Le Danois Andreas Mogensen, de l'Agence spatiale européenne, est bien arrivé à bord de la Station spatiale internationale avec le Russe Sergueï Volkov et le Kazakh Aïdyn Aimbetov. Il va y séjourner jusqu'au 11 septembre 2015 et mener toute une série d'expériences dans le cadre de sa mission Iriss. Il pilotera notamment depuis l'espace trois rovers restés au sol, ce qui préfigure, peut-être, une des futures étapes de l'exploration robotique du Système solaire.
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Deux jours après avoir décollé de Baïkonour à bord d'une capsule SoyouzSoyouz, l'astronauteastronaute danois de l'Agence spatiale européenneAgence spatiale européenne, Andreas Mogensen, le Russe Sergueï Volkov et le Kazakh Aïdyn Aimbetov, sont arrivés à bon port. À midi, ils sont entrés dans la Station spatiale internationaleStation spatiale internationale pour rejoindre les six astronautes qui l'occupent actuellement.

Pour Andreas Mogensen le compte à rebours est lancé. En effet, son séjour à bord du complexe orbitalcomplexe orbital ne va durer que sept jours. Et son programme à réaliser pour le compte de l'Esa dans le cadre de la mission Iriss (qui conjugue en un mot la déesse nordique Iris et l'ISS) est très chargé. Pour rattraper le retard pris par un temps de vol de deux jours pour rejoindre la Station, l'Esa lui a planifié des journées de travail de plus de neuf heures !

Mogensen conduira de nombreuses expériences dans des domaines très variés des sciences de la vie, de la robotiquerobotique, de l'astronomie et testera de nouvelles technologies afin de préparer les voyages spatiaux du futur.

L'amarrage au complexe orbital a été effectué à 9 h 42. Les trois membres d'équipage ne sont entrés qu'à midi dans la Station. Jusqu'au 11 septembre 2015, l’ISS accueillera ainsi neuf personnes au lieu de six habituellement. © Nasa

L'amarrage au complexe orbital a été effectué à 9 h 42. Les trois membres d'équipage ne sont entrés qu'à midi dans la Station. Jusqu'au 11 septembre 2015, l’ISS accueillera ainsi neuf personnes au lieu de six habituellement. © Nasa

Piloter des rovers à distance

Parmi les expériences prévues figure l'essai d'une nouvelle combinaison spatiale, la skinsuit, dont le but est d'empêcher le corps de s'allonger lorsqu'il n'est pas soumis à la gravitégravité terrestre. En effet la colonne vertébralecolonne vertébrale s'allonge dans l'espace, provoquant un mal de dosdos pour les astronautes. La combinaison est faite sur mesure de façon à comprimer le corps, des épaules jusqu'aux pieds. Mogensen et Thomas Pesquet ont d'ailleurs testé leur combinaison lors de vols paraboliques réalisés à bord de l'avion Zéro-G de Novespace.

L'astronaute testera également une nouvelle technique de purification d'eau avec des membranes issues de nanotechnologiesnanotechnologies qui imitent certaines cellules humaines. Il s'intéressera également aux transferts impulsifs d'énergieénergie entre l'atmosphèreatmosphère et l'environnement spatial de la TerreTerre qui se traduisent par des phénomènes optiques tels que des éclairs inversés. Ces derniers sont classés dans deux catégories : les TLE (Transient Luminous Events) et les TGF (Terrestrial Gamma-ray Flashes). Le Danois va ainsi tenter d'observer le phénomène lumineux appelé farfadet ou sylphe rouge (ou encore sprites, en anglais). Il faut savoir que les modèles de TLE existants sont encore loin d'expliquer toutes les caractéristiques de ces manifestations.

Mogensen pourra gérer l'<em>Interact Centaur rover</em> et ses deux bras mécaniques grâce à une interface à retour de force. Il devrait alors ressentir les mêmes résistances que celles rencontrées par le robot. Ce contrôle haptique (avec le toucher) doit permettre de contrôler le rover si finement qu'il sera possible de réaliser des manipulations millimétriques très précises. © Esa

Mogensen pourra gérer l'Interact Centaur rover et ses deux bras mécaniques grâce à une interface à retour de force. Il devrait alors ressentir les mêmes résistances que celles rencontrées par le robot. Ce contrôle haptique (avec le toucher) doit permettre de contrôler le rover si finement qu'il sera possible de réaliser des manipulations millimétriques très précises. © Esa

L'expérience la plus intéressante sera probablement celle lui permettant de piloter à distance des roversrovers restés au sol à travers un nouvel équipement à retour de force. Il réalisera ainsi des tâches de précision (micronmicron). L'opération a pour but de tester différents modes opératoires mais aussi les réseaux de communications entre un robotrobot en surface et des astronautes en orbiteorbite en vue de missions d'exploration de planètes ou d'astéroïdesastéroïdes. Lors de deux expériences, trois rovers seront pilotés, dont l'Interact Centaur rover et Eurobot, un prototype de rover qui préfigure une des voies de l'avenir de l'exploration robotique du Système solaireSystème solaire.

Enfin, Mogensen quittera l'ISS le 11 septembre 2015 en compagnie du Kazakh Aïdyn Aimbetov et du Russe Guennadi Padalka qui, avec quelque 880 jours en orbite, aura passé plus de temps dans l'espace que tout autre être humain.