Santé

Introduction : génétique et génomique

Dossier - La génomique et la viande bovine
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La génétique et les conditions d'élevage déterminent ensemble et en interaction les caractéristiques des animaux de ferme, parmi lesquels les bovins.

  
DossiersLa génomique et la viande bovine
 

Presque toutes les cellules d'un individu renferment l'intégralité du patrimoine génétique. Ce dernier reste identique de la conception à la mort mais il est différent entre individus sauf entre vrais jumeaux.

On peut donc déterminer le génotype propre à chaque individu : c'est son empreinte génétique.

Or, chaque mammifère est formé de différents tissus et organes (muscles, foie, cerveau...) tous différents et qui, par ailleurs évoluent avec l'âge, l'état physiologique, l'environnement.... En effet, le patrimoine génétique, à lui seul, ne suffit pas au déterminisme des caractères. C'est l'expression des gènes (tissu-spécifique et soumise à d'importantes régulations environnementales) qui, in fine, détermine le phénotype. Quand un gène est exprimé, les cellules synthétisent au moins un ARN messager (ARNm) à partir de ce gène. Ce messager (ou transcrit) permet la synthèse d'une protéine spécifique (ou d'une famille de protéines). La présence ou l'activité biologique de cette (ces) protéine(s) peut modifier les caractéristiques des tissus. En effet, il est bien admis que « Tout n'est pas dans le génome » (H Atlan, 1999. La fin du tout génétique). « En réalité, le vivant implique un réseau complexe d'interactions entre les gènes et les protéines, et entre les gènes, les protéines et l'environnement » (J Testard, 1997. Génétique : puissances et illusions).

La deuxième moitié du XXème siècle a connu l'essor de la génétique moléculaire, ce qui a conduit à une meilleure connaissance du génome, c'est à dire du patrimoine génétique. Le XXIème siècle verra le développement de la génomique, c'est à dire des mécanismes biologiques conduisant au déterminisme des fonctions biologiques à partir des gènes. En effet, les gènes hérités n'ont d'intérêt que par leur expression. Autrement dit, « la biologie se perdra si elle se contente d'interroger le génome et délaisse la physiologie » (d'après F Jacob, 1971. La logique du vivant). En ce sens, la génomique est une science située entre la génétique et la physiologie qui permettra d'établir le lien entre ces deux disciplines.

La génomique est en pleine expansion dans le domaine médical avec de nombreuses applications en médecine préventive et thérapeutique. La génomique est également importante pour les animaux de rente (bovins, porcins, volailles, poissons). C'est pourquoi, de grands instituts nationaux dont l'INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) ont lancé avec les partenaires professionnels des filières concernées un grand programme appelé AGENAE (Analyse du Génome des Animaux d'Elevage) en partenariat avec le Ministère de la Recherche (programme GENANIMAL) (http://www.inra.fr/presse/COMMUNIQUES/agenae/sommaire.htm).

Des structures collectives (Centre de Ressources Biologiques pour la gestion des collections d'ADN, Système informatique) ont été mises en place pour répondre à cet objectif.

Nous retracerons dans cet article l'historique de l'étude des gènes, puis l'état des connaissances concernant le déterminisme de la qualité de la viande bovine pour aborder dans une dernière partie ce que la génomique peut apporter à la maîtrise de la qualité de la viande bovine. Nous verrons notamment que l'INRA a été parmi les premiers Instituts à publier des résultats significatifs en utilisant les nouvelles biotechnologies d'étude de l'expression des gènes dans le muscle de bovin.