Le 30 septembre 2022, le comité de pharmacovigilance de l’Agence européenne des médicaments (EMA) a lancé un avertissement sur les risques liés à la prise de médicaments à base d’ibuprofène et de codéine.  

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Plusieurs cas de toxicités rénales, gastro-intestinales et métaboliques ont été rapportés chez des patients traités par de l’ibuprofène combiné à de la codéine. Ces manifestations graves, voire mortelles, sont associées à des abus médicamenteux et à une dépendance.

Où trouve-t-on cette association médicamenteuse ?

Ces molécules sont fréquemment utilisées pour traiter des douleurs d’origines diverses. En France, plusieurs spécialités commerciales, disponibles sans ordonnance, renferment de l’ibuprofène comme Advil®, Nurofen®, Ibupradoll®. Cet anti-inflammatoire peut également être associé à de la codéine (dérivé de la morphine). C’est le cas d’Antarène Codéine® disponibles aux dosages 400 mg/60 mg et 200 mg/30 mg dont la délivrance est soumise à une prescription médicale. Parfois, certains patients prennent simultanément un médicament à base d’ibuprofène et un autre à base de codéine, obtenu au préalable sur ordonnance. Dans le cadre d’une automédication, cette prise peut être volontaire chez des personnes souffrant de douleurs chroniques.

Quels sont les risques liés à cette association ?

Les médicaments composés d’ibuprofène et de codéine qui sont administrés de manière prolongée ou à fortes doses exposent à des altérations des reins. Ainsi, les acides contenus dans le sang ne peuvent plus être éliminés normalement par l’urine. Une atteinte des reins peut également engendrer des carences en potassium responsables de vertiges et de faiblesses musculaires. De plus, ces molécules peuvent causer des troubles intestinaux et métaboliques extrêmement graves.

Par ailleurs, la consommation répétée de ces médicaments s’apparente souvent à des abus conduisant à un état de dépendance, au même titre qu’une drogue psychoactive. Les doses prescrites doivent donc être respectées.

Il convient de consulter son médecin avant la prise de médicaments, notamment ceux qui associent la codéine à l'ibuprofène. © Olrat, Adobe Stock
Il convient de consulter son médecin avant la prise de médicaments, notamment ceux qui associent la codéine à l'ibuprofène. © Olrat, Adobe Stock

Prévenir des risques graves : une nécessité

L’Agence européenne des médicaments (EMA) a émis plusieurs recommandations pour prévenir les effets graves induits par cette association. Tout d’abord, elle recommande de mettre en garde les patients sur les effets nocifs graves liés aux médicaments contenant l’association ibuprofène-codéine. L’Agence préconise ainsi d’ajouter ces nouveaux risques observés à la liste des effets secondaires connus figurant sur la notice de ces spécialités.

Plusieurs messages d’alerte seront prochainement diffusés auprès de l’ANSM (Agence nationale du médicament) afin que les professionnels de santé français puissent informer leurs patients sur les risques associés à la prise concomitante d’ibuprofène et de codéine. En outre, les patients désirant poursuivre le traitement plus longtemps ou dépasser les doses prescrites doivent consulter un médecin. Seul le prescripteur est en mesure de définir les modalités de prise.