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Des Hommes et des robots dans l'espace : la Russie affiche ses ambitions

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La Russie veut renforcer son secteur spatial et rattraper son retard sur les autres puissances spatiales. Pour cela, Vladimir Poutine en fait une priorité dans sa politique, et compte y investir jusqu'à 40 milliards de dollars d'ici 2020.

À l'image de ce technicien russe regardant au loin après le retour d'un équipage de l'ISS, le président russe Vladimir Poutine veut sortir le programme spatial de sa torpeur en lui donnant des objectifs ambitieux et le financement qui va avec. © S. Corvaja, Esa

La Russie est consciente de son retard sur les puissances spatiales occidentales et des difficultés de bon nombre de ses programmes (lanceurs, satellites, etc.) qui s'appuient essentiellement sur des technologies héritées de l'ex-URSS. Elle veut retrouver son lustre d'antan, celui qui lui a permis pendant la guerre froide de développer une compétence de premier plan dans tous les domaines spatiaux, notamment celui de l'accès à l’espace.

Lors de la journée de l'espace, qui célèbre en Russie l'anniversaire du vol historique de Youri Gagarine (le 12 avril 1961, le premier Homme dans l'espace), Vladimir Poutine a répété que l'espace restait un secteur d'activité très important, et qu'il allait y investir quelque 40 milliards de dollars d'ici 2020. En marge de cette journée, l'agence spatiale russe Roscosmos a dévoilé un ambitieux programme spatial en droite ligne avec les ambitions de Vladimir Poutine.

L'équipage 35 de l'ISS embarque dans la capsule Soyouz qui l'amènera à bord du complexe. Malgré les problèmes du secteur spatial russe, les vols habités sont le maillon fort du programme spatial. © Carla Cioffi, Nasa

Roscosmos veut renforcer l’exploration robotique

La surprise de ce plan vient du renforcement de l'exploration robotique et des services spatiaux. Le secteur des lanceurs reste une priorité avec le développement d'une nouvelle famille de lanceurs et la construction du cosmodrome Vostochny dans l'extrême-orient russe. Mais il devra tenir compte de cette nouvelle donne et ne pourra plus accaparer la majeure partie du budget du programme spatial russe, comme c'est le cas aujourd'hui.

L'exploration devient donc une priorité. Elle se concrétise par un accord avec l'Agence spatiale européenne (Esa) portant sur la participation à la mission ExoMars, une probable mission à destination de Ganymède et un important programme lunaire. Entre 2015 et 2022, la Russie prévoit le lancement de cinq missions à destination de la Lune, dont une de retour d'échantillons, prélude à l'implantation d'une base lunaire inhabitée qui serait fréquemment visitée par des missions habitées à l'horizon 2040.

Le retour de la Russie comme puissance spatiale a pris forme au début des années 2000, avec la restructuration de son secteur spatial qui s'est traduite par une baisse du nombre d'industries et la réduction des surcapacités du secteur. Cette remise en cause du modèle russe ne s'est pas faite sans mal. Le remplacement d'une main-d'œuvre vieillissante rompue aux systèmes qui datent des années 1960 par de jeunes ingénieurs et techniciens aux salaires guère attrayants a vraisemblablement une part de responsabilité dans les problèmes de fiabilité et de qualité rencontrés ces dernières années. Ils ont provoqué quelques échecs, dont certains significatifs comme la perte de la sonde Phobos-Grunt.

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