Santé

Grippe aviaire : la transmission de l'animal à l'homme et interhumaine

Dossier - Grippe aviaire : la transmission à l'homme
DossierClassé sous :médecine , Incontournables , H5N1

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La grippe aviaire est une maladie touchant les populations d'oiseaux sauvages où elle est le plus souvent asymptomatique. Le virus A (H5N1) représente un danger pour la santé humaine, dans la mesure où il a déjà franchi, depuis 1997, la barrière d'espèces.

  
DossiersGrippe aviaire : la transmission à l'homme
 

Les virus influenza A, engendrant la grippe aviaire, se transmettent de l'animal à l'homme. Des cas de transmission interhumaine ont également été détectés, notamment avec des cas de cluster.

Le virus A de la grippe. © DR

Transmission de l'animal à l'homme

Les investigations menées dans le cadre des premiers cas humains de grippe aviaire A (H5N1) à Hong Kong en 1997 (Bridges, Lim et al. 2002 15) (Mounts, Kwong et al. 1999 69), et de grippe A (H7N7) aux Pays-Bas en 2003 (Koopmans, Wilbrink et al. 2004 51), ont confirmé le contact direct avec des volailles infectées, comme facteur de risque déterminant de transmission des virus HPAI, dans le cadre d'activités professionnelles avicoles, vétérinaires, ou à l'occasion de la fréquentation des marchés de volailles vivantes (Hayden and Croisier 2005 40)

  • Transmission interhumaine
Cluster familial en Indonésie. © 2006 Nature.com

La transmission interhumaine a été évoquée pour la première fois à Hong Kong en 1997, à la suite d'une étude de séroprévalence auprès des personnels de santé exposés à des patients contaminés par le virus A (H5N1) : 3,7% des personnes exposées professionnellement ont une sérologie positive pour le virus (Bridges, Katz et al. 2000 14). En 2004, une enquête sérologique sur un échantillon plus restreint de soignants s'est montrée négative (Apisarnthanarak, Erb et al. 2005 7) (Liem and Lim 2005 55) (Schultsz, Dong et al. 2005 84).

Par la suite, elle a fait l'objet d'enquêtes systématiques pour certains cas de clusters familiaux. On définit un cluster comme le regroupement au sein d'une même famille d'au moins deux personnes présentant une infection au même virus, confirmée biologiquement, ou, atteintes d'une pneumonie sévère ou décédées dans un tableau de détresse respiratoire, et chez une desquelles au moins le diagnostic a été confirmé en laboratoire (Olsen, Ungchusak et al. 2005 72).

  • Le premier cluster a été décrit aux Pays Bas en 2003. Il concerne trois personnes d'une même famille chez lesquelles on a mis en évidence une sérologie positive pour le virus A (H7) et une notion de contact avec un fermier exposé professionnellement (Koopmans, Wilbrink et al. 2004 51).
  • En 2004, en Thaïlande, un cas de transmission d'un enfant à sa mère et à sa tante est suspecté. L'enquête épidémiologique n'a retrouvé aucune notion de contact avec la volaille malade. Les prélèvements réalisés chez les adultes ont révélé la présence d'un virus A (H5N1) dont le séquençage a montré la proximité génétique avec la souche A (H5N1) responsable des épizooties (Ungchusak, Auewarakul et al. 2005 94).
  • De janvier 2004 à juillet 2005, 109 cas humains de grippe A (H5N1) ont été déclarés par l'OMS. Pendant cette période, 15 clusters familiaux ont été identifiés : 11 au Vietnam, deux en Thaïlande, un au Cambodge et un en Indonésie. La taille des clusters varie de deux à cinq personnes. Dans 60 % des cas, la présence du virus A (H5N1) est confirmée virologiquement chez au moins deux personnes et témoigne d'une transmission interhumaine probable mais limitée. Pour les autres clusters, les informations épidémiologiques sont insuffisantes pour évoquer la transmission interhumaine (Olsen, Ungchusak et al. 2005 72).