Santé

La situation au Paléolithique

Dossier - Paléopathologie et «médecine » préhistorique
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Les préhistoriens au cours de leurs travaux de recherches ont parfois été interpellés par des anomalies osseuses sur des squelettes humains. Problèmes génétiques,articulaires, soins, opérations vous en saurez plus en lisant ce dossier.

  
DossiersPaléopathologie et «médecine » préhistorique
 

En France, les plus anciens ossements humains découverts dans une douzaine de sites présentent quelques pathologies qui n'ont pas fait l'objet de soins.

  • Le Paléolithique inférieur (-500 000 / -100 000 ans)

Le crâne anténéandertalien Arago XXI de Tautavel (Pyrénées-orientale)

Dans ce cas il s'agit d'une anomalie dentaire sur une mâchoire appartenant à un homme d'une vingtaine d'années. Alors que les molaires sont bien en place dans leurs alvéoles, on remarque que la seconde prémolaire supérieure droite (P2) est absente et que l'alvéole est comblée.

Radiologiquement la mâchoire est saine, et on ne trouve aucune trace de P2. Il semble qu'il s'agisse d'une avulsion traumatique de la dent, qui a eu lieu longtemps avant la mort car l'alvéole est comblée. Ce comblement ne s'est pas accompagné d'une diminution de la hauteur de la paroi alvéolaire, ce qui est habituel dans un cas pareil.

Le pariétal d'enfant anténéandertalien de la grotte de Lazaret (Alpes-maritimes

Il s'agissait d'un enfant d'environ 9 ans découvert en 1969. Il est daté de l'acheuléen soit vers -150 000. Son os pariétal présente une vaste lésion, qui semble être à l'origine de sa mort. Il s'agit d'un méningiome qui affecte le tiers supéro-antérieur soit la partie limitée par le bord sagittal, le bord coronal et par une ligne courbe unissant ces deux lignes de sutures. La déformation osseuse se voit sur la face externe de l'os par une exostose d'environ 6 mm d'épaisseur et sur la face interne par de nombreux pertuis vasculaires (petits trous). Cette exostose est entourée d'une zone d'amincissement du pariétal. Aucun soin ne semble avoir été prodigué dans ce cas.

  • Le Paléolithique moyen (-100 000/ -35000 ans)

Pour cette période les vestiges osseux sont plus nombreux et surtout on dispose de squelettes complets de Néandertaliens.
L'homme de la Chapelle-Aux-Saints (Corrèze)
Il était âgé d'une cinquantaine d'années, son os coxal gauche présente une déformation de l'acetabulum, sans doute d'origine congénitale. Dans ce cas on remarque que la zone d'appui est polie et brillante ce qui témoigne de la destruction du cartilage articulaire. Pour éviter l'ankylose articulaire, le patient s'est semble-t-il astreint à faire des efforts (« kinésithérapie ») et ceci avec succès.

Il possédait également une malformation congénitale bénigne de l'angle supéro-externe de la rotule (patella partita). Il avait également une fracture de côte mais l'aspect du cal montre que l'individu n'a pas longtemps survécu à cet accident thoracique, sans doute en raison de lésions qui n'ont laissé aucune trace sur les os.

Pour terminer, il avait eu anciennement un traumatisme du pied (phalange écrasée) et souffrait d'une arthrose cervicale.

 Le Paléolithique supérieur (-35 000/ -12000 ans)

A première vue, ces chasseurs cueilleurs ne menaient pas une vie très guerrière comme certains ont bien voulu le laisser penser. Les traumatismes découverts semblent être dans la plupart des cas liés à des accidents de la vie quotidienne.

Pour certains cas, il est même délicat de parler d'immobilisation des membres suite à une fracture. En effet lorsque celle-ci n'affecte qu'un os sur deux de l'avant bras ou de la jambe, l'autre os sert naturellement atèle.