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Le déploiement du radar de Mars Express retardé à une date indéterminée

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Contrairement à ce que nous annoncions mardi dernier, l'agence spatiale européenne (ESA) a finalement décidé de retarder le déploiement de l'antenne de 40 mètres du radar Marsis qui équipe la sonde Mars Express, pour une raison qui fait frémir.

Le déploiement du radar de Mars Express retardé à une date indéterminée

Si Marsis est le premier radar jamais embarqué sur une sonde spatiale martienne, l'équipe responsable de sa mise au point travaille actuellement à la construction d'un modèle amélioré, Sharad, qui volera sur l'orbiteur américain MRO en 2005. En étudiant numériquement le déploiement du radar Marsis grâce à un logiciel développé pour Sharad, les ingénieurs ont découvert que cette opération pourrait échouer de manière dramatique, et mettre éventuellement la sonde en péril.

L'antenne pourrait effectivement se comporter comme un fouet et frapper, au cours d'oscillations intempestives, le corps de l'orbiteur. Le matériel qui constitue l'antenne est certes léger, mais le risque que le choc modifie l'attitude de Mars Express (c'est à dire l'orientation de la sonde dans l'espace), ou pire endommage sa structure n'est pas nul.

Étant donné que Mars Express, qui fonctionne actuellement de manière optimale autour de Mars, embarque cinq instruments dont les premières versions avaient fini dans les eaux du pacifique avec la sonde Mars 96 en novembre 1996, l'ESA a décidé de ne prendre aucun risque et a reporté le déploiement de l'antenne radar à une date indéterminée. Des tests vont être réalisés avec un modèle numérique mieux adapté à Mars Express pour vérifier si le jaillissement des deux segments de 20 mètres de longueur de l'antenne sous l'impulsion d'un ressort risque effectivement de compromettre la mission.

Capable de sonder la surface martienne sur plusieurs kilomètres de profondeur, Marsis est l'un des joyaux de Mars Express. Cet instrument devrait nous permettre en particulier de détecter des poches de glace enfouies dans le sous-sol martien et qui pourraient, si l'on en croit les indices relevés par de nombreuses sondes martiennes, affleurer à proximité immédiate de la surface dans les hautes latitudes. Sharad, le radar de MRO, possédera une meilleure résolution que Marsis, mais ne pourra sonder que les premiers centaines de mètres du sol martien. Sharad apparaît donc comme un instrument complémentaire de Marsis, et ne pourra donc pas totalement remplacer le radar de Mars Express en cas de défaillance du système de déploiement de ce dernier.

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