publié le 16/08/2018

Arianespace continue à se diversifier pour répondre à tous les segments du marché du lancement de satellites. Pour répondre au marché en très forte croissance des petits et très petits satellites, qui nécessite des lancements multiples, Arianespace et Avio mettent au point, avec l'Agence spatiale européenne, un dispenseur qui permettra de lancer des dizaines de satellites lors d'un même vol. Le vol de démonstration est prévu en 2019 avec déjà plusieurs satellites en commande !

L'arrivée réussie de SpaceX sur le marché du lancement de satellites ouvert à la concurrence a contraint ArianeGroup à réagir avec la mise en développement d'Ariane 6. Il y a aussi un autre secteur du marché du lancement de satellite où Arianespace est aussi en train de préparer son futur. C'est celui du lancement multiple de petits et très petits satellites, dont le marché connaît une croissance vertigineuse avec 7.000 petits satellites à mettre sur orbite d'ici 2027 (source Euroconsult).

Il faut aussi savoir que plus de 80 % de ces 7.000 satellites appartiennent à cinquante constellations dont deux d'entre elles sont des constellations géantes avec plus de 1.000 satellites à terme. Et pas question de les lancer un par un. En d'autres termes, il y a un marché très significatif pour le lancement multiple de petits satellites estimé à plus de 15 milliards de dollars !

Le futur dispenseur SSMS de Vega pour les lancements multiples de petits satellites. © ESA

Afin de répondre à ce besoin, Arianespace prépare la mise en service commercial d'un nouveau dispenseur modulaire dédié au lancement multiple de microsatellites. Baptisé SSMS (Small Spacecrafts Mission Service), cet adaptateur multiple est développé par Avio, sous contrat de l'Agence spatiale européenne et financé en partie par la Commission européenne. Il est conçu pour lancer 81 satellites lors d'un même lancement ! En effet, il pourra « embarquer » jusqu'à neuf satellites de 100 à 150 kg en position haute et plusieurs conteneurs pouvant emporter jusqu'à 72 plus petits satellites en position basse (typiquement des CubeSats ou des nanosatellites).

Un vol de démonstration en 2019 avec plusieurs dizaines de satellites à lancer !

Ce dispenseur n'est pas développé pour la famille Ariane 6 (qui aura également le sien à l'horizon 2021) mais pour Vega, puis Vega C, autres lanceurs de la gamme Arianespace, dont les performances sont mieux adaptées pour le lancement multiple de petits satellites en orbite basse.

Le vol de démonstration du service SSMS de Vega est prévu en 2019. Arianespace a d'ores est déjà débuté la commercialisation de cette mission afin de trouver jusqu'à 81 satellites à lancer. Le remplissage de la coiffe semble bien se passer avec déjà quatre clients dévoilés. Le dernier contrat de lancement multiple en date a été conclu avec Spire Global il y a quelques jours. Ce fournisseur de données météorologiques, maritimes et aéronautiques à des clients publics et privés, exploite la constellation de CubeSats Lemur. Plusieurs d'entre eux seront donc lancés lors de ce vol inaugural. D'une masse au lancement de cinq kilogrammes, ils sont conçus pour une durée de vie nominale de deux à trois ans, une fois placés sur une orbite héliosynchrone à 500 kilomètres d'altitude.


Le lanceur Vega a réussi ses épreuves de qualification

Article de Rémy Decourt publié le 17/01/2016

Entre 2012 et 2015, le jeune lanceur Vega a suivi une série d'épreuves, dans le cadre du programme de démonstration Verta. Au cours de cinq vols, qui furent autant de tests, comme celui de l'IXV, démonstrateur de rentrée atmosphérique contrôlée, Vega a prouvé ses capacités et aussi montré des défauts de jeunesse, qui ont pu être corrigés. Arianespace peut maintenant démarrer la phase d'exploitation avec un bon lanceur pour les satellites institutionnels européens de 1.500 kg, un créneau dont l'entreprise était absente.

L'année 2016 sera celle de l'entrée en exploitation de Vega, le plus petit lanceur d'Arianespace. Au côté d'Ariane 5 et Soyouz, il complétera la gamme d'Arianespace qui peut ainsi proposer des services de lancement répondant à tous les besoins de mission, d'orbite et de masse. Conçu pour répondre à des besoins institutionnels européens et commerciaux, Vega propose, depuis le Centre spatial guyanais, des solutions de lancement en orbite basse, en configuration de lancement simple ou multiple, pour des satellites légers, d'une masse allant de quelques kilogrammes à plus de 1.500 kg.

Après un premier vol de qualification réussi en février 2012, Vega a entamé une série de cinq vols de démonstration, tous différents et réalisés dans le cadre du programme Verta (Vega Research and Technology Accompaniment), de l'Esa (l'Agence spatiale européenne). Ce programme visait à démontrer la flexibilité du lanceur, à traiter un certain nombre d'obsolescences et à permettre l'industrialisation du système de lancement de Vega ainsi que l'augmentation de la cadence des lancements pour un objectif de trois par an.

Le premier vol Verta a eu lieu en mai 2013 avec le lancement des satellites Proba V et VNREDsat 1A, accompagnés du cubesat ESTCub-1. Ce vol a donc qualifié la capacité de lancement multiple, importante pour ce lanceur car ce genre de mission devrait représenter de l'ordre du tiers de ses tirs. Le deuxième lancement, en mai 2014, fut celui du satellite DZZ-HR, du Kazakhstan, amené sur une orbite héliosynchrone. Cette orbite sera le marché principal de Vega.

Un lanceur Vega sur son pas de tir du Centre spatial guyanais. Il est lancé depuis l’Ensemble de lancement 1 (Ela-1), autrefois utilisé par les premières Ariane. Ce pas de tir a été modernisé et a pris le nom d’Ensemble de lancement Vega (ELV). © Esa, S. Corvaja

Trois lancements en 2015, la cadence visée pour l'exploitation

Suivra en février 2015 le lancement du démonstrateur de rentrée atmosphérique IXV. Il s'était différencié d'un lancement de satellite par l'injection de la charge utile sur une trajectoire de retour vers la Terre. De plus, ce tir s'est fait vers l'est alors que la plupart des clients de Vega l'utiliseront pour lancer vers le nord. On signalera l'utilisation, au sol, d'un radar de flanquement afin de suivre le lanceur sur le côté, ce qui évite d'être gêné par les flammes. Le raffinement n'est pas un luxe car lors du vol inaugural de Vega, la communication radio avec le lanceur a été perdue durant une partie de la première phase du vol. En cause, justement : les effets de flammes, engendrés par la combustion des étages à propergol solide et qui génèrent des émissions de particules métalliques atténuant les signaux radio.

Enfin, Sentinel-2A, lancé en juin 2015, a été séparé en orbite avec une précision de l'ordre de 100 mètres. Une faible quantité d'ergols a été consommée pour atteindre son orbite définitive, ce qui a permis d'augmenter de façon très significative sa durée de vie. Le dernier tir Verta a eu lieu en décembre 2015 avec le lancement du satellite scientifique Lisa Pathfinder, un démonstrateur pour le projet de détecteur spatial d'ondes gravitationnelles. Deuxième lancement vers l'est, ce tir était aussi le troisième réalisé au cours de l'année, soit la cadence de référence pour la commercialisation du lanceur dans la phase d'exploitation.

Ces vols Verta ont été aussi l'occasion d'apporter progressivement de nombreuses petites améliorations pour optimiser la performance du lanceur, traiter les anomalies issues de la qualification initiale, réduire la durée d'une campagne et les coûts du service de lancement. Ce programme a démontré qu'une cadence de lancements de trois tirs par an ne posait pas de problème particulier de production industrielle des différents éléments du lanceur.

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