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Le lièvre de mer se lance dans la phagoimitation, mode de défense unique !

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Habituellement, l'aplysie, plus connue sous le nom de lièvre de mer ou pisse-vinaigre, est un modèle expérimental idéal en neurophysiologie. Pourtant, cette fois, l'équipe de scientifiques américains de l'Université de Géorgie dirigée par Charles Derby s'est davantage intéressée à son comportement de fuite face aux menaces qu'au fonctionnement de son système nerveux...

Semer la confusion dans la tête de son prédateur : c'est la stratégie bien particulière adoptée par l'aplysie. Particulière en effet, car même si, à l'image de très nombreuses espèces invertébrées marines, l'animal mise avant tout sur la magie de la chimie pour repousser ses assaillants, il l'utilise de manière très habile et peu commune... Il s'agirait même d'un système de défense jamais observé auparavant et baptisé « phagoimitation » par les chercheurs qui la décrivent dans la revue Current Biology du mois de mars.

La nature l'ayant doté d'une paire d'organes sécrétoires, le lièvre de mer se croyant menacé peut éjecter dans son environnement proche une substance foncée. Objectif : tromper l'adversaire tel que la langouste, son principal prédateur. Pourtant, ce subterfuge ne fonctionne pas comme chez les seiches, par exemple, qui profitent du nuage d'encre qu'elles envoient pour s'enfuir très vite. Pourquoi est-ce différent ? Tout simplement parce que le lièvre de mer, n'a aucun point commun -si ce n'est le nom- avec le lièvre terrestre : ni l'endurance, ni surtout la rapidité...

Ses fameux organes sont constitués de la glande pourpre qui produit une sécrétion violacée et de la glande opaline, qui libère, quant à elle, un liquide blanc visqueux. Les biologistes ont découvert que cette encre, en plus de contenir des substances répulsives, était composée d'éléments chimiques présents dans l'alimentation de la langouste. Et, justement, ces derniers activent des voies nerveuses qui contrôlent principalement le comportement alimentaire de ces crustacés, et d'autres comme le toilettage. La ruse de l'aplysie consiste donc à détourner l'attention de son prédateur en agissant directement sur son système nerveux. Pendant que la langouste est occupée de la sorte, le lièvre de mer n'a plus qu'à prendre tranquillement la poudre d'escampette...

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