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En image : visitez Hebes Chasma, l'un des grands canyons martiens

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Grâce aux images capturées par la sonde spatiale européenne Mars Express (Esa), explorez avec un niveau de détail inégalé les reliefs d'Hebes Chasma, un vaste canyon martien rongé par des milliards d'années d'érosion.

Profond d'environ 8 km, le canyon d’Hebes Chasma s'étend sur 315 km de long et 125 km de large, au nord de l'immense Valles Marineris. Cette image est une mosaïque de huit images prises en haute résolution entre 2004 et 2009, par la caméra HRSC de Mars Express. © G. Neuku, Esa, DLR, FU Berlin

La Planète rouge présente une grande variété de paysages avec lesquels nous sommes de plus en plus familiarisés. D'ailleurs, il n'est pas rare d'en rencontrer qui font écho à ce que nous connaissons sur Terre : ici des volcans, certes géants, là des vallées de débâcles ou des rivières asséchées. Sans oublier des canyons aux dimensions démesurées tels Valles Marineris, le plus célèbre du système solaire, qui s'étire sur près de 4.000 km. Une impressionnante balafre sur le visage de Mars, parfaitement visible de l'espace.

La région compte plusieurs cicatrices, toutes formées vraisemblablement au cours du premier milliard d'années de l'histoire de la planète. Pour les exogéologues, leur origine est à chercher du côté du soulèvement des volcans titanesques du groupe des monts Tharsis que domine l'immense mont Olympe, haut de 23 km et aussi large que la France. Etirée, la croûte martienne se serait ensuite brisée, échancrée en de multiples points. Des milliards d'années après cet épisode géologique, nous découvrons ces plaies béantes transformées par l'érosion, grâce aux caméras des orbiteurs présents sur place.

Tout près de l'équateur martien, s'étend la plaie béante d’Hebes Chasma, entre Valles Marineris et Echus Chasma. © MGS MOLA Science Team, Nasa

L’étrange canyon d’Hebes Chasma sur Mars

À environ 300 km au nord de Valles Marineris, se trouve Hebes Chasma (images ci-dessus et ci-dessous), une autre blessure dans la région. Le canyon s'étend d'est en ouest sur quelque 315 km, et du nord au sud sur 125 km, pour une profondeur de près de 8 km ! En examinant de plus près la mosaïque de huit images très détaillées, capturées entre 2004 et 2009 par la caméra HRSC (High Resolution Stereo Camera) de la sonde Mars Express, les scientifiques ont relevé plusieurs points intéressants.

Vue en perspective de l'antre du canyon où subsiste une mesa. Les traces importantes d'érosion révèlent la fragilité des roches et des sédiments lacustres. © G. Neuku, Esa, DLR, FU Berlin

Celui qui retient le plus leur attention est le long plateau, ou mesa, subsistant au centre de la dépression dont le sommet est à la même altitude que le milieu environnant. Les données acquises par MRO (Mars Reconnaissance Orbiter) de la Nasa et la sonde spatiale européenne montrent que ses parois, hormis les matériaux d'origine volcanique que l'on retrouve enfouis dans toute la région, se caractérisent par des couches de sédiments lacustres, et sont tapissées de poussières étalées et déplacées par les alizés ou divers éboulements.

Structure en forme de fer à cheval à une extrémité de la mesa. Surgie de couches intermédiaires, une coulée noire attire l'attention. © G. Neuku, Esa, DLR, FU Berlin

L'une des curiosités de ce paysage abîmé est la partie en forme de fer à cheval, visible à l'une de ses extrémités. Sur les gravats d'une paroi effondrée, on distingue une longue coulée de matériaux sombres terminée, en contre-bas, par une étrange flaque d'encre noire. Il n'est pas exclu qu'une fonte brutale de glace ou l'épanchement de réservoirs souterrains en soient à l'origine.

Impossible de rater les multiples sillons gravés sur les pentes de la mesa, témoignages de la relative fragilité des roches de l'édifice. Leur étude a révélé la présence de minéraux hydratés, qui ne se forment qu'en présence durable d'eau liquide. Un lac a probablement occupé cette profonde dépression durant au moins plusieurs milliers d'années avant de disparaître. Soumis à l'érosion des vents, de l'eau et des effondrements de terrains, le canyon d'Hebes Chasma ne cesse de s'agrandir.

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