Santé

Espoirs et limites de cette approche thérapeutique

Dossier - Vers un nouveau traitement du cancer et des maladies génétiques
DossierClassé sous :génétique , traduction , amynoglycosides

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Actuellement la plupart des maladies génétiques sont incurables. En 2000 puis plus récemment en juin 2002, la thérapie génétique a permis de soigner des "bébés bulles". Cependant ces protocoles ont récemment été arrétés suite à l'apparition chez un des enfants traités d'une leucémie, liée à l'intégration du transgène dans un gène suppresseur de tumeur. Ce problème souligne la difficulté de mettre au point une technique efficace et sure de thérapie génique. Ce dossier aborde la possibilité d'utiliser une autre approche thérapeutique afin de soigner ou de réduire les effets d'un nombre important de maladies génétiques et de cancers.

  
DossiersVers un nouveau traitement du cancer et des maladies génétiques
 

Comme nous venons de le voir, la possibilité de soigner certaines maladies génétiques en administrant des aminoglycosides peut être source de grands espoirs, tellement cette solution thérapeutique peut paraître simple. Seulement elle se heurte encore à de nombreux problèmes. Le premier est le faible taux de suppression observé chez l'animal et les cellules en culture. Le second est que l'effet des antibiotiques est très variable d'une mutation à l'autre. Ensuite il n'est pas envisageable de traiter les malades à vie avec les antibiotiques, en raison des dérèglements que cela engendrerait pour la flore intestinale ainsi que pour les reins chargés d'éliminer l'antibiotique. De plus il a été rapporté que que la gentamicine avait parfois comme effet secondaire une surdité plus ou moins importante. Nous avons aussi vu, qu'actuellement il semble que les antibiotiques utilisés soient très rapidement métabolisés par l'organisme. Pour être réellement efficace, et sans contraindre le patient à être sous perfusion 24H/24, il faudrait des molécules plus stables.

Enfin, l'un des obstacles les plus sérieux à l'utilisation des antibiotiques pour supprimer les mutations stop, est qu'il est essentiel d'assurer un bon dosage. Il est effectivement important d'avoir une concentration d'antibiotique suffisante pour permettre le maximum de suppression de la mutation stop. Mais à trop forte concentration l'antibiotique risque d'avoir l'effet inverse, en effet nous avons vu que ces antibiotiques provoquaient aussi des erreurs lors de l'élongation (il y a donc incorporation d'un mauvais acide-aminé dans la protéine). Si ce phénomène (appelé misincorporation) est lui aussi trop important, nous allons provoquer la synthèse de nombreuses protéines anormales, sans pouvoir prédire quels seront leurs effets sur la cellule. Il est possible que ce problème ait été partiellement résolu récemment par une équipe américaine. Il viens d'être publié au mois de septembre 2002, qu'une nouvelle classe d'antibiotique, les oxazolidinones, qui se lient à une des sous-unités du ribosome, était capable d'induire la suppression des codons stop sans pour autant augmenter le nombre d'erreur du ribosome lors de l'élongation (21). Ces résultats n'ont pour l'instant été obtenus que dans les bactéries, il reste donc à les confirmer chez les mammifères.

Les futures recherches devront s'orienter vers la recherche de molécules plus efficaces dans la suppression des codons stop, tout en ayant des effets secondaires moins importants (probablement en n'affectant pas le taux d'erreur du ribosome pendant l'élongation). Cette voie de recherche est très prometteuse car elle devrait permettre une amélioration sensible de la qualité de vie et de l'espérance de vie des malades actuellement incurables.