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Qui sont les ennemis du vieillissement ?

Dossier - Le vieillissement est-il irréversible ?
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Il est probable que les hommes vivront de plus en plus longtemps. L'évolution actuelle le montre mais encore faut-il que ces années de vie supplémentaire ne soient pas assombries par tous ces maux qui font le quotidien des personnes âgées.

  
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Il est probable (certainement très possible) que les hommes vivront de plus en plus longtemps. L'évolution actuelle le suggère.

Quels sont les ennemis du vieillissement ? © Iaremenko Sergii, Shutterstock

Mais, pour nous en réjouir, encore faut-il que ces années de vie supplémentaire ne soient pas assombries par tous ces maux qui, trop souvent, font le quotidien des personnes âgées. La recherche a donc encore bien du pain sur la planche pour nous éviter de finir, non plus nos jours mais nos années, fourbus de rhumatismes ou réduits à ne plus être qu'un « légume » attaché au fond d'un fauteuil roulant. A l'évocation d'images aussi douloureuses, il m'a semblé impérieux de trouver, avant tout autre chose, les raisons pour lesquelles nous voyons autour de nous des personnes vieillir dans de bien trop tristes conditions. Où sont les responsables de tous ces maux que l'on nomme insomnie, ostéoporose, cécité, amnésie, états dépressifs ou rhumatismes déformants ? Si nous voulons les empêcher de nuire, il nous faut bien les identifier.

A - Qu'est-ce qu'une cellule ?

Une cellule est l'entité élémentaire de tout être vivant : hommes, animaux ou plantes (comme une brique l'est pour un mur). Les organismes les plus simples sont composés d'une seule cellule (les bactéries par exemple). Les organismes plus grands sont composés de cellules qui coopèrent,, qui peuvent être classées en différentes catégories pour former, par exemple, la peau, les os, le tissu nerveux etc.. Chaque cellule est composée d'un noyau contenant une molécule d'ADN, lui-même entouré du cytoplasme protégé du milieu extérieur par une membrane.

Cytoplasme

Les cellules ne se reproduisent pas mais se multiplient en se divisant : on appelle mitose le phénomène de division cellulaire. Avant que la cellule ne se divise en deux, le nombre de chromosomes double, de sorte que chaque cellule fille, après la division, a le même nombre de chromosomes que sa mère.

B - Comment se présente une cellule ?

- Une cellule est séparée du milieu extérieur par une membrane.
- A l'intérieur se trouve divers éléments baignant dans un ensemble de molécules. C'est ce que l'on appelle le cytoplasme.
- Au centre se trouve le noyau de la cellule.
- A l'intérieur du noyau se trouve une très grande molécule dont la structure est tordue en formant une sorte de double hélice, repliée sur elle-même, de telle sorte que dans un minuscule volume elle peut atteindre un mètre de longueur... C'est la molécule d'ADN sur laquelle sont distribués les gènes.

C - Qu'est ce que l'ADN (acide désoxyribonucléique)?

Molécule d'ADN

L'ADN est une molécule que l'on trouve au cœur du noyau des cellules aussi bien animales que végétales : elle est formée de deux chaînes entrelacées (comme une double hélice). Celles-ci sont constituées chez les humains de plus de trois milliards de substances chimiques (des "bases") de quatre natures différentes (comme les perles d'un collier qui n'auraient que quatre couleurs). L'alternance des bases sur des longueurs variées permet de définir les instructions nécessaires pour qu'un individu se développe et se maintienne en vie. On peut la comparer à une grande bibliothèque dans laquelle on trouverait les informations relatives à la construction de cet édifice complexe qu'est un organisme. Comme les livres qui composent la bibliothèque, l'information est regroupée en « gènes ». Aujourd'hui nous avons accès à ces « livres » ou « gènes », mais ils sont écrits dans une langue qui nous est encore partiellement étrangère. Apprendre à les déchiffrer est l'enjeu de la biologie moderne.

D - Qu'est ce qu'un gène ?

Un gène est un fragment de la molécule d'ADN situé sur les chromosomes. Nous ne sommes pas encore certains du nombre exact de gènes qui se succèdent sur la double hélice au cœur de nos cellules humaines, mais il semble être au nombre de 30 000 environ, chacun pouvant être doté d'un système de commande différencié qui multiplie la diversité de leur fonctionnement. Les gènes sont responsables de la production de protéines nécessaires au développement et au fonctionnement d'un organisme. Une anomalie sur l'un des gènes peut empêcher ou modifier la production d'une protéine et donc de son fonctionnement entraînant peut être une "maladie génétique".

E - Y a-t-il un ou des gènes du vieillissement ?

Si on s'aperçoit que chaque espèce animale à une longueur de vie qui lui est propre, et que Jeanne Calment n'est pas un cas exceptionnel au sein de sa famille, on est obligé de penser qu'il y a dans la longévité d'un individu une part héréditaire importante. Mais a-t-on déjà trouvé des gènes qui seraient au moins impliqués dans la longévité d'un individu ? En analysant l'ADN de personnes souffrant d'un syndrome de vieillissement précoce par exemple (le syndrome de Werner), on a pu identifier un gène responsable de l'affection. Cependant rien ne nous permet d'en tirer des conclusions très importantes car le vieillissement du syndrome de Werner est différent du vieillissement normal qui aurait été simplement accéléré dans le cas de la maladie. En effet, les cancers, les troubles cardio-vasculaires ou encore les maladies neuro dégénératives dont ils peuvent souffrir ne sont pas de même nature que chez les gens "normaux" vieillis.
Nous savons qu'avec le temps, certains gènes sont abîmés par des rayonnements et des oxydations. Dès lors, on observe des diminutions de production de protéines, de lipides ou d'hormones, qui font partie, en effet, des différents facteurs responsables du vieillissement.

F - Qu'est ce que le phénomène d'oxydation ?

Notre organisme a besoin d'oxygène pour vivre. L'essentiel de tout ce qui fonctionne au sein de notre corps utilise cet oxygène pour produire de l'énergie. Une énergie qui permet à notre organisme de fonctionner, autrement dit de vivre. Cependant, une fraction de cet oxygène n'est pas correctement utilisée et cette petite fraction d'oxygène qui produit ce qu'on appelle des "radicaux libres". Or ceux-ci deviennent agressifs pour un certain nombre de molécules organiques comme les « protéines » ou les « lipides ». Les protéines deviennent raides un peu comme nos articulations et les lipides deviennent rances un peu comme du vieux beurre.

- les radicaux libres : Ce sont des atomes qui ont un électron en plus. On dit de cet électron qu'il est libre puisqu'il ne trouve pas de charge électrique opposée (située au cœur de l'atome sous forme de proton) à laquelle il pourrait rester lié. Ces radicaux libres se forment au moment de la rupture d'une molécule en deux fragments. A chacun d'eux, reste l'un des deux électrons qui les liaient. Or, un électron libre engendre un certain nombre de réactions chimiques que l'on retrouve, notamment, dans les processus d'oxydation cellulaire.

G - Ces molécules sont-elles abîmées au point de disparaître ?

Non, elles sont simplement abîmées ou rouillées, si vous préférez. C'est la raison pour laquelle, par exemple, la peau devient plus fine, plus sèche, les artères durcissent...

  • H - Est-ce que limiter la production des radicaux libres pour moins "vieillir" peut être une voie de recherche intéressante ?

Oui, Des laboratoires se sont penchés sur la question. Les radicaux libres se forment essentiellement au cours de l'oxydation des aliments et l'on a évoqué leur responsabilité pour expliquer que la restriction calorique entraînait une longévité accrue chez les animaux soumis à des expériences dûment contrôlées.

Cette notion a été démontrée il y a plus de un demi siècle chez le rat et d'autres animaux de laboratoire. Récemment et à défaut d'expériences chez l'homme qui sont difficiles à réaliser, une étude américaine indique chez les espèces macaques une corrélation entre restriction calorique et allongement de la durée de la vie. On a pu constater aussi une augmentation du taux de DHEA chez ces animaux.

I - Y a-t-il d'autres voies de recherches intéressantes ?

Télomères

Il y a une nouvelle approche qui met en jeu le rôle de structures chromosomiques appelées « télomères » qui, en effet pourrait être intéressante. On appelle « télomères » des segments d'ADN bien spécifiques qui se trouvent au bout des chromosomes (dans le noyau cellulaire). On a constaté que lorsqu'on cultive des cellules, ces « télomères » raccourcissent au fur et à mesure des divisions. Actuellement, on dit qu'il semble y avoir des corrélations entre la longueur de ces télomères et la durée de vie de l'organisme. Des observations récentes ne confirment cependant pas la corrélation éventuelle entre longueur des télomères et durée de l'existence humaine.