Tôt ce matin, le puissant lanceur SLS a décollé du Centre spatial Kennedy et mis en orbite le véhicule Orion à destination de la Lune pour une mission de 25 jours. Ce lancement réussi ouvre une nouvelle ère de l'exploration humaine avec en point de mire une installation durable sur la Lune et une première mission habitée à destination de Mars.

Ils l'ont fait ! Les Américains sont de nouveau dans la course à la Lune. Le puissant lanceurlanceur SLS, réalisé par Boeing, à bord duquel se trouve le véhicule Orion, construit par Lockheed Martin, a décollé tôt ce matin du Centre spatial Kennedy de la Nasa. C'est donc parti pour une mission de 25 jours qui verra OrionOrion survoler et tourner autour de la Lune. Son retour sur Terre est prévu le 11 décembre.

Revivez le décollage de l'énorme fusée de la Nasa, SLS, en route vers la Lune. © Futura

Ce premier vol d'Artemis est un vol de test sans équipage. Il a pour but de qualifier ce nouveau système de transport spatial habité et de tester Orion et son module de service à l'intérieur de son enveloppe de vol et voir dans quelles conditions et comment il peut fonctionner dans des configurations de vol très variées. Après cette mission, Artemis II sera la première mission lunaire habitée depuis Apollo 17 en 1972. Cette mission est actuellement prévue en mai 2024 et consistera en un survolsurvol de la Lune sans atterrissage. Elle embarquera un équipage de trois astronautesastronautes de la Nasa ainsi qu'un astronaute de l'Agence spatiale canadienne (ASC). Ce n'est qu'avec Artemis III, que les Américains retourneront sur la Lune, avec un équipage de deux astronautes dont une femme et une personne de couleurcouleur. La Nasa prévoit cette mission en 2025 mais, il paraît peu probable qu'elle sera en mesure de le faire avant 2028, principalement parce que le Starship lunaire de SpaceX ne sera pas prêt en 2025.

Les heureux spectateurs du vol inaugural du SLS, le 16 novembre 2022. © Nasa, Keegan Barber
Les heureux spectateurs du vol inaugural du SLS, le 16 novembre 2022. © Nasa, Keegan Barber

Une nouvelle ère s'ouvre

Le lancement réussi de la mission Artemis I ouvre une nouvelle ère de l'exploration humaine avec le retour de l’Homme sur la Lune voulu par l'ex-président Donald Trump et au moment où l'économie spatiale est en pleine mutation avec l'arrivée du secteur privé dans l'espace. Il faut se rappeler que Barack Obama avait mis fin en 2010 au programme Constellation de retour sur la Lune lancé par George W. Bush, préférant fixé à la Nasa des objectifs plus lointains (Mars, astéroïdesastéroïdes), mais aux échéances très incertaines. Contrairement à Barack Obama, Donald Trump avait compris qu'il y a un intérêt stratégique et économique à retourner sur la Lune, avant de s'envoler vers Mars, mais aussi la nécessité d'avoir toujours un coup d'avance technologique sur la Chine qui a aussi fait de la Lune un objectif prioritaire.

 

La course à la Lune avec la Chine

Si à l'ère des missions Apollo les États-Unis étaient engagés dans une course à la Lune avec les Soviétiques, 50 ans plus tard ils se battent contre la Chine. Aujourd'hui, la Russie n'a plus les moyens humains et technologiques de ses ambitions passées. À cela s'ajoute que sa guerre contre Ukraine risque de la pénaliser durablement d'autant plus que les Chinois sont moins enthousiastes à en faire un partenaire de premier plan dans ses programmes d'exploration.

Voir aussi

Comment va se dérouler la mission Artemis I autour de la Lune ?

Et dans ce domaine, les ambitions de la Chine sont élevées. Elle a clairement fait de la Lune un objectif majeur de son programme spatial dès 2004 avec un ambitieux programme robotiquerobotique d'exploration lunaire (missions Chang'e), qui prévoit encore trois missions, dont deux à destination du pôle Sud lunaire pour préparer le terrain aux futures missions habitées. À partir de la décennie 2030, la Chine a prévu l'installation d'une base lunaire habitée, à laquelle la participation de la Russie initialement prévue avant le conflit ukrainien est sujette aujourd'hui à beaucoup d'interrogations. L'aventure lunaire ne fait que débuter.