Le syndrome des loges, ou syndrome compartimental, se traduit par une compression d’un muscle dans sa loge, c’est-à-dire dans son compartiment. Il peut survenir à la suite d'un traumatisme ou lors de la pratique d’un sport. Le patient ressent des douleurs importantes, il peut s’agir d’une urgence médicale et chirurgicale. Quels sont les symptômes évocateurs ? Comment le diagnostiquer ? Quelle est la prise en charge ?

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Les muscles sont normalement recouverts d'une membrane, l'aponévroseaponévrose ; celle-ci n'est pas extensible. Lorsqu'un hématome ou un œdèmeœdème tissulaire se forment, à la suite d'un traumatisme par exemple, le compartiment ne pouvant ne se déformer, le muscle, les nerfsnerfs et les vaisseaux sont comprimés. Le phénomène peut aller jusqu'à stopper l'irrigationirrigation du muscle et provoquer sa nécrose.

Le syndrome des loges survient le plus souvent aux extrémités, c'est-à-dire aux avant-bras ou au mollet. D'autres localisations sont néanmoins possibles : bras, abdomenabdomen, fesses.

Il existe deux formes de syndromesyndrome des loges. La forme aiguë survient après un événement précis : un traumatisme, une fracture, une thrombosethrombose veineuse, un plâtreplâtre trop serré. De manière plus rare, un syndrome des loges peut être déclenché par une morsure de serpent, une brûlure, une overdose de droguedrogue (héroïne ou cocaïne). La forme chronique s'installe progressivement. Celle-ci peut survenir chez un sportif développant intensément sa musculature.

Quels sont les symptômes ? Comment se réalise le diagnostic ?

Les symptômessymptômes ne sont pas spécifiques. Ils peuvent être considérés à tort comme secondaires au traumatisme : douleur importante, œdème, poulspouls diminué, fourmillements, engourdissement, pâleur... Une douleur vraiment importante par rapport à l'intensité de la blessure doit faire suspecter un syndrome des loges.

De plus, il existe un test diagnosticdiagnostic mais il est complexe à réaliser. Il s'agit de mesurer la pressionpression à l'intérieur des loges pour voir si elle est anormalement élevée ou non. Ce geste ne peut être réalisé que par un chirurgien orthopédique.

La chirurgie est souvent nécessaire pour traiter un syndrome des loges. © Georgy, Fotolia
La chirurgie est souvent nécessaire pour traiter un syndrome des loges. © Georgy, Fotolia

Quelle est la prise en charge ?

Si un syndrome des loges aigu est confirmé, il doit être pris en charge le plus rapidement possible. En l'absence de traitement, le patient peut perdre son membre, voire mourir.

Une aponévrotomie doit être réalisée par un chirurgien expérimenté. Il s'agit d'ouvrir l'aponévrose du muscle concerné pour évacuer la pression accumulée à l'intérieur. Il vérifie ensuite l'état du muscle. Dans les cas les plus graves, une amputationamputation peut être nécessaire.

En cas de syndrome des loges chronique du sportif, une intervention ne sera pas forcément nécessaire. Des recommandations portant sur des modifications des exercices de musculation seront données. Dans certaines situations, l'arrêt total du sport ayant déclenché un syndrome des loges sera la seule solution -- le plus souvent un syndrome des loges dans le mollet déclenché par la course à pied.