Santé

Le désastre sanitaire irakien

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Selon une étude récente menée par le ministère irakien de la Santé, durant ces quinze dernières années, il y aurait eu plus de morts dus aux lacunes du système de santé que du fait de la violence et de la guerre.

Le cri du petit Ali Mohammed durant son traitement anti-diarrhéique à l'Hôpital d'Enseignement Général Pédiatrique de Bagdad, Irak.

Depuis l'invasion par les forces de coalition en mars 2003, aucune étude sur le sujet n'avait été effectuée. C'est à présent chose faite puisque le ministre irakien de la santé, le Dr Ala'din Alwan, en a récemment présenté les résultats lors de la dernière réunion du Fonds international pour la reconstruction de l'Irak, qui s'est tenue à Tokyo.

Le rapport fait état d'un système vétuste, fortement altéré et inadapté face aux besoins d'une population qui a beaucoup souffert. Le personnel défaillant en nombre ou en qualification - les universités étant aussi dans une situation de marasme -, les pénuries énergétiques, le manque d'eau, l'insécurité ambiante, sont autant de facteurs à l'origine de la détérioration rapide de la qualité des soins en Irak. S'il y a 15 ans, le système de santé du pays comptait parmi les plus florissants du Moyen-Orient, toute comparaison avec les riches voisins jordaniens ou koweïtien est aujourd'hui vide de sens. C'est désormais au niveau du Soudan et de l'Afghanistan qu'il faut le situer.

Les autorités sont incapables d'enrayer la propagation d'épidémies à tout le pays. Les chiffres du rapport sont éloquents : rougeole et oreillon infectent des milliers enfants dont 1/3 souffrent de malnutrition. 8253 cas de rougeole ont été détectés au premier semestre 2004 (particulièrement à Bassora, une des villes les plus touchées lors du dernier conflit) contre 454 en 2003 ; lors des quatre premiers mois de 2004, 11821 cas d'oreillons ont été relevés soit 5000 de plus que durant toute l'année 2003. En plus des maladies infectieuses, les atteintes cardiovasculaires sont devenues la cause principale de décès, du fait de la disette, du tabagisme et d'une manière générale, d'une absence de prévention en terme d'hygiène de vie.

Malgré le pétrole, 27 % de la population vit aujourd'hui avec moins de 2 $ par jour et l'espérance de vie, pour les hommes comme pour les femmes, n'excède plus les 60 ans. En outre, les ONG se sont pour la plupart repliées en Jordanie suite aux enlèvements et intimidations qui les ont empêchées d'agir. Que les débats idéologiques sur la nécessité interventionniste cessent un temps, car l'heure est à l'urgence. Celle d'un pays exsangue et qui se meurt.

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