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L'Inde veut des hommes dans l'espace et un lanceur réutilisable

ActualitéClassé sous :Astronautique , Inde , ISRO

L'Inde, l'autre puissance spatiale émergente d'Asie, veut faire aussi bien que son encombrante voisine, la Chine. Voire mieux. Ses ambitions sont élevées : lancer un vol habité avant la fin de la décennie et créer un système de lancement de satellite réutilisable, bref, une navette inhabitée.

Projet indien de lanceur réutilisable à deux étages en forme de navette spatiale. © Isro

Si les industriels du secteur spatial et la plupart des agences spatiales s'intéressent de près ou de loin à la réutilisabilité des lanceurs, l'Inde est le seul pays qui fait le pari du tout réutilisable pour accéder à l'espace. Pourtant, elle dispose d'une famille de lanceurs qui répond en grande partie à ses besoins. Actuellement, elle développe un lanceur réutilisable à deux étages de type TSTO (Two Stage To Orbit) qui ressemblera à une navette spatiale. Aucune date de lancement n'a été annoncée mais on suppose qu'un démonstrateur pourrait être testé en vol dès cette année. Autre projet lié à la réutilisabilité, la capsule de retour d’orbite SRE (Space capsule Recovery Experiment) conçue pour faire voler des expériences (50 kg) en impesanteur, puis de les ramener au sol.

L'Europe, elle, a décidé que le lanceur de nouvelle génération (NGL) qui remplacera l'actuelle famille Ariane, à l'horizon 2025, ne sera pas réutilisable.

Le tout réutilisable, une fausse bonne idée ?

Cette idée de la réutilisabilité pourrait rapidement devenir une impasse. Sur le papier, l'utilisation d'un lanceur réutilisable a de quoi séduire d'autant plus que sa fiabilité s'accroît grâce à la correction progressive des défauts rencontrés sur le matériel au fur et à mesure de son utilisation.

Pour beaucoup, cependant, il est encore trop tôt pour se lancer dans le développement d'étages réutilisable capables de performances significatives. Les technologies nécessaires pour ce type d'étage ne sont que partiellement assimilées. Quant aux lanceurs d'aujourd'hui, leur conception ne permet pas d'envisager une réutilisation des matériaux. Notamment ceux utilisés pour la protection thermique et la construction des étages. 

La navette spatiale, aujourd'hui mise au rebut, n'était que partiellement réutilisable, de sorte qu'il fallait plusieurs mois entre chaque vol afin d'effectuer sa révision. © idé

Des Indiens bientôt dans l'espace ?

La réutilisation d'un étage est un véritable casse-tête logistique et, du coup, un non-sens économique. Entre sa récupération, sur terre ou en haute mer, la remise en état, sa certification pour le vol et son intégration au lanceur, la réutilisation se révèle plus longue et plus coûteuse qu'un étage consommable construit en une dizaine d'exemplaires chaque année. L'exemple de la navette spatiale est édifiant. Seul système opérationnel partiellement réutilisable (le réservoir ventral et les boosters d'appoint étaient perdus), il nécessitait plusieurs mois de révision entre deux vols alors qu'il devait réaliser des dizaines de vols par an !

Autre programme d'envergure, l'envoi de gaganautes (nom donné aux astronautes indiens) dans l'espace. Malgré un coup d’arrêt dans son programme spatial, en raison d'échecs survenus en 2010, l'Inde réaffirme qu'elle sera prête à lancer par ses propres moyens deux astronautes d'ici la fin de cette décennie. Ils voleront à bord d'une capsule spatiale maison lancée par un GSLV qualifié pour le vol humain. Dans cette optique, l'Isro a ouvert à Bangalore un centre de formation des astronautes. L'objectif est d'en préparer au moins quatre afin que deux d'entre eux réalisent un vol orbital de plusieurs jours.

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