Les restes d'un campement préhistorique sur les rives du lac de Tibériade ont permis de reconstituer le régime alimentaire et le mode de vie des Hommes, il y a 23.000 ans. © Olya, Adobe Stock
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L'Homme a diversifié ses proies au cours du dernier maximum glaciaire, il y a 23.000 ans

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Il y a 23.000 ans, un campement humain a été inondé et recouvert par des sédiments au bord du lac de Tibériade, en Israël. Cet épisode est survenu au cours du dernier maximum glaciaire et l'analyse des restes de proies permet aux archéologues de déterminer enfin si les Hommes ont bénéficié de ce changement climatique.

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Quels furent les régimes alimentaires et les habitudes de chasse de Sapiens au Pléistocène ? Cette question peut trouver des réponses dans les analyses isotopiques des restes humains, dans les patrons d'usure des dents mais également, et de façon plus intuitive, dans le registre archéozoologique. C'est en étudiant celui-ci que la communauté scientifique a pu mettre en évidence que les Hommes ayant vécu à la fin du Pléistocène (-2,58 millions d'années à -11.700 ans) au Proche-Orient ont changé de type de proies. Les grandes proies qu'ils chassaient auparavant telles que les daims ont en effet été remplacées par de plus petites et plus difficiles à atteindre telles que des gazelles.

La chasse au daim a progressivement été complétée par celle d'autres mammifères ongulés ainsi que par celle d'oiseaux, de tortues ainsi que par la pêche. © prochym, Adobe Stock

Cette modification a également été accompagnée par une diversification du régime alimentaire qui a été expliquée par deux hypothèses opposées. La première suggère que la surexploitation des ressources a forcé les humains à se tourner vers de nouveaux aliments tandis que la seconde stipule au contraire qu'une augmentation de l'abondance des ressources est responsable de cette modification alimentaire.

Les indices corroborant la première hypothèse seraient, par exemple, une dominance de gazelles parmi les proies ainsi qu'une mobilité accrue des populations humaines. La seconde hypothèse serait en revanche confortée par l'exploitation de plusieurs espèces de proies et des plantes ainsi qu'une faible mobilité des populations humaines.

Un régime alimentaire varié

Le site archéologique d'Ohalo II s'étend sur 2.000 mètres carrés et a été découvert en 1989 en Israël. Il se trouve à la pointe sud du lac de Tibériade (également appelé mer de Galilée), à neuf kilomètres au sud de la ville de Tibériade. Lors du dernier maximum glaciaire, il y a 23.000 ans, le site d'Ohalo II a été inondé et recouvert par des sédiments fins, ce qui a permis une excellente préservation de l'environnement.

Celui-ci recèle notamment six huttes ovales, des foyers à ciel ouvert, ainsi que la tombe d'un homme adulte. La présence de nombreux restes organiques et inorganiques, datés au carbone 14 entre 22.500 et 23.500 ans en arrière, permet à des archéologues de réévaluer la raison pour laquelle ces pêcheurs-chasseurs-cueilleurs ont diversifié leur alimentation au cours du dernier maximum glaciaire. Les résultats de leur étude ont été publiés dans le journal PLoS ONE.

Marques faites par l'Homme sur les os d'ongulés il y a 23.000 ans. © Steiner et al., 2022

Les auteurs rapportent la présence sur le site d'outils en pierre pour faire du feu ainsi que pour débiter des carcasses, des restes de mammifères, d'oiseaux et de poissons (ménés, carpes et tilapias). Les restes de cordes et de pierres suggèrent que la pêche avec des filets était pratiquée dans ce campement. De grandes quantités de grains d'amidonnier et d'orge sauvages ainsi que d'avoine à grosses graines étaient entreposées à proximité d'une pierre destinée à les moudre.

Les auteurs expliquent que les oscillations du climat au cours du dernier maximum glaciaire dans la vallée du Jourdain ont eu peu d'impact sur l'Homme, qui a pu diversifier ses ressources trophiques. La chasse, la pêche et la cueillette pour la nourriture étaient complétées par la chasse de tortues pour leur carapace et de lièvres et renards pour leur peau.

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