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Le sommeil, un cycle en trois étapes

Dossier - Rêver : le monde fascinant des rêves
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Le rêve intrigue, il inquiète, il fascine… Pourtant, il s’explique de façon rationnelle. Quand survient-il ? Que se passe-t-il dans le cerveau lorsque l'on rêve ? Peut-on contrôler le contenu de nos songes ?

  
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Le sommeil est tout sauf linéaire. Au contraire, il obéit à un mécanisme bien précis et évolue par cycles de 90 minutes en moyenne. Chaque cycle de sommeil se découpe en trois grandes phases aujourd'hui clairement identifiées : l'éveil calme, le sommeil profond et le sommeil paradoxal.

Le sommeil, un cycle en trois étapes. © Marianna Karabut - Shutterstock

Cycle du sommeil : l'éveil calme

Il existe en premier lieu la phase d'éveil calme, qui ne fait pas à proprement parler partie du cycle de sommeil puisqu'elle n'intervient qu'en début de nuit. Elle précède et suit immédiatement le coucher. Les signes sont multiples : les paupières sont lourdes, les bâillements sont de plus en plus constants, le sommeil vient gagner l'individu. Mais avant qu'il vienne vous happer pour plonger dans un sommeil profond, il faut encore passer par la phase d'éveil qui peut bien sûr durer plus ou moins longtemps, d'autant qu'il n'est pas rare que l'on lutte pour ne pas se coucher tout de suite. Pendant tout ce temps, une personne peut encore être pleinement consciente et être éveillée, même si son esprit peut divaguer un peu et s'évader jusque dans des réflexions à la frontière entre la réalité et le songe. Ca y est, elle dort : la voici dans la phase de sommeil lent ou profond.

Le cycle du sommeil comporte différentes phases. Sur l'image, La Bohémienne endormie, peinture à l'huile réalisée par Henri Rousseau en 1897. © www.moma.org, DP

Cycle du sommeil : le sommeil profond

Le sommeil profond est ainsi nommé parce que l'activité électrique du cerveau évolue en ondes très lentes (entre 0 et 5 hertz). Pendant cette période, l'ensemble des fonctions de l'organisme humain sont au ralenti. Le rythme cardiaque diminue, ainsi que la pression sanguine, la respiration se fait plus paisible, la température corporelle baisse et même le cerveau semble se mettre au repos. D'où l'activité électrique réduite : tout fonctionne a minima. Cette phase de sommeil lent est elle-même décomposée en quatre sous-phases. Plus on avance dans le temps, plus les ondes sont de grande amplitude : la fréquence diminue. Au total, cette phase dure entre 60 et 75 minutes, même si c'est évidemment très variable d'une personne à l'autre.

L’électroencéphalogramme correspondant aux différents cycles de sommeil (éveil calme, sommeil profond et sommeil paradoxal). En dessous, la succession des phases du sommeil pendant la nuit. © Guilhem Pérémarty

Cycle du sommeil : le sommeil paradoxal

Après une bonne heure, donc, l'individu quitte le sommeil lent pour entrer dans une phase de sommeil paradoxal, ainsi dénommée car les comportements du cerveau et de l'organisme semblent parfaitement contradictoires. D'un côté, le cerveau paraît avoir un regain d'énergie : la fréquence des ondes augmente et devient équivalente à celle enregistrée pendant l'éveil. En revanche, le tonus musculaire est complètement à plat : impossible de bouger ou de réagir rapidement. Il est donc paradoxal que le cerveau semble très réveillé alors que le reste du corps, lui, est plus profondément endormi que jamais.

Cette période de sommeil paradoxal est d'autant plus intéressante que c'est à ce moment que se déroulent tous les rêves les plus aboutis et précis mais aussi les plus incohérents au premier abord. Il semble que la conscience soit complètement « anesthésiée » afin de laisser place à l'expression de l'inconscient. On estime que cette phase dure entre 15 et 20 minutes même si, là encore, ce peut être très variable d'un individu à l'autre.

Une nuit de quatre ou cinq cycles

S'ensuit une courte phase dite « intermédiaire » : l'organisme sort progressivement du sommeil paradoxal, prêt à se réveiller. Pendant quelques minutes, il va hésiter : il peut se rendormir pour un nouveau cycle ou se réveiller, estimant que le temps de sommeil a été suffisant.

Au cours de la nuit, chaque personne enchaîne donc ainsi les cycles et une bonne nuit de sommeil comprend généralement quatre ou cinq cycles calqués sur le schéma du haut.