« Lever de Terre » photographié par la sonde japonaise Kaguya (la Terre est immobile dans le ciel de la Lune). © Jaxa, NHK

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Chandrayaan-2 : le débarquement indien sur la Lune peut-être reporté

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Dix ans après sa première mission à destination de la Lune, l'Inde et son Agence spatiale ont de nouveau la Lune en point de mire. Cette fois, l'objectif est autrement plus difficile car la nouvelle mission Chandrayaan-2 ne prévoit pas seulement un orbiteur, comme pour la première mission lunaire, mais aussi un atterrisseur et un rover. Le lancement de cette mission est prévu courant avril, mais le tir pourrait être reporté à cet automne, deux satellites devant être lancés auparavant.

L'Agence spatiale indienne, l'ISRO, pourrait être contrainte de reporter d'avril à cet automne le lancement de sa deuxième mission à destination de la Lune. Ce report, s'il devait se confirmer, ne sera pas dû à un problème technique ni à des essais au sol qui ne se dérouleraient pas comme prévu. Les plans de l'ISRO pourraient être en effet contrariés par le lancement de deux satellites avant Chandrayaan-2, dont les tirs ne peuvent pas être reportés.

Il y a le satellite de télécommunication Gsat-6A, prévu fin mars et surtout IRNSS-1I dont le lancement est prévu la première semaine d'avril. Ce satellite de la constellation IRNSS, aussi appelée NavIC (le Galileo indien), est un satellite destiné à remplacer en urgence IRNSS-1A, dont les trois horloges atomiques ont cessé de fonctionner voilà déjà plus de deux ans. Le 31 août 2017, l'Inde avait bien lancé IRNSS-1H pour le remplacer, mais le tir avait échoué. Le lanceur n'avait pas atteint l'orbite voulue suite à un problème avec la coiffe qui protégeait le satellite.

Chandrayaan-2 pourrait rater sa fenêtre de lancement

Il faut savoir que les opportunités de lancer à destination de la Lune ne sont pas nombreuses. Bien que la Lune soit située à proximité de la Terre, à quelque 384.400 kilomètres en moyenne, les fenêtres de tir pour la mission ne sont pas aussi nombreuses que pourrait laisser penser cette proximité. Si l'ISRO n'est pas en mesure de lancer la mission en avril, la prochaine opportunité n'est pas prévue avant octobre ou novembre. En effet, bien qu'un lancement entre ses deux dates est évidemment possible, le retour scientifique et l'utilisation du rover seraient moindres. Les éclipses ne permettraient pas à la mission d'utiliser la totalité de la journée lunaire, équivalente à 14 jours terrestres. C'est pourquoi le meilleur moment pour lancer la mission après le mois d'avril est celui d'octobre.

À la différence de la mission Chandrayaan-1 qui avait consisté, en 2008, à tourner autour de la Lune, Chandrayaan-2 vise cette fois à atterrir sur la surface de la Lune, près du pôle Sud. Cette mission est bien plus difficile « car, pour la première fois, nous allons envoyer sur la Lune un orbiteur, un atterrisseur et un rover. La date du lancement est prévue courant avril et il faudra un à deux mois à la fusée pour se mettre en orbite autour de la Lune », explique Kailasavadivoo Sivan, le nouveau président de l'Agence spatiale indienne.

  • Avec un orbiteur, un atterrisseur et un rover, Chandrayaan-2 est la mission d'exploration robotique la plus ambitieuse développée par l'Inde.
  • Malgré un retard sur le planning initial, les difficultés de développement ont laissé place à une mission prête à décoller cette année.
  • En raison de satellites à lancer avant Chandrayaan-2, la date de lancement est incertaine. Ce sera soit en avril, soit cet automne.
Pour en savoir plus

Chandrayaan-2, le débarquement indien sur la Lune, se prépare

Article de Rémy Decourt, publié le 03/09/2010

L'Agence spatiale indienne vient de dévoiler une première sélection d'instruments scientifiques qui pourraient embarquer sur la sonde lunaire Chandrayaan-2. La mission reprendra le flambeau de Chandrayaan-1 à qui l'on doit la découverte d'eau sur le sol lunaire.

Si Chandrayaan-1 s'est contentée de tourner autour de la Lune, Chandrayaan-2 est une mission nettement plus ambitieuse : elle fera atterrir un rover. Pour réaliser cette prouesse technique, l'Inde s'est tournée vers la Russie qui fournira l'atterrisseur. La sonde doit être lancée en 2013 par une fusée GSLV et damer le pion à son rival chinois qui prévoit également un atterrissage lunaire à cette époque.

Lancée en octobre 2008, Chandrayaan-1 a fonctionné jusqu'en août 2009. Elle a duré dix mois au lieu des deux ans prévus. Grande première pour l'Agence spatiale indienne (Isro), cette mission est indéniablement un succès technologique. Le bilan scientifique, terni par la faible durée de vie opérationnelle, est néanmoins exceptionnel. Chandrayaan-1 est l'une des sondes qui a confirmé la présence d'eau sur le sol lunaire. Son instrument capable de mesurer la quantité de lumière absorbée par de l'eau a en effet découvert que la lumière était absorbée près des pôles lunaires à des longueurs d'onde compatibles avec la présence d'eau et de radicaux d'hydroxyle OH.

Scénario de la mission Chandrayaan-2 qui sera lancée à l'automne 2018. Crédit Isro

Transformer l’essai

Chandrayaan-2 aura comme principal objectif de confirmer les hypothèses avancées grâce à cette première mission. L'orbiteur sera équipé de cinq instruments. Un spectromètre X permettra de tracer les cartes de la distribution des principaux éléments présents sur la surface tandis qu'un radar à synthèse d'ouverture en bandes L et S devra sonder les dix premiers mètres du sous-sol lunaire pour en caractériser la composition et découvrir de la glace d'eau. Un spectromètre imageur dans l'infrarouge sera utilisé pour l'étude des minéraux, des molécules d'eau H2O et des radicaux hydroxyle OH détectés également par l'américaine Deep Impact et la mission conjointe Esa-Nasa Cassini. Enfin, un spectromètre de masse procédera à une étude détaillée de l'exosphère lunaire et une carte en trois dimensions sera produite par un instrument dédié.

Quant au rover, il embarquera deux instruments. Un spectroscope d'émission sur plasma induit par laser et un spectromètre à particules alpha et rayons X renseigneront les chercheurs sur les échantillons qu'il aura ramassés.

Les caractéristiques de ce rover ne sont pas complètement figées. La masse de l'engin et sa durée de vie sur le sol lunaire dépendent en effet de paramètres qui sont en cours d'étude. Concrètement, les ingénieurs de l'Isro planchent sur un engin d'une masse comprise entre trente et une centaine de kilogrammes. Cette fourchette s'explique par l'incertitude sur la façon de faire atterrir le rover. Quant à la durée de vie, elle sera d'environ un mois et dépendra des choix technologiques qui seront retenus pour la fourniture et le stockage de l'énergie de telle sorte qu'elle pourrait être augmentée de un ou deux mois.

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