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Sur la piste d'un test urinaire pour le dépistage de la pré-éclampsie

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La pré-éclampsie se caractérise chez la femme enceinte par une hypertension artérielle, la formation d'oedèmes et une protéinurie. Dans un cas sur 200, cet état qui se développe vers la 20ème semaine dégénère en fin de grossesse en crise convulsive localisée ou généralisée (l'éclampsie) et peut alors remettre en cause la survie de la mère et du foetus.

En 2003, une première étude menée par Ananth Karumanchi, du Beth Israel Deaconess Medical Center (BIDMC), parue dans le Journal of Clinical Investigation, suggérait un lien entre pré-éclampsie et différentes molécules impliquées dans la formation des vaisseaux sanguins, l'angiogenèse. Selon les chercheurs, la protéine anti-angiogénique sFlt1 neutralise chez certaines femmes deux facteurs pro-angiogéniques : le PIGF (Placental growth factor) et le VEGF (Vascular endothelial growth factor).

L'année dernière, la même équipe a pu confirmer, dans le New England Journal of Medicine, que les niveaux de sFlt1 augmentent bien - tandis que ceux du PIGF baissent - environ cinq semaines avant l'apparition des symptômes de pré-éclampsie. Afin de savoir si ces protéines peuvent être mesurées directement dans l'urine, Karumanchi et ses collègues ont entrepris de comparer les échantillons d'urine issus du "Calcium for Preeclampsia Prevention Trial" (réalisé il y a 10 ans par le National Institute of Child Health and Development) de 118 femmes à la grossesse normale et de 120 femmes ayant souffert de pré-éclampsie.

Les résultats, publiés dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), montre que les taux de PIGF sont nettement plus bas chez les patientes pré-éclamptiques jusqu'à huit semaines avant les premiers symptômes. La découverte, qui a fait l'objet d'un dépôt de brevet de la part du BIDMC, pourrait déboucher sur l'élaboration d'un test urinaire capable de détecter l'affection plus simplement et plus tôt au cours de la grossesse.

Mais tous les médecins ne sont pas convaincus de l'intérêt d'une telle approche. En effet, il n'existe à l'heure actuelle pas de traitement efficace de la pré-éclampsie (autre que le repos). Par ailleurs, l'apparition de signes annonciateurs de la maladie est étroitement suivie chez les Américaines ; quant aux femmes ne faisant pas l'objet de surveillance, particulièrement dans les pays pauvres, elles ne pourront sans doute pas plus bénéficier d'un test urinaire.

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