Vue aérienne d'une portion de la muraille de Genghis Khan, en Mongolie. © Université hébraïque de Jérusalem
Sciences

Une partie oubliée de Grande Muraille de Chine dévoile ses secrets

ActualitéClassé sous :Archéologie , La Grande Muraille de Chine , Gengis Khan

-

Alors que la plupart des historiens s'accordaient à dire que la Grande Muraille formait une barrière protégeant la Chine des armées de Gengis Khan, une nouvelle étude suggère qu'une importante portion du mur aurait eu une tout autre fonction à son époque.

Cela vous intéressera aussi

[EN VIDÉO] Visitez Carthagène, cité magnifique de Colombie, avec Antoine  Fondée en 1533, Carthagène des Indes est l'ancienne capitale de la Colombie. De son riche passé colonial, elle a gardé des vestiges uniques dont certains sont classés au Patrimoine mondial de l'Unesco. Son atmosphère de ruelles colorées, animées par la musique, les étals de fruits et de bibelots et les terrasses de restaurants, fait de cette ville une étape incontournable sur la route des Antilles. 

La muraille de Gengis Khan s'étend dans le prolongement de la Grande Muraille de Chine, traversant en majeure partie les vallées de Mongolie sur plus de 3.500 kilomètres. Composée de couches de terre compactée, contrairement à la partie plus connue de la muraille construite en pierre, elle ne s'élève aujourd'hui plus qu'à un maximum d'un mètre de hauteur. Il semblerait néanmoins que, en son temps, celle-ci n'ait guère mesuré plus de deux mètres. Une tranchée de deux mètres, probablement creusée pour extraire les matériaux nécessaires à la construction du mur, serpente à ses côtés. Souvent oubliée des historiens, celle-ci a récemment fait l'objet d'une étude scrupuleuse révélant son histoire mais aussi sa fonction.

Travaux d'excavation sur le segment nord de la muraille de Gengis Khan. © Université hébraïque de Jérusalem

L'histoire de la muraille de Chine réécrite

L'élévation modeste de la muraille et sa proximité avec diverses voies de circulation suggèrent que le segment nord étudié par les chercheurs aurait été construit non pas dans un but militaire, mais bien plutôt pour réguler les déplacements de la population. « Avant notre recherche, la plupart des gens pensaient que la fonction du mur était d'arrêter l'armée de Gengis Khan, commente Gideon Selach-Lavi de l'université hébraïque de Jérusalem, en tête de l'étude à l'origine de ces découvertes. Notre conclusion est qu'il servait plutôt à surveiller ou à empêcher les déplacements de civils et de bétail, peut-être dans le but de les taxer. »

Les travaux de l'équipe ont jusqu'à présent porté sur la ligne de fortifications Nord, longue de 737 kilomètres. En supplément des analyses menées au sol, des observations satellites et d'autres aériennes réalisées en drone, sont venues compléter les données collectées par les chercheurs. Leur conclusion est que la structure aurait été construite entre le Xe et le XIIe siècle par la dynastie nomade Khitan (Liao). À cette époque, le climat pouvait adopter des tendances extrêmes, amenant les nomades à voyager avec leur bétail vers des pâturages plus cléments. Ces déplacements auraient alors justifié la création d'un système de péage dans la région.

Les excavations du mur Gengis Khan recouvert d'herbes. © Tal Rogovsky

Un péage à la vie courte

Quant au lien entre Gengis Khan et la muraille portant son nom, il semblerait que celui-ci soit définitivement contredit par les analyses carbone, révélant que la construction pré-daterait l'émergence de l'Empire mongol au XIIIe siècle. « Ce que nous savons de la Grande Muraille comprend en réalité plusieurs murs, explique le chercheurCelui sur lequel nous nous penchons est un cas spécifique pour plusieurs raisons. Il est situé bien plus au nord, au cœur d'une région habitée par une population nomade et n'est aucunement relié aux autres segments de la Grande Muraille. » Par ailleurs, le mur ne fait que quelques apparitions discrètes dans les récits historiques et, en dépit de ses dimensions impressionnantes, nul ne semble avoir tenté de s'attribuer le mérite de sa construction.

La découverte d'un petit nombre de poteries et d'objets en métal suggère que la structure n'aurait été occupée que durant une brève période de temps. Selach-Lavi postule que sa construction n'aurait pris que deux à cinq ans, avec la possible mobilisation de 200.000 ouvriers, pour un total de 20 ans de service. Les chercheurs devront attendre la fin de la pandémie pour se rendre à nouveau sur le site, mais de nouvelles subventions leur donnent l'espoir de cinq ans de recherches supplémentaires pour mieux comprendre l'histoire d'une muraille qui devra bientôt prendre un nouveau nom.

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour. Toutes nos lettres d’information

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !