La sexualité de Caenorhabditis elegans n'a désormais plus de secret. Ce minuscule nématode, très prisé des chercheurs, possède une caractéristique qui a longtemps intrigué : alors que près de 99,9% de ses congénères sont hermaphrodites, c'est-à-dire des femelles avec deux chromosomes X capables de produire du sperme et de s'auto-féconder, 0,1% restent des mâles, avec un seul chromosome X.
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Or, la reproduction sexuée comparée à l'autofécondation coûte du temps et de l'énergie. Dans ces conditions, quel avantage peut-il y avoir pour C. elegans à conserver une population mâle, même réduite ?

Elizabeth Goodwin, de l'Université du Wisconsin, et ses collègues canadiens pensent avoir trouvé la réponse. Ils ont découvert que, soumis au stressstress d'un manque de nourriture, la moitié des larves hermaphroditeshermaphrodites nées de la reproduction sexuée se transforment en mâles par perte d'un chromosome X, chose que les larveslarves nées de l'autofécondation sont incapables de faire.

L'augmentation du nombre de mâles dans la population permet de limiter la descendance, une réponse appropriée à la famine.
Par ailleurs, les vers "transformés", en se développant, apparaissent plus résistants et vivent plus longtemps.