Santé

Le pika "chou" existe vraiment ! Mais pour combien de temps encore...

ActualitéClassé sous :vie , pika , Réchauffement climatique

Une petite boule de poils craquante avec de grandes oreilles et un regard charmeur : voilà en gros à quoi ressemble le pika américain. Un animal trop 'chou', qui souffre déjà du réchauffement climatique !

www.rmpbs.org Le pika, si mignon, survivra-t-il au réchauffement de la planète ?

Il existe 29 espèces de pikas dans le monde, la majorité vit en Asie. Seuls le pika à collerette (Ochotona collaris) résidant à présent en Alaska et au nord-ouest du Canada, ainsi que le pika américain (Ochotona princeps) ont profité, il y a bien longtemps, des aires glaciaires pour quitter le continent asiatique et faire une fugue par le détroit de Behring ! Lorsqu'on voit le pika américain, si petit - pas plus de 18 cm de long - et si mignon, on se dit que la Nature est belle... Impossible de résister aux grands yeux noirs de ce petit mammifère, proche parent des lapins et des lièvres, qui installe son nid dans les fentes, entre les rochers, en altitude.

Les randonneurs, qui ont la chance de l'entendre et le croiser, peuvent l'apercevoir installé comme un roi sur son rocher préféré... ou la bouche pleine d'herbes et de fleurs au moment où il entasse ses provisions pour l'hiver. Car monsieur n'hiberne pas ! Le froid ne lui fait pas peur, au contraire. Il vit dans les montagnes de la région du Grand Bassin, entre la Sierra Nevada et les Montagnes Rocheuses dans la partie Nord-Ouest des Etats-Unis. Mais aujourd'hui, le pika d'Amérique est bel et bien en danger selon une étude commandée par le WWF.

En effet, le travail mené par le Dr Erik Beever de l'U.S. Geological Survey depuis les années 1990 ne laisse rien présager de bon... et confirme que les populations de pikas américains continuent à disparaître alors que le climat de la planète se réchauffe. Le souci ? L'organisme des pikas est thermorégulé, c'est-à-dire qu'il parvient à s'adapter jusqu'à un certain point aux températures. Dés qu'il ne fait plus assez froid, cette fonction physiologique ne peut plus être assurée. Seule solution : partir pour un monde meilleur, plus haut encore, là où il fait plus frais... Hélas, ayant une capacité de dispersion limitée, la migration à travers les vallées de faible altitude représente un risque incalculable pour eux. C'est peut-être même déjà une impossibilité dans les conditions climatiques actuelles !

A l'avenir, ce triste constat concernera d'autres espèces -animales ou végétales- adaptées à une vie en altitude, et aux conditions environnementales particulières, de température et précipitations ! Toutes devront-elles chercher à monter toujours plus haut ? Et toutes y parviendront-elles ? Brooks Yeager, responsable de la division "Menaces mondiales" au WWF, s'indigne d'une telle situation et lance un appel international concernant un problème récurrent. Sera-t-il entendu ? Espérons-le car il faut réagir et vite : « L'extinction d'une espèce, même à une échelle locale, est une alerte rouge qui ne peut être ignorée. Nous devons limiter les émissions à effet de serre issues de la combustion des énergies fossiles maintenant ! » insiste-t-il.

Cela vous intéressera aussi