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Hebdo - L'avenir de l'ISS est-il suspendu à la politique iranienne ?

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La navette spatiale n'a pas atteint ses objectifs. Dans l'euphorie des premiers vols, la Nasa pronostiquait un taux de fiabilité de 99,99% et un vol par semaine, entraînant une chute spectaculaire du coût de la mise en orbite. Deux catastrophes et 14 morts plus tard, on sait ce qu'il en est advenu. Actuellement, l'engin vole quatre fois par an et son coût d'exploitation a atteint de tels sommets que plus aucune charge utile privée ne lui est confiée.

Vue d'artiste de la Station Spatiale Internationale.

Mais cet échec déborde largement des frontières des USA. Suspendu à l'utilisation des navettes, l'avenir de la Station Spatiale Internationale s'assombrit. A mi-chemin de sa construction, le vaste Meccano doit encore recevoir ses éléments européens, russes, japonais. Les recevra-t-elle un jour ? Quinze missions restent programmées avant que le grand oiseau blanc ne replie définitivement ses ailes... et la première vient déjà d'être ajournée "d'au moins six mois", pour raisons techniques. Encore un incident, et la navette pourrait se voir définitivement clouée au sol, figeant la Station dans sa configuration actuelle, à peine suffisante pour abriter un équipage de trois personnes, contre douze initialement prévues.

Mais ce n'est pas tout. En manque de vaisseau habité et alors que le CEV (Crew Exploration Vehicle - successeur de la navette) ne volera probablement pas avant 2012, les Américains se retrouvent totalement tributaires du Soyouz russe, notamment pour les transferts d'équipage. Oui mais voilà, l'état de décrépitude de leur économie ne permet pas aux Russes "d'offrir" ce vaisseau, dès lors facturé 20 millions de dollars pièce.

J'ignore si vous avez lu l'actualité récente... Mais la décision de l'Iran de reprendre ses activités nucléaires pourrait bien être le grain de sable qui enrayera définitivement le programme spatial habité américain. L'enrichissement de l'uranium iranien devrait s'effectuer à Bouchehr, dans une centrale nucléaire que les Russes construisent actuellement dans le sud du pays pour une facture de 800 millions de dollars. Or, le Iran-Contra Act I interdit formellement à toute administration américaine, y compris la Nasa, de rémunérer une puissance qui aiderait techniquement le programme nucléaire iranien.

Les Etats-Unis ont fait connaître leur intention de porter le dossier devant le Conseil de Sécurité en vue de sanctions internationales, si Téhéran ne renonce pas d'ici le 3 septembre à ses activités nucléaires. Passé ce cap, toute transaction devenant impossible entre les USA et la Russie, toutes les portes pourraient progressivement se refermer sur l'ISS dont l'avenir se teinterait à jamais de noir.

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