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Ariane 5 dans la tourmente

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Officiellement, l'annulation du vol 158 d'Ariane 5 tient en ces quelques mots. La Commission de Revue a en effet souhaité qu'Arianespace et l'ensemble de ses partenaires s'assurent que les processus de qualification et de revue du système Ariane 5 soient vérifiés, dans le cadre du programme de retour en vol d'Ariane 5.

Arianespace n'est donc pas en mesure de garantir la fiabilité du lanceur pour satelliser Rosetta. Première mission de ce type pour Arianespace, la société européenne devait utiliser une Ariane 5 G+. Son étage à propergol stockable (EPS) devait s'allumer 1h45 après le décollage de la fusée. Or, au moment de l'allumage, l'EPS et la sonde se seraient trouvés sous l'influence des Ceintures de Van Allen et soumis à un bombardement. Au sein de ses régions, existent des concentrations d'électrons et de protons à haute énergie capturés par le champ magnétique terrestre, aptes à perturber le bon fonctionnement de l'étage. Les processus de qualification mis en œuvre dans la validation de l'EPS sont les mêmes que ceux dénoncés par la Commission de Revue. Arianespace en concertation avec l'ESA, a pris une décision pleine de bonne sens.

Aujourd'hui, Arianespace vise toujours la deuxième quinzaine de février pour le lancement de la prochaine Ariane 5. Or, il n'est pas dit que cette date soit respectée. Il est à craindre qu'un glissement du calendrier ne provoque le report du lancement de SMART-1 (démonstrateur technologique) de quelques mois.

Toutefois, Arianespace est confiante. Outre le vol de la dernière Ariane 4 prévu en février, 6 à 7 Ariane 5 devraient s'élancer d'ici à la fin de l'année et engendrer une activité soutenue au CSG. Souvenez-vous, en 2000, Arianespace avait du faire face avec succès à la rupture de l'approvisionnement de satellites et assurer le lancement de 8 fusées entre le 17 août et le 19 décembre.

Seule bonne nouvelle de la journée pour Arianespace, la confirmation, par des représentants de la NASA, du choix d'une Ariane 5 pour la mise à poste de James Webb (le successeur d'Hubble). Pour l'ESA, la fourniture du lanceur et d'instruments scientifiques s'inscrivent dans sa participation au programme du Télescope spatial de nouvelle génération. Toutefois, d'ici le lancement de James Webb, prévu en 2010, la NASA peut changer plusieurs fois d'avis, comme elle en est coutumière.

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