Des archéologues de l’université de Yamagata (Japon) ont mis au jour 143 nouvelles lignes de Nazca. Parmi les géoglyphes relativement petits et dits de type B, cette forme humanoïde. © Université de Yamagata

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143 nouvelles lignes de Nazca découvertes

ActualitéClassé sous :archéologie , Paracas , civilisation Nazca

Gravées dans le sol du désert péruvien, les lignes de Nazca, bien que découvertes il y a près de 100 ans, continuent d'intriguer les archéologues. Dernièrement, ils ont toutefois mis au jour 143 nouveaux de ces géoglyphes qui pourraient les aider à mieux comprendre leur signification.

Des créatures vivantes, des objets ou de simples figures géométriques... Quelque part sur la plaine côtière aride du sud du Pérou, de surprenantes lignes sont tracées au sol. Pour certaines, il y a plus de 2.500 ans. Des lignes qui forment des figures pour la plupart tellement grandes qu'il faut prendre de l'altitude pour les discerner. Depuis 1994, elles sont inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Et on les connait désormais sous le nom de lignes ou géoglyphes de Nazca.

Après quelque 15 années à étudier ses lignes, des archéologues de l'université de Yamagata (Japon) annoncent aujourd'hui avoir mis au jour dans la région pas moins de 143 nouveaux géoglyphes. Ils représentent des animaux, des personnes et d'autres êtres vivants ou objets. La plupart ont été découverts grâce à des analyses de données 3D haute résolution et à des études de terrain. Mais aussi à l'aide d'un modèle d'intelligence artificielle (IA) développé par des chercheurs d'IBM.

Un serpent à deux têtes en train de dévorer des figures humanoïdes. © Université de Yamagata

Selon les chercheurs, tous ces géoglyphes ont été dessinés entre 100 av. J.-C. et 300 apr. J.-C. En écartant les pierres noires présentes au sol, exposant ainsi le sable blanc caché dessous. Et révélant des dessins d'oiseaux, de singes, de poissons, de serpents, de renards, de félins et même d'humanoïdes.

Une intelligence artificielle (IBM Watson Machine Learning Community Edition), mise au point par des humains d’aujourd’hui, a permis aux archéologues de l’université de Yamagata (Japon) de mettre au jour un géoglyphe imaginé par des populations anciennes et dont la symbolique reste encore mystérieuse. © Université de Yamagata

Lever le voile du mystère des lignes de Nazca

Les archéologues ont classé ces nouveaux géoglyphes selon deux grandes catégories. Les géoglyphes les plus anciens, de « type B » présentent généralement une longueur inférieure à 50 mètres. Le plus petit d'entre eux n'atteint même pas les 5 mètres. Les plus récents, de « type A », sont plus grands. Le plus long d'entre eux dépasserait même les 100 mètres. Et selon les chercheurs, ces derniers devaient représenter des lieux de rituel. Ils y ont trouvé des vases en poterie cassés. Alors que les plus petits géoglyphes, situés le long de sentiers, devaient servir de point de repère pour orienter les voyageurs.

De forme humanoïde, ce géoglyphe de type B. © Yamagata University

Autre différence entre les géoglyphes de type A et ceux de type B : les premiers sont formés de lignes colorées - ou décolorées, selon le point de vue - et les seconds, de surfaces entières de couleur. Pour mieux comprendre ces tracés dans leur ensemble, les chercheurs souhaitent désormais produire une carte de la zone. Et pour cela, s'appuyer un peu plus sur les qualités des IA et notamment, leur capacité à traiter de grandes quantités de données en un temps réduit.

Un poisson. © Université de Yamagata

Les archéologues espèrent également que la publication de leurs travaux aidera à sensibiliser le public à la nécessité de préserver la région, menacée par l'expansion des zones urbaines.

  • Des chercheurs ont découvert 143 nouvelles lignes de Nazca.
  • L’un de ces géoglyphes a été mis au jour grâce à une intelligence artificielle.
  • Les archéologues espèrent désormais pouvoir mieux comprendre la signification de ces lignes.
Pour en savoir plus

Plus de 25 géoglyphes découverts au Pérou, près de Nazca

On connaît tous au Pérou les lignes de Nazca. Avec l'aide de drones, des archéologues ont découvert des dizaines de géoglyphes dessinés dans le désert bien avant le peuple Nazca. De styles différents, ils sont une nouvelle énigme archéologique.

Article de Xavier Demeersman paru le 17/06/2018

Géoglyphes sur les collines à Palpa, au Pérou. © javarman, fotolia

Au Pérou, à quelques kilomètres des célèbres lignes de Nazca, des archéologues ont fait la découverte inattendue de plusieurs dizaines de géoglyphes dans la région désertique de la vallée de Palpa. Plus de 25 figures dans le sol viennent s'ajouter aux précédentes repérées par des drones depuis décembre 2017. Et c'est loin d'être terminé, Luis Jaime Castillo Butters et son équipe se préparent à aller visiter des centaines d'autres sites potentiels.

Ces géoglyphes, aujourd'hui presque imperceptibles à l'œil nu, seraient l'œuvre des Paracas, qui vivaient dans la région entre -500 et 200 de notre ère, et aussi de la culture intermédiaire des Topará. Quelques-uns, surtout ceux composés de lignes, sont attribués aux Nazca qui vivaient entre 200 et 700. La majorité de la cinquantaine de géoglyphes découverts à ce jour a été réalisée sur les flancs des collines, sans doute pour être vus des habitations en contrebas, pensent les chercheurs. Beaucoup représentent des Hommes, en particulier des guerriers, et aussi des animaux. Les thèmes et aussi le point de vue les distinguent des motifs de Nazca. Toutefois, dans les deux cas, le sens de ces représentations demeure mystérieux. Pourquoi avoir dessiné ces figures ? Quel était le rituel ? Quoi qu'il en soit, ces découvertes montrent que la tradition est très ancienne : « Au total, nous parlons de 1.200 ans de production de géoglyphes », a souligné Johny Isla Cuadrado, du ministère de la culture péruvien, à ReutersCette découverte ouvre la porte à de nouvelles théories sur la fonction et la signification de ces gravures ».

Redécouvert en novembre 2017, un grand géoglyphe représentant une orque et daté d’environ 2.000 ans. © Johny Isla Cuadrado, Peruvian Ministry of Culture, German Archaeological Institute

Des géoglyphes découverts et protégés par des drones

Très inquiet des menaces de pillage et de dégradation qui pèsent sur l'ensemble des sites archéologiques du Pérou - il y a eu l'épisode malheureux des manifestants de Greenpeace qui ont marché près du colibri, à Nazca, en 2014, et ont ainsi piétiné toute la zone (l'ONG s'est depuis excusée) - Luis Jaime Castillo Butters, de l'université pontificale catholique du Pérou, a donc tout de suite accepté l'offre de GlobalXplorer de mener des cartographies aériennes. « La documentation et la géolocalisation des sites sont la meilleure protection que nous pouvons leur offrir », a-t-il expliqué à National Geographic (la National Geographic Society participe au financement). C'est ainsi que des sites candidats remarqués sur des images satellites ont été survolés par des drones, plus à même de dévoiler des détails. Ils ont pu identifier des géoglyphes en partie effacés dont les lignes ne mesurent pas plus de quelques centimètres de large.

Pour le chercheur, bien que les géoglyphes soient dans la même zone que Nazca, inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, il est important de les protéger du développement urbain, souvent illégal dans ces provinces, et d'autres dégradations possibles, volontaires ou non. « Nous ne nous battons pas contre un pilleur équipé d'une pelle qui s'enfuit en courant lorsqu'il est repéré. Nous nous battons contre une armée d'avocats. » C'est pourquoi les emplacements de ces sites sont pour l'instant gardés secrets.

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