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Un gène à double tranchant

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Un biologiste moléculaire de Purdue University (Indiana) a mis en évidence un gène qui aide les plantes à lutter contre certains pathogènes mais qui favorise aussi l'action de certains autres.

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Lorsque le pathogène Botrytis cinerea essaie de pénétrer dans la plante, le gène en question (BK1) le reconnaît et enclenche une réponse immunitaire. Botrytis est un type de pathogène qui utilise les nutriments de cellules mortes. Le gène BK1 facilite par contre l'invasion par un autre type de pathogènes, les pathogène biotrophes qui se 'nourrissent' obligatoirement de cellules vivantes.

Ces effets, en apparence contradictoire ont été montrés grâce à un mutant d'Arabidopsis ne possédant pas le gène BK1. Ce mutant a une immunité réduite face à des pathogènes de type Botrytis, mais est par contre complètement résistant à des souches virulentes de bactéries biotrophes. La mutation affecte aussi la croissance de la plante : les racines sont anormalement courtes mais possèdent plus de poils absorbants qu'à l'ordinaire.

Le gène BK1 code pour une protéine membranaire à activité enzymatique. Les résultats laissent à penser que cette protéine donne un signal précoce déclenchant une séquence d'évènements biochimiques qui interviennent dans la réponse immunitaire. Les scientifiques supposent que ces réactions pourraient interférer avec un autre type de réponse immunitaire, ce qui expliquerait la sensibilité aux pathogènes biotrophes. Avant de pouvoir appliquer ces découvertes à la lutte contre Botrytis qui peut détruire jusqu'à 10% des récoltes de raisins et 30% des cultures de tomates, les scientifiques doivent éclaircir les effets du gènes sur la croissance de la plante.

Par Claire Notin

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