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Dossier - Bactéries et microbes en tout genre
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Les bactéries sont de minuscules êtres vivants faits d'une seule cellule, présents un peu partout : l'air, les sols, l'eau, la peau. Certaines provoquent des maladies (rhume, listériose) d'autres sont utiles à l'homme : présentes dans l'intestin elles aident à digérer, elles sont utilisées pour fabriquer des aliments (yaourts, choucroute)...

  
DossiersBactéries et microbes en tout genre
 

Quelques pistes de recherche...

1 - Les nanobes, ou nano-bactéries

Ces micro-organismes, de l'ordre de la dizaine de nm, constituent les plus petits êtres vivants non parasites connus. Leur découverte très récente, effectuée par des géologues, est loin d'être universellement acceptée car ses implications peuvent se révéler à proprement parler révolutionnaires.

Les nanobes ont été identifiés dans des carbonates au niveau de sources thermales chaudes par Robert L. Folk, professeur de géologie au Texas, en 1992. Observés sous forme de filaments ou de sphéroïdes, leur nature biologique est seulement suspectée. Ces "structures biomimétiques" sont impliquées dans les processus de minéralisation. Elles ont été identifiées dans le sang, les calculs rénaux, les plaques athéromateuses etc. Cependant, leur étude est à l'origine d'une polémique scientifique, mais aussi de querelles de clochers. Le Pr Folk, signale que ceux-ci présentent la caractéristique de pouvoir résister à de très fortes pressions et températures.

Tableau comparatif nanobes et autres microorganismes

Le statut biologique des nanobes est cependant établi en 1998 par le Pr. P.J.R. Uwins, de la Queensland university, sur des nanobes provenant de grès recueillis lors de forages pétroliers off shore à plus de 4000 m sous la surface océanique, soit à des températures d'environ 150°C et des pressions de 2000 atm. Les résultats montrent :

- morphologiquement, une structure se rapprochant de celle d'un mycélium, avec des spores et des nodosités (sites de reproduction ?)
- une composition chimique CNO, excluant une origine minérale.
- une réaction positive avec trois marqueurs d'ADN.
- une étude en ME, difficile vu la taille de ces micro-organismes et leurs caractéristiques, laisse voir une paroi amorphe de nature minérale, un cytoplasme et une région foncée (matériel génétique ?).

Bien que leur préparation pour le MET soit très ardue, l'équipe du Pr. Uwins a obtenu les résultats suivants:

- les nanobes ont une paroi résistante de structure voisine de celle des bactéries Gram + , doublée d'une membrane plasmique
- les nanobes ont une zone nucléaire contenant un matériel nucléaire dur, divisée en lobes
- des acides nucléiques sont bel et bien présents dans les nanobes, mais leur séquençage demande la mise au point de protocoles nouveaux.

Une grande quantité de ces organismes a pu être obtenue par culture, ce qui permettra de disposer d'assez de matière pour l'étude de leur matériel génétique.

Il s'agit donc bien de micro-organismes inconnus jusqu'à ce jour... Le milieu scientifique français est, à ce propos, d'un silence éloquent... et soupçonneux :

- parce que les nanobes sont trop petits pour contenir la machinerie moléculaire assurant la vie. Leur biochimie doit donc être très différente de ce que nous connaissons...
- les nanobes ressemblent aux structures découvertes dans plusieurs météorites, considérées comme non probantes... On est en présence d'un faisceau d'indices convergents visant à établir l'existence de formes de vie primitives, liées aux minéraux, et répandues largement dans tout l'univers....

2 - La mouche, la plante et les maladies infectieuses, une fable coévolutive (CNRS 2000)

« Une équipe de chercheurs du Centre de génétique moléculaire (CGM) du CNRS vient de montrer, dans un article publié par l'Académie des sciences américaine, qu'une bactérie pathogène pour de nombreux fruits ou légumes, Erwinia carotovora, a développé une relation coévolutive avec la drosophile. Cette bactérie est capable d'infecter la drosophile avec un fort degré de spécificité. La mouche se défend contre l'infection par une forte réaction antibactérienne. La bactérie se servirait de la mouche pour se faire transporter de plante en plante, tandis que l'insecte, qui se nourrit de fruits en décomposition, bénéficierait de la "pourriture molle" provoquée par la bactérie. Les nombreuses similitudes observées avec les maladies infectieuses chez l'homme font de ce système un "modèle" pour comprendre les interactions entre les micro-organismes pathogènes et leurs hôtes. »/q>>/>/q>/q>/q>/q> résumé publié par le CNRS.

Drosophile

3 - Une adhésine de l'anthrax pour traiter les maladies bactériennes (Université de Montreal 2003)

Les résultats des travaux de Michaël Mourez ont été publiés dans Science et Nature. La découverte d'un remède contre l'anthrax contractée par la respiration n'est pas pour demain, mais les travaux de Michaël Mourez menés sur des molécules protéiques, les adhésines, pourraient déboucher plus vite qu'on le pense sur des traitements contre plusieurs maladies bactériennes, y compris la maladie du charbon. Ces molécules permettent aux microbes de cibler un organe particulier ou encore de rendre plus efficace l'action de certaines toxines. Ses recherches visent à découvrir de nouveaux traitements antibactériens et à réduire l'utilisation d'antibiotiques. Le généticien d'origine française a mis au point des inhibiteurs de toxines sécrétées par la bactérie du charbon.

Pour terminer je mentionnerai quand même que la recherche continue dans les domaines habituels de la microbiologie, de la génétique, de la pathologie et bien entendu des vaccins, sérums etc. Il en va de même pour les recherches dans l'alimentation et le domaine vétérinaire, mais aussi dans celui des armes bactériologiques.

Bibliographie

- Ducoffre G. Mme, Echinococcose : Plaquette disponible à l'adresse suivante :
- I.S.P. - Section d'Epidémiologie, Rue J. Wytsman, 14, 1050 - Bruxelles
- Konig Claire, cours de microbiologie et notes de cours
- Le compost, utilisation à domicile des déchets organiques
- Cahier n°7 - 1998, Les Amis De La Terre, Place de la Vingeanne, 1 à 5100 Dave
- Duvigneaud P., L'écologie, science moderne de synthèse, Vol 2 : écosystèmes et biosphère 1967
- Les Archæbactéries sont parmi nous - Article de la revue La recherche qui nous présente le groupe des Archæbactéries et leurs utilités
- Les hyperthermophiles sont-ils nos ancêtres ? - Article de la revue La Recherche présentant une critique de l'hypothèse actuelle sur l'origine des cellules eucaryotes
- Ramade F., Elements d'écologie appliquée, Ed. McGraw-Hill, Paris, 1989

Internet

Livres sur la peste, entre autre :

  • Albert Camus, La Peste

À Oran, un jour d'avril 194., le docteur Rieux découvre le cadavre d'un rat. Il accompagne au train son épouse. Tandis que d'autres rats affluent dans la ville et agonisent, le concierge du docteur succombe à un mal violent et mystérieux. Les morts vont se multipliant. On ose enfin prononcer le mot: la «peste».

Après bien des réticences, les autorités se décident à «fermer» la ville.
L'enfermement et la peur modifient les comportements collectifs et individuels. Rambert, journaliste parisien sollicite l'appui de Rieux pour regagner la métropole. Cottard, qui avait tenté de se suicider, puise une curieuse satisfaction dans le malheur de ses concitoyens. Grand, employé, est absorbé à écrire un livre. Le père Paneloux appelle les fidèles à méditer sur la punition envoyée par le Ciel.... Les femmes sont absentes de La Peste. Camus l'a voulu, qui note: "En pratique : il n'y a que des hommes seuls dans le roman."Le roman commence sur un ton calme, par un discours modeste, à la respiration tranquille. C'est souvent la marque des grandes œuvres. Elles prennent leur temps...

  • Frédérique Audouin-Rouzeau Les chemins de la peste - Le rat, la puce et l'homme Presses universitaires de Rennes 2003, ISBN : 2-86847-755-0

L'auteur du compte-rendu sur ce site est Françoise Hildesheimer, historienne et conservateur en chef aux Archives nationales, est professeur associé à l'université de Paris I. Elle a notamment publié Fléaux et société. De la Grande Peste au choléra . XIVe-XIXe siècles (Hachette, 1999) http://www.parutions.com/pages/1-4-6-3568.html

Jean Louis Hartenberger , paléontologue directeur au CNRS, à l'Institut des sciences de l'évolution de l'Université de Montpellier, qui présente le livre sur le plan scientifique, met l'accent sur l'analyse critique transdisciplinaire de l'auteur qui fait en particulier état des dernières recherches concernant le génome du bacille, recherches qui montreraient que l'organisation même de ce génome est responsable de la virulence du bacille.

  • Le troisième livre est un récit romancé de la peste à Marseille :
    Raymond, Jean : L'or et la soie, Editions Babel/Actes Sud.

Le roman, bien documenté, d'un Marseillais de souche auteur de La Lectrice. « Douceur de vivre de la ville, luxe et prospérité des familles commerçantes... mais déjà les flèches empoisonnées de la peste sont plantées... Etienne Brunelin y raconte une visite de la foire de Beaucaire en compagnie de Rose qui aimait si sensuellement la soie, et dont l'horrible mort, en pleine peste, quelques mois plus tard dans ces chères étoffes, est dépeinte alors même que nous ne sommes pas encore dans le cours de l'épidémie... »