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Be a Martian : la Nasa nous invite à travailler sur Mars !

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Dans la lignée du travail collaboratif, la Nasa propose aux internautes de l'aider à cartographier la planète Mars. Il reste en effet à positionner précisément des centaines de milliers d'images prises par les orbiteurs et il faut aussi compter les cratères... Trop long pour la Nasa et ses ordinateurs ! Attendons un peu avant de participer, cependant, car un bug semble tapi au fond des cratères.

La page d'accueil de Be a Martian évoque plutôt l'univers du jeu vidéo. © Nasa

Depuis des années, des engins explorent la Planète rouge, en orbite ou sur le sol. Les instruments expédient les données en permanence et l'album photo comporte aujourd'hui des millions d'images. Le problème actuel... est de traiter les données. Sur Terre, ça coince car les équipes ne sont pas assez nombreuses ni les ordinateurs assez puissants.

L'une des victimes de ce goulot d'étranglement est la cartographie qui pourrait être bien plus avancée qu'elle ne l'est aujourd'hui. La Nasa explique qu'un demi-million de photos prises par les engins satellisés autour de Mars n'ont pas encore été positionnées sur la surface. On sait à peu près, bien sûr, où se trouvent ces paysages photographiés d'en haut mais les pièces de ce puzzle ne pas sont posées avec la meilleure précision possible. Pourtant, le travail est simple : il suffit d'amener l'image sur le fond de carte existant et de la placer comme il faut, pour faire coïncider les détails du relief.

Il faut aussi compter les cratères... Créés par des chutes de météorites, ils permettent de dater les surfaces. Sur Mars, en effet, l'érosion éolienne est faible, aucun cours d'eau ne vient user les reliefs et la tectonique des plaques, absente, n'engloutit pas, comme sur Terre, des pans entiers de la croûte de la planète. Seule l'activité volcanique peut modifier de larges territoires en les recouvrant de lave. Le comptage des cratères permet donc, si l'on connaît le taux moyen de chutes de corps célestes, d'estimer depuis quand aucun volcan ne s'est manifesté dans une région donnée.

Des vidéos explicatives permettent facilement – aux anglophones – de comprendre l'intérêt et les enjeux de l'opération. © Nasa

Devenez Martien

Malgré la simplicité du travail, le temps et la puissance informatique à consacrer à cette tâche semblent dépasser les possibilités de la Nasa. Associée à Microsoft, l'agence spatiale des Etats-Unis a imaginé de faire appel au calcul distribué chez les internautes, un procédé initié par le projet Seti@home pour la recherche de signaux radio émis par des extraterrestres et repris ensuite dans une série de recherches en médecine, en climatologie ou en génétique (voir par exemple les projets de l'alliance francophone des projets BOINC).

Voilà donc Be a Martian (Soyez un Martien), un superbe site qui semble abriter un jeu vidéo. Après inscription (avec pseudo, conseille la Nasa) et le visionnage de vidéos explicatives, on peut passer aux actes et choisir un des deux thèmes : cartographie ou comptage de cratères. Ce 25 novembre, lors de nos essais, outre des bizarreries de navigation à l'intérieur du site, la seconde option conduisait immanquablement à un plantage... Les cratères devront attendre, sans doute.

En revanche, la cartographie semble fonctionnelle. Il faut être patient et méticuleux. Ce n'est pas un jeu vidéo... Trois petite images à haute résolution apparaissent, déjà positionnées sur une carte plus grossière. Le jeu consiste à les déplacer légèrement pour les placer correctement, en tenant compte de la différence de résolution entre les deux images.

Le travail est fastidieux mais l'internaute est récompensé. Il gagne des points (on ne sait pas à quoi ils donnent droit) et peut aussi explorer les autres pages du site (accessibles à tous et pas seulement aux participants), montrant des images inédites de Mars et des vidéos sur les programmes d'exploration. Une fois les bugs martiens envolés, le site deviendra l'occasion d'une jolie balade sur la Planète rouge...

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